Charleville-Mézières baisse de 10 % ses subventions aux associations, "après le Covid, c'est une nouvelle catastrophe financière pour nous"

La ville de Charleville-Mézières a validé en conseil municipal le 9 février des mesures pour réduire ses frais de fonctionnement. Parmi elles, la réduction de 10 % des subventions versées aux associations. Le milieu associatif se montre inquiet.

10 % de moins pour les dotations allouées par la ville de Charleville-Mézières aux associations. C'est une des mesures entérinées par le conseil municipal du 9 février qui a voté le budget primitif pour 2023. Un choix dicté, selon le maire Boris Ravignon, par la crise énergétique qui bouleverse les équilibres budgétaires de la ville ardennaise.

"Je crois pouvoir dire qu'il n'y a pas eu de budget facile à construire depuis que nous sommes élus en 2014. Mais celui de 2023 surpasse tout ce que nous avions connu antérieurement", explique l'élu Les Républicains en séance. Il évoque des "contraintes sans précédent" avec plus de 5 millions d'euros d'augmentation sur "la masse salariale, sur l'énergie et sur toute une série d'approvisionnements et de fournitures". Le surcoût lié à la flambée du prix du gaz et de l'électricité représente à lui seul "2,7 millions d'euros" pour 2023.

Pour ne pas augmenter les impôts, le maire a fait le choix d'une "rigueur budgétaire". Elle touche notamment les associations. "Cette année, nous leur demandons de réaliser un effort sur les subventions que nous allons leur verser, que nous avons réduites de 10 %", précise Boris Ravignon.

Certaines structures qui ont une mission sociale verront toutefois la réduction limitée à 4 %. "Depuis plusieurs années, nous avons été aux côtés des associations de Charleville-Mézières, notamment lors de la crise Covid", rappelle l'élu. La ville a versé en 2020 et 2021 des subventions "comme s'il y avait eu une activité normale".

On a, je crois, fait montre de solidarité de la ville vers les associations à ce moment-là. Aujourd'hui, c'est nous qui avons besoin que cette solidarité se manifeste au profit du budget de la ville.

Boris Ravignon, maire LR de Charleville-Mézières

Des efforts vont aussi être demandés au centre communal d'action social. Mais ils ne concerneront que les frais de fonctionnement de la structure. "En aucun cas cette réduction ne s'imputera sur les sommes qui sont destinées aux personnes en difficulté", assure le maire.

Sylvain Dalla Rosa, conseiller municipal communiste, membre de l'opposition, fustige les mesures annoncées par Boris Ravignon. "Un budget qui saborde comme ça le monde associatif et qui supprime un certain nombre de services publics, je ne peux pas le voter. Je voterai contre", indique-t-il.

La poursuite des activités de loisirs peut-être compromise

Les associations de Charleville-Mézières ne sont pas à la fête. La perspective du coup de rabot sur les subventions municipales ne les réjouit pas.

"On attend de savoir ce qu'on fait, sachant que de toute façon, on n'aura pas le choix. Il va y avoir un impact financier énorme sur les associations. Cela veut dire des conséquences énormes sur la poursuite des activités sportives ou encore culturelles. Sachant que nous reposons en plus sur du bénévolat. Après le Covid, c'est une nouvelle catastrophe financière pour nous", déplore ce responsable d'une association sportive de Charleville-Mézières (Ardennes) interrogé il y a quelques semaines, alors que l'annonce d'une baisse à venir des subventions avait déjà circulé.

Chez d'autres clubs sportifs carolos, l'avenir paraît aussi en suspens. "L'année dernière, il semble que nous ayons subi aussi une réduction de ce genre. Concrètement, nous avions fait une demande en vue d'obtenir un local associatif. Il nous a été répondu que ce n'est pas possible et nous avons été placés en liste d'attente. Cela nous a amenés à trouver une solution par nous-mêmes, financée de notre poche. Cette décision qui risque d'arriver, cela va potentiellement toucher les projets qu'on est en train de mener", détaille cet autre chef d'association sportive contacté il y a quelques semaines.