La Ventoline en proie à des difficultés d'approvisionnement : "Il faut anticiper et ne pas affoler les gens"

Comme pour de nombreux médicaments sur l'ensemble du territoire national, les pharmaciens sont confrontés à d'importantes difficultés d'approvisionnement concernant la Ventoline, médicament pour asthmatiques. Un problème particulièrement ressenti dans les Ardennes.

Médicament indispensable pour les asthmatiques, les stocks de Ventoline provoquent des inquiétudes chez les pharmaciens, surtout dans les Ardennes, où les officines rencontrent des difficultés pour s'approvisionner depuis deux mois.

"Il nous en reste une quinzaine en stock actuellement, mais pour le moment, il nous est impossible d'en recommander. Ça ne nous a pas particulièrement alarmés, parce que c'est par périodes. Il y a deux mois par contre, on était en rupture de stock. Certains patients n'ont pas pu avoir de Ventoline pendant un certain temps", se rappelle-t-on du côté de la Pharmacie Vauban à Givet.

Un besoin d'anticipation pour les pharmacies

À Charleville-Mézières, Alexandre Coche surveille constamment les disponibilités de ce médicament, comme de nombreux autres : "On regarde si on peut en commander chaque jour, et malheureusement, c'est vraiment au bonheur la chance. La chance pour nous, mais surtout pour les patients. Là, il nous en reste une vingtaine, mais on nous en demande 80 par mois. Avec ça, on tient une semaine".

Ce qui est embêtant, c'est que la Ventoline n'a pas vraiment d'alternative : "Il y avait un générique, mais lui aussi est en rupture depuis longtemps. Sinon, il y a une poudre, mais c'est beaucoup plus compliqué pour les patients en pleine crise d'asthme", explique-t-il. D'où son statut de médicament prioritaire.

Attention à ne pas s'affoler pour autant, alarme-t-on du côté de la pharmacie Detrigne à Hautes-Rivières : "Oui, c'est difficile de s'en procurer, mais ici, on en a reçu vingt hier, donc ce n'est pas tant en rupture que ça. Il ne faut pas affoler les gens. C'est pour tout produit que c'est tendu, il faut savoir anticiper". Selon une pharmacienne de cette officine, un affolement des Ardennais pourrait créer une trop forte demande d'un coup, qui pourrait, elle, mener à une vraie pénurie.

Une situation variable, mais qui ne surprend personne

Si la situation varie selon les pharmacies, elle ne surprend personne au vu de la longue liste de médicaments manquants sur le territoire national. "Ce n'est pas nouveau. La Ventoline, ça fait partie de ce qu'on appelle les flux tendus depuis plus de deux ans. Nous, ça ne nous surprend pas. On est sur le fil du rasoir pour beaucoup de médicaments, et entre autres, la Ventoline. On sait que c'est très important donc on anticipe au maximum. Mais c'est un problème national, et une responsabilité nationale", affirme Philippe Legoux depuis la pharmacie marnaise La Neuvillette.

La raison principale ces difficultés d'approvisionnement ? "Le fait d'imposer des prix de plus en plus bas aux industriels. Aujourd'hui, on propose moins de trois euros hors taxes aux industriels pour une boîte de Ventoline. L'industriel qui produit la Ventoline, il a largement les moyens d'écouler ses boîtes plus chères ailleurs, à quatre, cinq ou six euros. Nous, on a les miettes. Je suis un vieux pharmacien, j'ai connu les boîtes de Ventoline à dix euros", alerte le pharmacien.

De son côté, le laboratoire GSK, producteur dudit médicament, ne trouve pas la situation normale : "Nous renvoyons régulièrement des stocks aux grossistes répartiteurs. En juin, on en a déjà envoyé le 3, puis le 5. Nous avons aussi des capacités de dépannage en cas d'urgence. Il faut que les pharmacies nous appellent pour nous en faire part". Est toutefois concédé le fait que le laboratoire "a parfois du mal à suivre la très forte demande"

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