Procès de Monique Olivier : "je regrette tout ce qui s'est passé"

A partir de ce mardi 28 novembre, Monique Olivier est jugée par la Cour d'Assises des Hauts de Seine pour complicité dans l'enlèvement et la disparition de Marie-Angèle Domèce (1988), Joanna Parrish (1990) et Estelle Mouzin (2003). L'ex-épouse de tueur en série Michel Fourniret est arrivée dans le box des accusés face à une multitude de journalistes.

"Je regrette tout ce qui s'est passé", ce sont les tous premiers mots prononcés par Monique Olivier à la fin de la lecture de son ordonance de mise en accusation. L'ex-épouse de Michel Fourniret, debout face à la Cour, balbutie vaguement quelques mots au moment où le président de la Cour lui donne la parole. Sa voix est à peine audible, son visage fermé. "Je regrette tout ce qui s’est passé. Ecoutez, tout ça, ça me..." elle ne terminera pas sa phrase.

Chacun de ses mouvements sera scruté jusqu'au verdict attendu le 15 décembre prochain. A 75 ans, Monique Olivier fait face, une nouvelle fois, à une Cour d'Assises. A Nanterre, ce mardi 28 novembre, la salle d'audience est pleine depuis plus d'une heure et plus d'une centaine de journalistes attendent la complice de Michel Fourniret. Quand Monique Olivier paraît, sa mine est fermée, presque grise, à la couleur de son carré vieilli par les années de prison. Monique Olivier ne dit pas un mot. Une cinquantaine de journalistes lui font face. Elle a accepté d'être filmée et photographiée. Dans la salle d'audience, un semi-silence s'installe alors que les proches des victimes, à l'ombre des caméras, regarde Monique Olivier prendre la lumière. On attend que la presse ait terminé ses prises de vue pour pouvoir commencer.

Les proches des victimes sont les premiers arrivés, au compte-goutte. Eric Mouzin, le père d'Estelle Mouzin, disparue le 9 janvier 2003 à Guermantes s'est présenté peu avant 9h30, l'heure prévue d'ouverture de l'audience. Son avocat, Me Didier Seban confie quelques mots aux journalistes avant de s'engouffrer dans la salle : "Cela fait des années que l'on essaye de trouver les clés. Elle avance (Monique Olivier) par crans, ce qui montre que ce n'est pas de bonne foi qu'elle avance quand on lui met les preuves sous le nez. On va essayer. On a trois semaines de procès. Pour les familles, c'est très important qu'on aille vers la vérité".

Monique Olivier va-t-elle parler ? Si elle a "tout dit" selon son avocat Me Richard Delgenes, il demeure toutefois des zones d'ombres dans ces trois affaires : les corps de Marie-Angèle Domèce et Estelle Mouzin n'ont jamais été retrouvés.

Le procès d’une complice

Monique Olivier est jugée pour des faits de complicités dans l’enlèvement et la disparition de trois jeunes filles : Marie Angèle Domèce en 1988, Joanna Parrish en 1990 et Estelle Mouzin en 2003. Dans ces 3 dossiers, ce sont des aveux de Monique Olivier qui ont permis d’incriminer le tueur en série Michel Fourniret. En 2019, Monique Olivier ira même jusqu’à contredire l’alibi de son ex-mari concernant le jour de la disparition d’Estelle Mouzin. Monique Olivier admet devant les enquêteurs, qu’à la demande de Michel Fourniret, elle avait passé un appel depuis leur maison de Sart-Custine en Belgique pour faire croire à la présence du tueur en série à son domicile.

Deux grands absents

Déjà condamnée à la perpétuité (assortie de 28 ans de sûreté), c’est seule que Monique Olivier fait une nouvelle fois face à une cour d’Assises, Michel Fourniret étant décédé en mai 2021. Son ex-mari était mis en examen depuis 2020 dans les dossiers Mouzin, Domèce et Parrish. Le tueur en série ardennais ne pourra donc pas répondre de ces meurtres qu’il avait pourtant avoués. Un procès sans tueur donc mais un procès sans corps aussi. Car les corps d’Estelle Mouzin et Marie-Angèle Domèce, malgré de nombreuses fouilles basées sur les indications du couple, n’ont rien données. A de multiples reprises, les enquêteurs ont procédé à des recherches du corps d’Estelle Mouzin dans les Ardennes.

Selon Monique Olivier, Michel Fourniret aurait enfoui le corps de la petite fille de 9 ans sur la commune d’Issancourt Rumel. Ce nouveau procès permettra-t-il d'en savoir plus sur l'emplacement du corps d'Estelle Mouzin ? Monique Olivier livrera-t-elle de nouveaux détails sur sa participation dans la disparition de ces jeunes filles ? Ce mardi 28 novembre en tout cas, la Cour doit interroger l'accusée sur sa personnalité. L'occasion pour Monique Olivier de répondre pour la première fois aux questions de la justice dans ce procès qui doit durer 3 semaines. Le verdict est attendu le 15 décembre.

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