DOCUMENTAIRE. Des arts et des arbres : dans les coulisses d'un spectacle en mouvement

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Comment pousse un spectacle vivant ? Et comment l'amener dans un lieu inattendu, en pleine forêt ? C'est ce que vous pouvez découvrir, telle une petite souris -ou une petite chouette chevêche- cachée dans un coin, dans ce documentaire "Jour après jour, la chevêche" de Vladimir Leon.

Sortir des sentiers battus de la culture. Proposer un spectacle vivant en pleine forêt, avec des acteurs de la vie locale, des amateurs et des professionnels des arts, voilà ce que propose le spectacle "la Chevêche", donné en plein cœur des Ardennes, en forêt de Froidmont. Le documentaire "Jour après jour, la chevêche" raconte l'éclosion de ce spectacle en mouvement.

Voici trois bonnes raisons de voir en replay ci-dessus ce documentaire de Vladimir Léon qui nous dévoile les arcanes de la mise en scène d'un spectacle d'un nouveau genre : une excursion forestière qui mène d'étape en étape à redécouvrir des actes du quotidien rural sous un mode artistique. Sans le moindre commentaire, ce sont juste des moments de vie.

1. Pour apprendre à voir l'art dans tous les gestes

Ce sont d'abord les rencontres entre la metteure en scène Julie Desprairies et les futurs acteurs de cette pièce d'un genre différent. Ils sont éleveurs de chèvres, collégiens, forestiers de l'ONF, plasticiens, naturalistes ou encore danseurs, etc.

Elle leur expose son projet de déambulation et les observe, et les écoute. Avec eux, tout à tour, elle extrait l'essence de leur métier. Et toujours avec eux, elle compose une gestuelle artistique ou une mélodie tirée de leurs habitudes. Julie Desprairies explique son travail ainsi : "n'étant pas danseuse moi-même, je m'appuie sur ce que je découvre ou rencontre ; je m'inspire de ça. Souvent les gens qui dansent dans mes spectacles dansent leurs propres gestes". Les bûcherons deviennent chanteurs de chœur répondant, les ouvriers de scierie se muent en danseurs aux mouvements vastes et t l'artiste plasticienne se met à caresser les sculptures qu'elle crée.  

2. Pour assister à l'évolution des acteurs

Passé la phase de présentation et de timidité partagée, les personnes bénévoles passent de l'interrogation au plaisir de se découvrir digne du projet. Ils sont mis en valeur et se prennent au jeu de l'art. Au fur et à mesure des séances de travail, ils prennent de l'assurance et de l'aisance à transformer leurs actes du quotidien en mouvements chorégraphiques. Une fois décomplexés, ils se laissent aller au plaisir partagé du jeu et de la danse. D'acteurs du territoire, gens de terrain, ils deviennent acteurs amateurs de l'art.

Ainsi David, responsable intercommunal des coupes affouagères, prend plaisir à expliquer cette pratique toujours vivante en milieu rural : "Il y a d'abord l'inscription, puis le tirage au sort des parcelles délimitées au préalable ; puis une fois dans la parcelle, on coupe en stères, pour les gros morceaux, on les coupe en deux au merlin,etc." Il est intarissable. La metteure en scène ne manque pas de matière. Elle prend des pages de notes.

3. Pour voir pousser un spectacle comme une plante

C'est tout le processus, tout le cycle de vie du spectacle qui nous est donné à voir. La commande est passée par la scène nationale du Manège de Reims.

La chorégraphe a imaginé son projet participatif et l'explique à ceux qu'elle veut convaincre d'y participer. "Je fais toujours des spectacles dans des lieux, qui ne sont pas des lieux de spectacle. C'est pour ça que le Manège m'a demandé de venir dans les Ardennes avec l'idée de ne pas travailler pour un théâtre."

Petit à petit, elle convainc les bénévoles - au nombre de 118- et met en marche la machine à créer. Après l'explication vient le temps de l'écoute, puis celui de la transformation en objet d'art. Le patrimoine local, comme la légende des quatre fils Aymon, les métiers traditionnels comme celui des ardoisiers, les traditions, les personnes ; tout vient s'imbriquer et composer la partition de son spectacle excursion. 

Après le temps de l'imaginaire revient le temps des répétitions, des tâtonnements et des doutes. Et des répétitions encore. Puis vient le temps du décor, la forêt, les arbres, les animaux, le silence et les chants d'oiseaux., la répétition générale, vivante, désorganisée, mouvante. 

Enfin, c'est l'entrée en piste du public sans les fameux trois coups du théâtre, mais dans la forêt en majesté, sous le regard enchanté de la chouette chevêche ou peut-être même de la hulotte, qui sait ?.

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