Plan eau : "les fuites on y travaille nuit et jour, mais notre réseau date de 1910, c'est long et coûteux"

Un plan pour lutter contre les fuites d'eau potable a été annoncé ce 30 mars par le chef de l'État, Emmanuel Macron. Parmi les communes répertoriées avec des fuites d'eau de 50% sur le réseau urbain, figure la commune de Boulzicourt dans les Ardennes.

Imaginez un robinet qui coule, pour rien. Un robinet d'eau potable bien sûr. Et pour chaque litre d'eau qui sort de ce robinet, la moitié qui se perd dans la nature. C'est ce qui se passe dans 170 communes en France selon le gouvernement qui a publié un plan pour lutter contre les fuites ce 30 mars. Dans la liste de ces communes qui fuient, celle de Boulzicourt dans les Ardennes. 

Dans ces communes, le gouvernement prévoit d'accompagner financièrement les travaux d'identification et de résorption des fuites. L'objectif est de "faire le maximum avant l'été et accélérer les travaux", a promis Emmanuel Macron.

Sur place, on n'a pas attendu ce plan pour réparer les fuites, sauf que ça coûte cher. Il est donc bienvenu. Jean-Pierre Valet, adjoint aux travaux dans la commune de Boulzicourt, 900 habitants, y passe une grande partie de son temps avec le maire et les ouvriers communaux. "Oui, nous sommes conscients d'avoir des fuites d'eau, car notre réseau est vétuste et date de 1910, on le sait. La commune s’affaire pour l’améliorer avec les moyens qu’on a. La commune a un budget qui pourrait permettre de faire des réparations et on fait des réparations, mais ce réseau fait 3 kilomètres de long".

Réparer un système complet d'eau potable ne se fait pas en un jour. Ni en un seul mandat, semble-t-il. "On cherche les fuites, en lien avec les services de Veolia. Ils ont un détecteur de fuite. Et ils avancent sur le réseau. La fuite d’eau s’entend et elle peut être réparée. L’an dernier, on a dû réparer une dizaine de fuites, parfois des fuites de 30m3 par jour".

Pour comprendre la situation, il faut se rendre compte que le réseau de Boulzicourt est "en fonte et avec les camions qui passent dessus, ça déclenche des fuites, précise l'adjoint. Il y a 50 ans, les camions n’étaient pas les mêmes. Il y a des vibrations qui pèsent. C’est une charge importante. Il faudrait refaire le réseau vite. L’assainissement était prévu, mais il y en avait pour des millions d’euros". Autant dire trop cher pour la commune ardennaise. 

Limitateur de pression

Sans réseau d'assainissement d'eau potable, à Boulzicourt, "les gens ont des fosses septiques ou des micro stations, donc chez certains, l'eau s’en va dans les égouts. On avait fait une étude il y a 6 ans, pour avoir une station d’épandage avec des roseaux. C'était compliqué, car le village penche d’un côté et la rivière va de l’autre". Mais elle n'a pas vu le jour. 

L'élu espère que la commune va être aidée par le gouvernement et son plan eau. "On n’a pas encore d’information détaillée, et la compétence de l’eau va repartir vers la communauté de communes en 2026. Mais on va réparer les fuites qu'on peut d'ici là. C’est un coût de 3 500 euros à chaque fois. On a aussi un limitateur de pression pour éviter d’envoyer trop d'eau dans le réseau, on diminue ainsi les fuites comme on peut".

Carte - Ces communes qui fuient à hauteur de 50%

Jean-Pierre Valet est inquiet, mais il temporise. "Cette eau qui fuit, on ne la perd pas vraiment, car on a une source, on a un captage et un forage. Le captage suffit pour alimenter le village. Sauf à certaines périodes, mais le trop-plein du château d’eau coule souvent. L’eau va ensuite à la rivière"

Le bruit de la chasse d'eau

L’an dernier, des compteurs sectoriels ont été installés à Boulzicourt pour localiser les fuites dans le village. "On les relève et on va aller avec un ouvrier communal à 22h le soir pour repérer les fuites, on travaille presque jour et nuit, pour tenter de réparer le réseau. Ce matin encore, on relevait les compteurs. La nuit, il y a moins de voitures donc on entend le bruit de l’eau et des fuites. On entend même une chasse d’eau qui s’active". Au passage, la recherche de fuite d'eau, c’est 500, voire 600 euros la journée. 

L'élu ajoute cette image parlante. "Si on fait un trou d’aiguille dans un tuyau d'arrosage, la pression augmente pour laisser passer l'eau. Et plus on va réparer de fuites, plus on va voir les fuites à côté". Un long travail s'annonce. Le plan eau devrait permettre de l'accélérer. À Boulzicourt, on attend l'argent. 

L'actualité "Environnement" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Environnement" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité