"Cap ou pas cap" : à 17 ans, elle tue son chihuahua en le passant au sèche-linge à Sedan

Une affaire particulièrement sordide de maltraitance animale s'est déroulée à Sedan (Ardennes), en décembre puis en février. L'association Lisa a porté plainte le vendredi 17 février pour la mort d'un chihuahua passé au sèche-linge, d'un staff séquestré dans une cage, et d'un croisé beagle recouvert de teinture.

Sabrina, la présidente de la Ligue dans l'intérêt de la société et de l'animal (Lisa), croyait avoir tout vu pendant ses 30 ans de présence dans l'association. Hélas, il n'y a pas de limite à l'horreur.
Et la dernière en date vient de Sedan (Ardennes). C'est là qu'une adolescente aurait passé le chihuahua de la famille au sèche-linge. Le petit animal a succombé à ses blessures, sous les rires de sa tortionnaire. 
Les faits remontent au mois de décembre 2022. Mais ce n'est que le vendredi 17 février 2023 qu'une plainte a été déposée. France 3 Champagne-Ardenne a contacté Sabrina pour en savoir plus.

Un "jeu" adolescent qui a (très) mal tourné

"En décembre, sa mère nous a appelé pour nous dire ce que sa fille avait fait. En son absence, une soirée bien arrosée a eu lieu dans l'appartement, avec sa fille et des copines de celle-ci. Elles ont fait un cap ou pas cap [cap(able) ou pas cap(able) de réaliser tel défi, un jeu au centre du célèbre film éponyme notamment; ndlr]."
"Je crois qu'elle a 17 ans... Elle a mis son petit chien dans le sèche-linge." Missy avait 1 an seulement. "Malheureusement, il est mort. Elle l'a sorti, et elle a fait une vidéo où le petit chien est mort par terre et où elle éclate de rire."  (l'image suivante peut choquer ou déranger)

L'association a constitué un dossier conséquent pour appuyer sa plainte. Les témoignages de la mère, mais aussi de la soeur ("outrées" toutes les deux) ont été déterminants.

Une affaire dans l'affaire

"Il y a quinze jours, la mère nous a rappelé pour nous dire qu'elle venait de récupérer deux autres chiens. Un staff, qui était enfermé dans une cage toute petite, qui faisait à peine la grosseur du chien. Et un autre chien, un croisé beagle. La fille avait acheté des teintures pour cheveux. Et elle en a fait six au chien, elle l'a teinté en noir..." (voir le beagle avant et après sa teinture sur la publication Facebook ci-dessous)

"Pour moi, cette fille est une malade. La semaine dernière, ma collègue est allée à Sedan avec la police. Pour saisir les deux chiens." Aujourd'hui, chacun des deux compagnons canins est sous bonne garde, choyé, et se trouve en attente de trouver "une bonne famille".

Un espoir de justice

"On a fait peur à la fille. On lui a dit que si on savait qu'elle reprenait un chien, on reviendrait." Une plainte a été déposée (pour le chihuahua, le staff, et le beagle), même si le jugement est parfois en-deça des espoirs de justice de Sabrina. Ce fut le cas par exemple dans l'affaire de Bob le yorkshire (l'enfermer à vie dans une cave n'était pas un acte de cruauté, selon l'arrêt de la cour d'appel). 
"J'espère que le tribunal va faire quelque chose. Qu'on ne me dise pas encore qu'elle est mineure et qu'il faut juste un rappel à la loi. Il faut la punir. C'est bon, des gens qui font ça, pour moi, c'est qu'il y a quelque chose dans leur tête." (voir la localisation de Sedan sur la carte ci-dessous)

Elle craint d'ailleurs qu'une personne s'attaquant aux animaux finisse par s'attaquer à d'autres êtres humains. "Si à 17 ans, cette fille fait des choses comme ça et en rigole, je me dis que ça risque d'être grave si elle a des gosses plus tard."
La présidente de la Lisa se remémore une autre histoire sordide du même acabit survenue en 2014. "Lors d'une soirée arrosée, des jeunes gardaient un chien. Ils ont fait un jeu avec des petits papiers indiquant le moyen de tuer le chien. Par pendaison, par étouffement, par égorgement... Ils ont tiré ce papier et ils l'ont égorgé. Il a agonisé et il est revenu mourir dans la commune dont la mairesse nous a appelé."
"Au tribunal, ces jeunes disaient qu'ils aimaient les animaux et que ce n'était qu'un jeu... Ils ont eu 100 euros d'amende et une interdiction de détenir un animal... pendant trois ans. Je trouve que ça ne va pas."
L'affaire du chihuahua de 2023 a été - sommairement - révélée par L'Ardennais.
Durant le mois de janvier, le ministre de l'Intérieur avait annoncé plus de moyens pour lutter contre les violences perpétrées contre les animaux.