Covid19 : à Troyes, BioSerenity met au point des masques virucides

Sur son site de production de Troyes, l'entreprise BioSerenity a mis au point un modèle de masque virucide. Disponible à la commande depuis le mardi 16 février, sa production à grande échelle vient de débuter.

La gamme de masques BioSerenity fabriqués à partir de la technologie CIDALTEX® à Rosières-près Troyes, se décline en masques de type FFP2 pour les soignants et les patients et en masques chirurgicaux pour le grand public.
La gamme de masques BioSerenity fabriqués à partir de la technologie CIDALTEX® à Rosières-près Troyes, se décline en masques de type FFP2 pour les soignants et les patients et en masques chirurgicaux pour le grand public. © Nicolas Coadou/ France Télévisions

Fondée en 2014, l'entreprise BioSerenity emploie aujourd'hui 600 personnes sur différents sites en France et dans le monde, dont celui de Troyes. Il y a quelques mois, en pleine pénurie de masques, la start-up, spécialisée dans les fournitures médicalisées et connectées, avait déjà fait parler d'elle en faisant l'acquisition d’un nouvel entrepôt, une usine de campagne pour produire jusqu’à 500.000 masques chirurgicaux et FFP2 par jour

 

Une couche qui tue les virus et bactéries filtrés et protège à 99,9 %

Aujourd'hui, BioSerenity franchit un nouveau cap en proposant "une nouvelle gamme de masques virucides à usage unique, integrant Cidaltex, une technologie innovante de filtration et décontamination". Des masques chirurgicaux ou FFP2 impossibles à distinguer de ceux déjà existant au premier abord mais auxquels on a ajouter une couche décontaminante au milieu des couches de filtration classique. Une couche qui tue les virus et bactéries filtrés et protège à 99,9% selon ses concepteurs. "Il s'agit de bloquer et de tuer au lieu de simplement bloquer par la filtration. On a rajouté cette fonction virucide et bactéricide", explique Marc Frouin, directeur général de Bioserenity.

Une couche filtrante et décontaminante est ajoutée aux différentes couches de filtration
Une couche filtrante et décontaminante est ajoutée aux différentes couches de filtration © Document remis

 

L'aboutissement d'années de travail et d'une collaboration étroite notamment avec les chercheurs de l'Université de Lille et le centre hospitalier universitaire lillois. "La mise au point a débuté au moment du virus H1N1. Si vous regarder bien les pandémies, nous, on ne les a pas tellement vécues, mais l'Asie les a vécues. C'est quelque chose qui revient, un peu comme les Jeux Olympiques. Tous les quatre, cinq, six ans, il y a un nouveau virus qui commence à contaminer et qu'il faut réussir à bloquer. C'est donc une technologie qui a été développée par l'Université de Lille. C'est dix-quinze ans de travaux démarrés par les scientifiques puis abandonnés par les industrielles. On est reparti de ça au mois d'avril pour finir de mettre au point ces technologies et les industrialiser ensuite", raconte Marc Frouin, le directeur général de Bioserenity.

Et d'ajouter : "Les scientifiques ont avancé dans la connaissance de la pandémie et on a découvert que les virus vivaient assez longtemps dans l'air. De toutes petites gouttelettes qui restent en suspension dans l'air pendant plusieurs heures et en particulier en intérieur. Là, il s'agit donc de rendre les masques capables de protéger contre les virus dans les deux sens: vous vers les personnes et les personnes vers vous. Les gouttelettes sont bloquées dans le masque puis les virus sont tués dans le flux d'air respiré."

 

Des masques 30% plus chers

Dans l'usine troyenne, les seize lignes de production sont prêtes à fabriquer cette nouvelle gamme. "Pour vous donner un ordre d'idée, on serait en mesure de produire un million de masques par jour dans cette usine", annonce le directeur des opérations de BioSerenity, Thomas Sauvage.

Un masque disponible à la commande depuis le mardi 16 février et vendu forcement plus cher qu'un masque classique. "On est 30% plus cher. Il faut compter 0,40€ pour un masque chirurgical vendu en pharmacie et 1€40 pour un masque FFP2 vendu en pharmacie", conclut Marc Frouin.

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