Emmanuel Macron veut un statut de "mort pour le service de la République", comme Audrey Adam tuée dans l'Aube ?

Emmanuel Macron a annonce ce vendredi matin sur Twitter vouloir rendre hommage aux agents du service public "décédés dans des circonstances exceptionnelles". Comme cela a été le cas lors du meurtre de l'assistance sociale, Audrey Adam, dans l'Aube.

Emmanuel Macron est venu dans l'Aube à Pont-Sainte-Marie, le 19 mai 2021. Il a notamment rencontré des élus du département.
Emmanuel Macron est venu dans l'Aube à Pont-Sainte-Marie, le 19 mai 2021. Il a notamment rencontré des élus du département. © Maxppp

Pas d'allusion à Audrey Adam dans le twitt du Président de la République. Mais évidemment dans l'Aube, tout le monde pense au drame effroyable qui a touché le conseil départemental, il y a quelques jours. Après le meurtre de cette travailleuse sociale âgée de 36 ans à Virey-sous-Bar, les syndicats avaient regretté que "le gouvernement ne rende pas hommage à la jeune femme et qu'aucun ministre ne se déplace".  

Les services sociaux, un sujet que les politiques ignorent ? 

Le Syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique (SNU-ASFP) avait exprimé son émotion et son indignation dans un communiqué de presse :  "c’est avec stupeur et effroi que nous avons appris le décès d’une collègue assistante sociale dans l’exercice de ses fonctions, nous déplorons l’absence de déclaration du gouvernement". Le communiqué rappelle également le meurtre d’un éducateur spécialisé, à Nantes, en 2015, celui d’une éducatrice spécialisée, à Poitiers, en 2017 et le 17 février 2021 à Pau, celui d’un directeur de centre d’accueil pour demandeurs d’asile.

Seul Adrien Taquet, le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, s'était contenté de rappeler dans un tweet que "parce qu’ils sont auprès des plus fragiles d’entre nous, les travailleurs sociaux évitent à la société tout entière de tomber".

Audrey Adam était employée par le conseil départemental de l’Aube depuis 2018. Elle était plus spécifiquement chargée des dossiers des personnes âgées en perte d’autonomie. C'est justement lors d'une visite le 12 mai à un ancien agriculteur de 83 ans qu'elle voyait régulièrement qu'elle a perdu la vie. Il l'a en toute vraisemblance abattue d'une balle tirée au moment où elle quittait sa maison. Il se serait ensuite donné la mort. Un drame pour la famille d'Audrey, ses deux enfants de 3 et 9 ans, pour ses ses amis et ses collègues. 

Conseillère en économie sociale et familiale, Audrey Adam avait complété sa formation par deux diplômes : l'un de "mandataire judiciaire" (pour le suivi des tutelles), l'autre de "coordinatrice en gérontologie". 

 

Philippe Pichery en a parlé à Emmanuel Macron

Le meurtre d’Audrey Adam a suscité une émotion considérable. Elus et agents du Conseil départemental de l’Aube lui avait rendu hommage le lundi 17 mai. Philippe Pichery, le président du conseil départemental de l'Aube a évoqué la personnalité d’Audrey, "professionnelle expérimentée, attachante et chaleureuse". Se considérant lui-même comme "un collègue," "la collectivité continuera de faire bloc pour accompagner et soutenir les équipes, profondément meurtries."

"Qu’aurions-nous pu ou dû faire ?" s’est-il interrogé. Philippe Pichery a lui aussi questionné "le faible retentissement de ce drame dans les medias nationaux, non pas par volonté de sensationnalisme, mais parce qu’un tel événement justifierait une prise de conscience nationale de l’engagement et de la difficulté du travail social."

Philippe Pichery en a parlé au président de la République lors de sa venue à Troyes le 19 mai dernier. Il lui a rappelé ce drame. Est-ce un hasard si deux jours après Emmanuel Macron publie ce message sur Twitter ? Peut-être pas. 

 

"Un statut pour les agents publics décédés dans des circonstances exceptionnelles"

"Morts pour la France", "morts pour le service de la Nation", "morts pour le service de la République". Dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, vendredi 21 mai, Emmanuel Macron annonce qu'il souhaite créer "un statut de mort pour le service de la République" pour "les agents publics décédés dans des circonstances exceptionnelles", et notamment pour ceux qui ont pris soin de la vie des autres en pleine pandémie".

Le président de la République souhaite aussi que leurs enfants soient considérés comme pupilles de la nation. "Notre République tiendra ses engagements envers celles et ceux qui se sont engagés pour elle. C’est un acte de justice et de fraternité", ajoute-t-il.

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