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La ferme pédagogique de Méry-sur-Seine rouvre ses portes deux semaines après le massacre

Seulement cinq animaux ont survécu au massacre de la ferme de Méry-sur-Seine, le lundi 29 juillet 2019. Parmi eux, ces deux adorables chèvres. / © Mathilde Kaczkowski
Seulement cinq animaux ont survécu au massacre de la ferme de Méry-sur-Seine, le lundi 29 juillet 2019. Parmi eux, ces deux adorables chèvres. / © Mathilde Kaczkowski

Après le massacre de 16 animaux, survenu le lundi 29 juillet, la ferme pédagogique de Méry-sur-Seine rouvre ses portes. Grâce à de nombreux dons, elle va pourvoir s’équiper d’un système de vidéo protection mais aussi se lancer dans de nouveaux projets.

Par Flore Caron

« Au printemps prochain, la ferme ne ressemblera plus à ce qu’elle est aujourd’hui », explique Damien Vidart, responsable de la ferme pédagogique de Méry-sur-Seine. Lundi 29 juillet, 16 animaux ont été retrouvés morts ou agonisants au petit matin, ils avaient été massacrés durant la nuit. Quinze jours après le drame, l'espace a réouvert ses portes ce lundi 12 août. A 8h30, une habituée était déjà là pour nourrir la truie, comme elle avait l’habitude de le faire avant le drame. La vie à la ferme va pouvoir reprendre son cours, sans rien oublié du tragique épisode vécu. Regard tourné vers l’avenir, Damien Vidart se lance déjà dans de nouveaux projets.
 


Le tragique événement a suscité un élan de solidarité : 30.000 euros ont été récoltés en l’espace de deux semaines dans le cadre d'une cagnotte en ligne. Une somme grâce à laquelle les organisateurs vont pouvoir voir plus grand et plus vite pour développer leur ferme, ouverte il y a seulement quatre mois.
 

Branle-bas de combat

Depuis lundi 29 juillet, l’heure est à l’action. Il faut tout remettre en place et au plus vite : réparer ce qui était cassé mais surtout remercier les donateurs. Damien Vidart se charge aussi d’aller chercher de nouveaux animaux aux quatre coins de la région : Reims, Verdun, etc. Il y a même une dinde qui vient tout droit de Vendée. Ces animaux sont en majorité des dons et quelques-uns ont été rachetés.  

De 20 animaux initialement, la ferme compte donc aujourd’hui 64 petites bêtes. La famille des volailles s’est particulièrement agrandie : de 3 poules, elle est passée à 18. Races, colories, tailles et plumes différents, le mot d’ordre est la « diversité ». Car ne l’oublions pas, il s’agit avant tout d’une ferme pédagogique. Damien Vidart tient à ce que les enfants n’aient pas une image standardisée des animaux « Il faut leur montrer que ce n’est pas parce qu’un œuf et plus gros ou plus blanc qu’on ne peut pas le manger », explique-t-il.

Certains dons lui ont permis d’acquérir des animaux auxquels il n’aurait même pas pensé. Par exemple, la ferme accueille maintenant la poule la plus petite du monde – de la taille d’une caille – mais aussi un nouveau trio de lapins argentés de Champagne. Une race typique de la région en faible effectif. Un des objectifs initial de la ferme est aussi de sauvegarder des races rares. 

Depuis deux semaines, il a aussi fallu prendre particulièrement soin des animaux : certains ont gardé des séquelles. La truie a besoin de  « reprendre confiance ».
 

Agrandissement

La ferme de Méry-Sur-Seine, ne génère pas de recettes. En effet, sauf dans le cas où il faut payer des intervenants extérieurs, les visites de la ferme sont gratuites. La cagnotte est donc un sacré coup de pouce. Yannick Fassaert, président de la ferme, se sent d'ailleurs très reconnaissant et tient à ce que les donateurs puissent avoir une totale visibilité sur les dons qu’ils ont faits. « C’est la moindre des choses », explique-t-il.

Les dons vont servir à réaliser en moins d’une année des projets que les organisateurs pensaient réaliser en trois ans. Agrandissement du parc à moutons – notamment pour accueillir les trois nouveaux moutons du Cameroun, agrandissement de la volière pour les paons mais aussi créations de deux nouveaux pôles. Un pôle végétal pour y faire pousser un échantillon de toutes les cultures du département et un pôle visant à la conservation du coq gaulois.
 


Pour l’instant les vacances scolaires font tarder la mise en place du système de vidéo surveillance et les travaux n’ont pas commencé. Mais d’ici septembre, tout devrait avoir été mis en place.

 

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