Bas-Rhin - Incendie chez Safran à Molsheim : « une énorme boule de feu est sortie du toit »

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Un incendie s’est déclenché dans l’usine Safran à Molsheim (Bas-Rhin) dans la nuit du 3 au 4 août. Le site, classé Seveso seuil haut, abrite des produits chimiques. Aucun blessé n’est à déplorer. Pour l’heure, pas de trace de pollution. Les témoins racontent.

La loi des séries continue en Alsace. Depuis le début de l’été, les feux de broussaille et les incendies dans des immeubles d’habitation ou des sites industriels se multiplient. Deux jours après qu’une scierie ait été ravagée par les flammes à Mothern (Bas-Rhin) (voir notre article), c’est une usine de l’équipementier aéronautique Safran qui a été la proie des flammes à Molsheim (Bas-Rhin) dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 août.

Il est 0h30, en cette caniculaire soirée du 3 août, quand un habitant du petit immeuble situé face au site assiste au déclenchement du sinistre depuis son balcon : "je n’ai pas entendu d’explosion, raconte-t-il. Mais j’ai vu une énorme boule de feu sortir du toit du bâtiment."

Une autre habitante témoigne de la frayeur qu’elle a ressentie en assistant à la scène : "j’ai vu des flammes qui dépassaient des toitures, j’ai eu peur qu’il y ait des explosions ou que le feu ne se propage".

Rapidement sur les lieux, les pompiers sont parvenus à maîtriser le sinistre en deux heures. Une efficacité due à un important déploiement de moyens de secours : 94 pompiers et 45 véhicules ont été mobilisés.

Le site est une installation industrielle considérée à risque et classée de ce fait Seveso seuil haut. Il abrite en effet différents produits chimiques tels que de l’acide chromique et de l’acide cyanhydrique.

Un plan particulier d’intervention a donc immédiatement été déclenché, la préfecture du Bas-Rhin a activé le centre opérationnel départemental. Deux postes de commandement opérationnel ont également rapidement été déployés, l’un sur le site et l’autre directement dans la caserne de Molsheim située à proximité des bâtiments.

Au lendemain du sinistre, un périmètre de sécurité est toujours instauré autour du site.

Pollution sous surveillance

Les riverains se sont rapidement inquiétés des éventuels dangers des fumées rejetées par l’incendie. "C’est vrai qu’il y a eu d’importantes émanations de fumée, constate l’adjoint au maire Martial Heller qui a passé la nuit au poste de commandement. On s’est demandé s’il fallait prévenir les riverains, mais c’était la nuit, il faisait chaud donc les gens dorment la fenêtre ouverte. Avec le sous-préfet, nous avons estimé qu’il n’était pas nécessaire de déclencher la sirène d’alerte aux populations."

En raison de cette présence de produits chimiques dans les bâtiments, les autorités sanitaires restent attentives à toute trace de pollution. D’après un communiqué de la préfecture, les premières mesures d’air et de particules réalisées par les pompiers n’ont pas révélé de diffusion de substances toxiques. D’autres analyses devraient encore être effectuées pour surveiller l’évolution de la situation.

Elan de solidarité envers les pompiers

Preuve du soulagement dans la commune, la boulangerie de Molsheim a été témoin d’un bel élan de solidarité au lendemain de l’incendie. Un client est venu acheter cinquante croissants et pains au chocolat à offrir aux pompiers durement éprouvés par une nuit de combat contre les flammes.