"Je pourrais en pleurer" : 45 kilos d'asperges volés en une nuit, le réveil a été dur pour ces maraîchers

Des maraîchers de Rœschwoog (Bas-Rhin) ont eu une mauvaise surprise ce jeudi 9 mai au matin : des dizaines de kilos d'asperges volés pendant la nuit. Ils déplorent un manque à gagner conséquent, mais surtout un "manque de respect" pour leur travail et leur investissement.

La voix de Kenan Akkus, maraîcher à Roeschwoog (Bas-Rhin), raconte l'ampleur du choc vécu ce jeudi 9 mai à 5 heures, quand lui et Ritchie Folmer, le cogérant de la ferme, se sont rendus sur leur toute nouvelle aspergeraie. Ils y ont découvert des lignes d'asperges "saccagées". "Il y avait des asperges cassées, des bâches trouées, et le pire, c'est qu'en plus des légumes volés, ils ont fait des trous qui vont gâcher la récolte suivante", explique-t-il. 

Selon eux, le vol a été méthodique et porte la trace de personnes sachant manier les outils adéquats. "Ça a été de manière professionnelle, avec la gouge (un outil utilisé en agriculture, notamment pour le prélèvement de sol, NDLR). On voit exactement les traces. Vu la quantité d'asperges volées, ils ont dû le faire pendant toute la nuit. J'ai déjà entendu ou vu des vols chez des agriculteurs, mais à ce point...je n'ai jamais vu ça."

Au total, ce sont "40 à 45 kilos d'asperges" qui ont été dérobés dans la nuit de mercredi à jeudi. Les pertes financières s'élèvent à "800, 900 euros" de manque à gagner selon les deux maraîchers. "C'est surtout un temps de travail perdu : quand on plante une parcelle d'asperges, il faut attendre trois ans pour qu'elles arrivent à point. Ce sont des charges qu'il faut amortir à un moment. Là, ce ne sera pas possible. Je ne comprends pas qu'on puisse avoir un tel manque de respect pour le travail. C'est notre gagne-pain."

La surveillance, un véritable défi

Il faudra désormais redoubler d'attention pour Kenan Akkus et Ritchie Folmer, qui voudraient éviter de revivre la même déconvenue. Mais la surveillance des champs est un véritable défi pour les agriculteurs. "On a déjà un système de vidéosurveillance, mais il ne concerne pas cette parcelle, parce qu'il faut des arbres pour installer la caméra. L'arbre le plus proche de l'aspergeraie est situé à 50 mètres, les images ne seraient pas nettes."

Kenan Akkus a entendu que certains collègues maraîchers effectuaient des rondes, la nuit, pour s'assurer de l'intégrité de leurs cultures. "Mais je me demande quand est-ce qu'on pourra dormir, si en plus de nos horaires de travail régulier, il faut se lever toutes les nuits pour empêcher les vols.... Mais on n'a pas le choix, c'est ce qu'on va devoir faire."

Les deux gérants de la ferme excluent cependant de porter plainte auprès de la gendarmerie. Cela ne "servirait à rien", selon eux, alors que l'urgence est d'être "au travail dans (les) champs" afin de commencer à compenser les pertes la nuit précédente. 

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