Allemagne : tous les frontaliers français vont devoir faire des tests

L'Allemagne vient de classer la France en zone à haut risque, vendredi 26 mars, ce qui va entraîner des restrictions supplémentaires aux frontières, notamment pour les frontaliers qui ne seront plus exemptés de test PCR ou antigénique. Les explications.

Panneaux mettant en garde les automobilistes sur les règles à respecter en entrant sur le territoire allemand, mars 2020
Panneaux mettant en garde les automobilistes sur les règles à respecter en entrant sur le territoire allemand, mars 2020 © Florence Grandon. FranceTélévisions.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a annoncé vendredi 26 mars sur France Info que les frontaliers français allaient devoir tous se soumettre à des tests PCR ou antigéniques régulièrement pour se rendre sur leur lieu de travail Outre-Rhin. Il devance l'annonce officielle de l'Allemagne qui a classé vendredi dans l'après-midi la France entière en "zone à haut risque" pour la propagation du covid-19. Des contrôles aléatoires de ces tests vont avoir lieu également, mais pas forcément aux frontières. Ces mesures entreront en vigueur à partir de lundi 29 mars.

"Lorsqu'on observe les taux d'incidence c'est tout simplement de fait une nécessité [...] un processus pratiquement automatique", a déclaré jeudi 25 mars la chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin dans le cadre d'un sommet de l'UE en visioconférence consacré à la lutte contre le Covid-19, selon l'AFP.

"Il ne s'agit pas ici d'une décision politique mais on constate l'évolution du taux d'incidence, et lorsque ce taux - comme c'est ici le cas - dépasse pendant longtemps le seuil des 200, alors cela entraîne un classement en zone à haut risque", a-t-elle ajouté.

Plus d'exception pour les frontaliers

Le Robert Koch Institut modifie régulièrement ses listes de pays "à risque", "à haut risque", et "à risque lié aux variants". La France est depuis le 9 janvier 2021 dans la liste des pays "à risque", et plusieurs fois l'Allemagne a parlé de la déplacer dans la liste des pays "à haut risque", au vu de l'augmentation très forte du taux d'incidence dans certaines régions de France. Le 26 mars, la France est donc désormais dans la liste des pays "à haut risque", et le département de la Moselle reste en plus dans celle des zones "à risque liées aux variants".

Les députés français et allemand Christophe Arend et Andreas Jung, également président du bureau de l'Assemblée parlementaire franco-allemande ont demandé d'urgence la tenue d'"une réunion extraordinaire du Comité franco-allemand de coopération transfrontalière par visioconférence" pour discuter de la mise en oeuvres des mesures à la frontière. Entre l'Alsace et le Bade-Wurtemberg, des milliers de frontaliers passent le Rhin chaque jour, ainsi que des élèves qui se rendent des deux côtés du Rhin.

Les frontaliers qui habitent en Alsace devront donc présenter un test PCR ou antigénique négatif en cas de contrôle, de moins de 48h, donc faire deux tests par semaine, comme les frontaliers qui habitent en Moselle.

Même chose pour les personnes qui viennent rendre visite à leur famille de l'autre côté du Rhin. Pour tous les autres Français, qui n'habitent pas en Alsace ou en Moselle, l'entrée sur le territoire allemand se fait toujours avec la présentation d'un test négatif et l'obligation de rester en quarantaine pendant 10 jours (possibilité d'écourter la quarantaine en faisant un test au bout de 5 jours).

Demande conjointe des maires de Strasbourg et Kehl

Jeanne Barseghian, la maire de Strasbourg et Toni Vetrano, le maire de Kehl ont demandé, dans un communiqué de presse commun, adressé aux médias locaux vendredi 26 mars, le moins de problèmes possibles pour passer la frontière, pour les frontaliers mais aussi les familles. Les deux maires ont demandé que les liaisons en tram ne soient pas interrompues, comme ça avait pu être le cas en mars 2020, pour faciliter les trajets des travailleurs frontaliers et des élèves qui doivent passer le Rhin tous les jours.

"En cas de contrôles accrus à la frontière, nous souhaitons qu'une voie spécifique soit créée pour les poids lourds, afin de permettre aux frontaliers des files d'attente interminable aux points de contrôle", demandent encore les maires de Strasbourg et Kehl.

Des habitants de Kehl et des frontaliers attendent devant le centre de tests de la ville de Kehl, fin février 2021
Des habitants de Kehl et des frontaliers attendent devant le centre de tests de la ville de Kehl, fin février 2021 © Isabelle Michel. FranceTélévisions.

Depuis le 2 mars, la Moselle est classée comme "zone à risque liée aux variants", ce qui a entraîné notamment l'obligation pour les frontaliers français d'effectuer un testpour aller travailler en Sarre. Les frontaliers mosellans ont depuis organisé plusieurs manifestations. Ils se sentent moins bien traités dans leurs entreprises par leurs collègues et les files d'attente pour faire un test sont parfois très longues.

Tests gratuits à Kehl du lundi au samedi

Pour éviter que les habitants perdent trop de temps, la ville de Kehl va augmenter les capacités de son centre de dépistage (tests rapides antigéniques, résultat en 15 minutes) situé dans la Stadthalle de Kehl (salle communale) et organisé par les sapeurs-pompiers de la ville.

A partir de lundi 29 mars, il sera ouvert du lundi au samedi, de 8h à 18h (sauf vendredi saint, qui est férié Outre-Rhin, comme en Alsace). Les tests antigéniques sont gratuits dans ce centre pour tous les frontaliers qui travaillent à Kehl et pour tous les habitants de la petite ville allemande, voisine de Strasbourg, depuis le 15 février. Un masque FFP2 est obligatoire pour pénetrer dans l'enceinte de la salle communale.

La ville de Kehl cherche d'ores et déjà des volontaires pour faire ces tests, les pompiers de Kehl ne seront pas assez nombreux. Une indemnité de 12,50 euro par heure sera accordée par la ville.

Il reste bien sûr possible de faire un test en France, en laboratoire ou en pharmacie.

 

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