Deux lycées du Bas-Rhin en route pour la finale du concours reportage d'Arte et du Clemi

Deux lycées bas-rhinois sont finalistes du concours teportage organisé par Clemi, le centre pour l'éducation aux médias et à l'information, et Arte. En groupe ou en solitaire, les élèves ont dû réaliser un reportage à partir des images tournées par les équipes d'Arte.
Raphaël, élève au lycée Jean Sturm à Strasbourg et finaliste du concours Reportage.
Raphaël, élève au lycée Jean Sturm à Strasbourg et finaliste du concours Reportage. © Raphaël
Deux lycées du Bas-Rhin finalistes dans la même catégorie et une sélection en visioconférence, la 16ème édition du concours Reportage, organisée par le Centre pour l'éducation aux médias et à l'information (Clemi) et par la chaîne Arte, est quelque peu exceptionnelle. Après le lycée Marc-Bloch de Bischheim qui a reçu le 2ème prix en 2019, les lycées Jean-Sturm de Strasbourg et Stanislas de Wissembourg (Bas-Rhin) font partie du palmarès.
 

Le Bas-Rhin mis à l'honneur

"C’est exceptionnel, mais c’est comme ça, c’est un hasard total. Il y a eu beaucoup de participations alsaciennes, mais aussi beaucoup de projets qui n’ont pas pu aboutir avec la période de confinement", déclare Eric Schweitzer, formateur et coordinateur du concours pour le Clemi. Contrairement aux années précédentes, deux lycées et deux collèges ont été présélectionnés dans les deux catégories. En tout, le jury a dû faire son choix parmi 80 reportages. Seul ou en groupe, les élèves devaient produire une vidéo de deux à trois minutes avec "les images, les rushs qui ont servi aux équipes d'Arte." Le thème, "Mission Gombessa V", portait sur une "plongée expérimentale pour explorer les grands fonds de la Méditerranée".
 Un sujet, mais surtout des rushs, qui ont quelque peu déstabilisé les professeurs encadrants. "Les rushs ont obligé les élèves à se renseigner au sujet de l’expérience et de la capsule, c’est un sujet pointu", explique Carine Anstett, professeure de cinéma au Lycée Stanislas à Wissembourg. Même avis du côté du lycée Jean-Sturm de Strasbourg. Selon Vincent Grossmann, professeur de cinéma, "il y avait assez peu d’images exploitables mais c’est intéressant de travailler sur des rushs professionnels qui ne sont pas simples." Mais pour ces professeurs, le concours s'est surtout inscrit dans la continuité de leurs cours de cinéma, avec notamment l'apprentissage du montage.
 

Entre concours et exercice de montage

Pour certains élèves, ce concours a été l'occasion de s'améliorer dans le domaine. "J'aime beaucoup le montage, mon rêve c'est de devenir réalisateur", confie Raphaël, élève de seconde au lycée Jean-Sturm de Strasbourg et finaliste du concours. Comme en atteste sa chaîne Youtube, l'élève est passionné de montage et de dessin, et c'est seul qu'il a décidé de relever le défi. "Le concours m'a apporté de la persévérance parce que c’est compliqué de travailler sur un montage quand on n'a pas filmé. J'ai l'habitude de monter seul, je m'entraîne sur ma chaîne", explique Raphaël. En attendant le résultat final, il pense déjà aux prochaines éditions du concours Reportage auxquelles il compte bien participer.
 
Au lycée Stanislas de Wissembourg, une classe entière, 26 élèves de seconde en option cinéma, a pu participer. "J’avais envoyé cinq ou six films et c’est un groupe qui s’est retrouvé finaliste. Ce sont cinq élèves : Shana, Laurie, Nicolas, Benjamin et Alice. Les trois derniers ont beaucoup travaillé sur le montage et sont venus régulièrement sur leur temps libre", explique Carine Anstett. Et en plus des cours de montage, les participants ont utilisé leur temps libre du mercredi après-midi pour venir monter au lycée. "On n’a pas participé pour gagner mais quand on dit "concours" aux élèves, c’est stimulant", poursuit la professeure de cinéma.
 

"Ce n'est pas un exercice technique mais d'écriture"

"Techniquement, ce sont des élèves qui font trois ans de cinéma donc la technique du montage, ils l'ont rapidement. Ensuite, c’est l’histoire, c’est de la sensibilité. Il y a peu de règles établies, c’est intuitif et c’est en manipulant l’image et le son qu’on apprend. Manipuler les images pour ne pas se faire manipuler, c’est une phrase que je dis souvent aux élèves", raconte Vincent Grossmann. Avec Alice Faye, aussi professeure de cinéma au lycée Jean-Sturm, il a souvent inscrit ses élèves au concours sans envoyer de reportage terminé :"C'est assez rare les élèves qui vont jusqu’au bout, souvent le premier essai est rarement concluant, il faut vraiment recommencer."
 
Pour Eric Schweitzer, qui coordonne le jury, "ce n'est pas un exercice technique, mais d'écriture. On montre aux élèves que faire un reportage, c’est choisir et que ce n’est pas si simple. Ils ont vraiment tous les rushs, j’évite d’en supprimer. Je joins aussi une bibliographie sur le sujet." En plus de montrer l'envers du décor des reportages d'Arte, le principe est de choisir un sujet adapté au monde scolaire. "Le développement durable ça marche assez bien par exemple, mais il y a aussi des sujets très différents, comme celui sur les migrants", poursuit-il. Ce qui n'est pas pour déplaire aux élèves du lycée de Wissembourg, déjà sensibilisés au développement durable : "Ils font de la permaculture et des actions éco-citoyennes comme la journée débranche ton lycée", explique Carine Anstett.
 
Alors que la finale se tient habituellement dans les locaux d'Arte à Strasbourg, celle de l'édition 2020 sera différente pour cause de confinement. Même sans finale en tant que telle, professeurs et élèves espèrent avoir des retours des professionnels. En attendant, les reportages primés seront diffusés sur les sites d'Arte et du Clemi.

 
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