Bas-Rhin : elle envoie une chaussure usée à Castex pour demander la réouverture de son magasin

Après les "petites culottes de la colère", lundi 26 avril 2021, une commerçante de Barr (Bas-Rhin), a envoyé au Premier ministre et au ministre de l’Economie une paire de chaussures usée. Elle proteste, comme d’autres chausseurs français, contre la fermeture de son magasin.

La paire de chaussure usée envoyée à Jean Castex et à Bruno Lemaire pour alerter sur l'importance des chausseurs
La paire de chaussure usée envoyée à Jean Castex et à Bruno Lemaire pour alerter sur l'importance des chausseurs © Audrey Valentin/France Télévisions

"On marche sur la tête". C’est avec ce constat que les chausseurs français ont lancé, vendredi 23 avril 2021, leur action "coup de pied". Après les petites culottes expédiées par les détaillants en lingerie il y a quelques jours, eux ont décidé d’envoyer au Premier Ministre ainsi qu’au ministre de l’économie, Bruno Lemaire, une paire de chaussures, pour protester contre la fermeture de leurs commerces jugé non essentiels.  

"On a pris soin d’envoyer le pied gauche à Monsieur Castex et le pied droit à Monsieur Lemaire. Chacun le prendra et l’interprètera comme il le souhaitera", sourit Audrey Valentin, gérante du magasin Les souliers rouges à Barr, (Bas-Rhin), depuis 5 ans.

Détail qui a son importance, les chaussures envoyées étaient toutes usées. Usées, comme le moral des professionnels, en berne, contraints de baisser le rideau.

"La semaine dernière un viticulteur avait besoin de remplacer sa paire de chaussures. J’ai récupéré les anciennes, ça tombait bien. C’est une manière de dire au gouvernement qu’on existe. Depuis le début de la pandémie, on respecte tout ce qui nous ait demandé pour assurer la sécurité des clients. Et depuis un an, malgré ça, on ferme, avec beaucoup d’incompréhension. On se sent punis", explique la commerçante alsacienne.

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Publiée par LES Souliers Rouges sur Lundi 26 avril 2021

"Il n’y a pas plus de risques à venir acheter une paire de chaussures que d’aller chez le coiffeur".

Pour la détaillante, il en va de la survie de son activité. "On a des invendus qui ne sont pas repris par les fournisseurs. Les stocks s’accumulent et ça ne va plus", s’alarme-t-elle. Quant à la vente à emporter, elle sauve tout juste les meubles. "On vend en une semaine ce qu’on vend habituellement en une journée, ce n’est pas suffisant".

A ses chaussures, Audrey Valentin a joint une lettre dans laquelle elle interroge : "sur quel fondement médical, sanitaire, un magasin de chaussures est-il considéré comme étant un risque pour la population ?"

Une invitation à leurs destinataires, à venir dans sa boutique y est également lancée, pour leur permettre de constater que "d’être bien chaussé est ESSENTIEL", peut-on y lire encore. A défaut de recevoir une réponse du Premier ministre ou du locataire de Bercy, la gérante attend de pouvoir rouvrir dès le 3 mai prochain, "sans grand espoir", toutefois.

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