Bas-Rhin: interdiction prolongée de la vente et consommation d'alcool dans la rue, "illogique" pour un gérant de bar

Si la réouverture des terrasses aura bien lieu le 19 mai, la préfète du Bas-Rhin vient de prolonger l'arrêté interdisant la vente et la consommation d'alcool sur la voie publique jusqu'au 28 mai inclus dans 13 communes du département. Un énième coup dur pour les gérants de bar.

L'alcool restera interdit à la vente et à la consommation à Strasbourg et dans 12 autres communes du Bas-Rhin jusqu'au 28 mai inclus.
L'alcool restera interdit à la vente et à la consommation à Strasbourg et dans 12 autres communes du Bas-Rhin jusqu'au 28 mai inclus. © Hannah Strobel/ France télévisions.

D'accord pour les terrasses, mais pas question dès le 19 mai de laisser trop de latitude à la population et de baisser la garde face au covid-19. C'est en substance le message adressé par la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier.

La représentante de l'Etat a profité de la levée progressive des mesures de confinement à partir de ce lundi 3 mai pour prolonger l'arrêté daté du 30 mars dernier. Elle y avait interdit la vente et la consommation d'alcool sur la voie publique. La mesure devait prendre fin initialement le 29 avril dernier. Elle courra finalement jusqu'au vendredi 28 mai inclus. 

En plus de Strasbourg, la décision concerne les 12 autres communes de plus de 10.000 habitants du département: Haguenau, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden, Sélestat, Bischheim, Lingolsheim, Bischwiller, Saverne, Obernai, Ostwald et Hœnheim.

Protocole en terrasse VS pas de protocole dans la rue

Dans un mail adressé à notre rédaction, le cabinet de la préfète justifie sa décision: "Les personnes qui peuvent boire en terrasse le feront selon un protocole sanitaire strict. En revanche, boire sa bière en déambulation, ou assis sur un banc ou quai dans la rue, ne respecte aucun protocole et risque de provoquer des brassages, avec des personnes sans masques et donc sans protection."

La place des Tripiers, comme d'autres rues ou quais strasbourgeois, était devenue un lieu de rassemblement privilégié avant le troisième confinement.
La place des Tripiers, comme d'autres rues ou quais strasbourgeois, était devenue un lieu de rassemblement privilégié avant le troisième confinement. © Hannah Strobel/ France télévisions.

Au cours des week-ends de beau temps en février et en mars, les rues et les quais de la capitale alsacienne notamment s'étaient transformés en terrasses à ciel ouvert. Des habitants et des promeneurs désireux de relâcher la pression, entre amis, face à une pandémie qui, déjà, semblait ne plus vouloir en finir.

Mohamed Siaaliti, gérant du bar strasbourgeois The Dubliners, comptait retrouver cette clientèle itinérante dès le 19 mai. Raté. "Cela aurait pu représenter un supplément d'activité intéressant, confie-t-il. Certes, nous pourrons accueillir du monde en terrasse, mais selon quelle jauge? En respectant quelles distances entre chaque table? On va encore devoir se débrouiller."

Un sentiment de deux poids, deux mesures pour les gérants

Et plus que le beurre dans les épinards, c'est aussi moralement que ça fait mal. "On fait un pas en avant et deux en arrière, estime-t-il un peu amer. En quoi boire une bière à emporter sur une place est-il plus risqué que de boire un café? Dans les deux cas, les gens enlèvent leur masque. C'est totalement illogique, d'autant qu'on ne cesse de nous dire de vivre à l'extérieur."

Des arguments jugés insuffisants par Josiane Chevalier. Si le taux d'incidence s'établit ce mardi 4 mai à 211 contre 377 début avril, le nombre reste trop élevé aux yeux de la préfète. Il faudra donc encore patienter, pour siroter, avec modération, une pinte sur un banc ou avec les pieds (presque) dans l'Ill.

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