Concours national de la Biodiversité : Strasbourg parmi les lauréats pour ses trois réserves naturelles nationales

Strasbourg fait partie des six communes ou intercommunalités à obtenir le titre de "meilleure commune pour la Biodiversité 2023". Cette distinction a été remise dans le cadre d'un concours organisé notamment par l'Office français de la Biodiversité et soutenu par le ministère de la Transition écologique.

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Strasbourg (Bas-Rhin), sur la bonne voie : c'est ce qui ressort du palmarès du concours "capitale française de la biodiversité". La métropole d'Alsace figure parmi les six villes et territoires qui sont les "meilleures communes pour la biodiversité". Le thème de cette édition 2023 était "arbres et forêts". 

Le titre de "capitale française de la biodiversité" revient à la métropole Rouen Normandie. De son côté, Strasbourg hérite du titre de "meilleure commune pour la biodiversité", tout comme le Vals-des-Tilles, la Motte-Servolex, Villeneuve-d'Ascq et la communauté de communes du pays de Pouzauges.

Ce titre récompense les villes qui mettent en œuvre toutes les mesures pour préserver la faune, la flore et l'environnement, sur leur territoire. Strasbourg s'est distinguée, grâce à la présence de ses trois réserves naturelles nationales : celle de la Robertsau, celle de la Neuhof et celle de Rohrschollen. Une distinction bienvenue, dans la ville dirigée par Jeanne Barseghian (Europe Ecologie-Les Verts). 

Une récompense et une confirmation

Pour la ville de Strasbourg, ce titre était très attendu. Il couronne plusieurs années d'efforts. "Nous sommes très fiers, très heureux d'avoir eu ce prix. C'est une façon d'évaluer nos pratiques, et c'est un signal fort. C'est une récompense pour nos agents, pour tout le travail qu'ils accomplissent. Cela fait écho à la volonté de transformer la ville : nous prenons la bonne direction pour lutter contre le changement climatique", se réjouit Suzanne Broully, deuxième adjointe (Europe Ecologie-Les Verts) à la maire de Strasbourg chargée de l'urbanisme, des espaces verts et ville résiliente.

Celle qui est aussi vice-présidente à l'Eurométropole en charge de l'habitat détaille l'ensemble des mesures prévues, pour préserver davantage la biodiversité. "Notre plan canopée prévoit que le territoire de Strasbourg soit équipé à 30% de canopées. En clair, qu'il y ait de l'ombre, des couverts forestiers supérieurs sur 30% du territoire. À l'échelle de la ville de Strasbourg, mais aussi dans chaque quartier, pour qu'aucun qui ne soit défavorisé", ajoute-t-elle.

"Cela s'ajoute à notre volonté de transformer toutes les cours d'écoles : les déminéraliser, créer des espaces pour jardiner, y planter des arbres. Nous voulons aussi déminéraliser les îlots de chaleur. La finalité, c'est de créer un territoire 'éponge', éviter le bitume partout, retrouver une terre qui infiltre, donc éviter ces îlots de chaleur. Il ne faut pas oublier non plus la baisse de l'éclairage public la nuit, d'abord dans les parcs, et maintenant dans certaines rues de la ville. Cette mesure, comme toutes les autres, ont été prises pour faire en sorte de préserver la biodiversité", termine l'élue municipale.

Un enjeu majeur pour la ville

Pour les spécialistes de ce domaine, ces trois réserves naturelles représentent un enjeu important. "L'agglomération a trois réserves naturelles nationales : ce n'est pas commun. La diversité végétale et aquatique permet la multiplication des espèces présentes", détaille Stéphane Giraud, directeur d'Alsace nature.

"Dans la réserve de la Robertsau, on trouve par exemple des castors, qui ont fait leur retour, après avoir été répertoriés comme une espèce en voie de disparition au 19e siècle. Sans compter les loriots, des oiseaux jaune et noir au chant particulier, mais aussi des chauves-souris. On a aussi des amphibiens : des rainettes vertes, des tritons. C'est une espèce très méconnue d'amphibiens qui vit dans les mares", complète-t-il.

"Côté flore, on recense des orchidées, des peupliers noirs. Ces derniers ont failli disparaître à un moment. La présence d'un grand nombre de cours d'eau, de très grands arbres et de lianes fait qu'on peut parler de 'jungle rhénane'. Les réserves naturelles nationales sont des 'hotspots' de biodiversité", d'après le responsable associatif.

Selon Stéphane Girard, la distinction décernée est un bon signe pour la ville de Strasbourg : "Il est intéressant de voir que l'Office français de la Biodiversité donne cette distinction. Cela ne veut pas pour autant dire qu'il n'y a plus de choses à faire, mais que la voie tracée doit faire tache d'huile : à partir de ces exemples-là, cela doit irriguer les politiques publiques à l'échelle du territoire."