Grand Est : les bugs perturbent les cours à distance et rendent l'espace numérique de travail (ENT) inaccessible

Le premier jour du troisième confinement commence ce mardi 6 avril 2021. Pour les enseignants, c’est le retour contraint des cours à distance. Sauf que ce matin, impossible de se connecter aux différentes plateformes. Une situation désespérante pour les élèves et leurs professeurs.

Depuis ce mardi 6 avril au matin, les premières heures de cours à distance sont perturbées par des bugs informatiques qui laissent perplexes les élèves, les parents et les enseignants.
Depuis ce mardi 6 avril au matin, les premières heures de cours à distance sont perturbées par des bugs informatiques qui laissent perplexes les élèves, les parents et les enseignants. © Stéphane Gaudry / France télévisions

C'est reparti pour les cours en distanciel. En ce mardi 6 avril 2021, date du début du troisième confinement, élèves et enseignants devaient se retrouver à distance et en visio. C'était sans compter les bugs informatiques qui, face à l'affluence des connexions, n'ont cessé de se multiplier tout au long de cette matinée.

Et pourtant, dans les familles, le réveil avait bien sonné à l'heure. Petit-déjeuner avalé, dents brossées, les enfants se sont branchés, comme prévu, sur les plateformes dédiées de " Ma classe à la maison", pour suivre leurs cours à distance. 

Trop de connexions et beaucoup d'incompréhensions

Et là, consternation : "en raison d'un très grand nombre de connexions, l'accès à l'ENT est temporairement restreint". Comprenez : rien de fonctionne.

Voici le type de messages que les élèves ont vu s'afficher sur leurs écrans en cette première matinée de cours à distance.
Voici le type de messages que les élèves ont vu s'afficher sur leurs écrans en cette première matinée de cours à distance. © Alice Leroy

Il y a un an, il avait fallu en un rien de temps comprendre les arcanes de "Mon bureau numérique", organiser ses cours à distance, maîtriser les outils informatiques, sans parler des angoisses des élèves et des parents. Aujourd'hui, les enseignants se sentaient beaucoup mieux armés. Ces perturbations exaspèrent d'autant plus.

"Et pourtant, on était prêts!"

Isabelle Marchand, proviseur au lycée Gustave Eiffel à Cernay dans le Haut-Rhin et secrétaire académique du SNPDEN, est en colère : "Nous, on était prêt. Visiblement les outils ne sont pas à la hauteur. Pourtant, vendredi dernier lors d'une réunion, la Région et l'entreprise Kosmos, qui gère le support informatique, s'étaient engagées à ce que tout fonctionne. C'est désespérant". 

Son téléphone n'arrête pas de sonner depuis ce matin : parents et enseignants veulent comprendre. Isabelle Marchand n'a évidemment pas les réponses. En revanche, elle s'inquiète : " On a huit jours à tenir. Si on gaspille une journée en problèmes informatiques, on risque de perdre des élèves en route."

Son homologue du lycée Jean Monnet à Strasbourg dans le Bas-Rhin, Véronique Rosay partage les mêmes inquiétudes : "Tout cela créée inutilement du stress et de l'angoisse. Les enfants ont besoin d'un cadre clair et structurant. Cela commence mal". Si les bons élèves s'en sortiront, Véronique Rosay se fait du souci pour les autres, " ceux qui ne se font pas de bruit et se font oublier ". C'est pour ces élèves que c'est très compliqué.

Les élèves et leurs parents ont reçu en fin de matinée un message du rectorat : "Nous regrettons la gêne occasionnée sur l'Environnement de Travail Numérique et nous vous présentons nos excuses; La société en charge de l'exploitation du réseu rencontre une difficulét technique qui devrait être résolue rapidement".

Qui sont les fautifs?

Concernant le dispositif du Cned (Centre national d'enseignement à distance) "ma classe à la maison", qui subit aussi des "perturbations", Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, évoque une "très forte attaque informatique venue de l'étranger".

Il a même eu un mot concernant l'inaccessibilité des services dans le Grand Est, l'Ile-de-France, les Hauts-de-France et l'Occitanie : "Ces problèmes sont liés aux prestataires concernés dans ces régions qui ont rencontré des difficultés techniques dues à la forte surcharge des infrastructures".

Les ENT (Environnements Numériques de Travail)sont gérés par "les collectivités locales, qui dépendent d'un opérateur privé à Strasbourg victime d'un incendie il y a quelques temps, qui n'a pas pu faire face à l'afflux de connexions ce matin", précise même Jean-Michel Blanquer. Tout le monde aura reconnu le data center OVH, ravagé par les flammes le 10 mars 2021.

La réponse d'OVHcloud ne s'est fait attendre. Le directeur général, Michel Paulin, a contre-attaqué sur twitter : '"OVHcloud n'est pas responsable des dysfonctionnements de certains services d'éducation à distance. L’incendie de Strasbourg n’a aucun lien avec ces derniers. Des regions ENT affectées et des applications indisponibles ne sont pas hébergées chez Ovhcloud !"

 

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