Coronavirus : le Bas-Rhin dévoile son “plan Marshall” à 200 millions d'euros pour soutenir l’économie locale

Le conseil départemental du Bas-Rhin s'apprête à débloquer 200 millions d’euros pour soutenir l’économie locale face à l'impact de la crise du Coronavirus / © Laurence Mouton/MAXPPP
Le conseil départemental du Bas-Rhin s'apprête à débloquer 200 millions d’euros pour soutenir l’économie locale face à l'impact de la crise du Coronavirus / © Laurence Mouton/MAXPPP

Le conseil départemental du Bas-Rhin a dévoilé, ce lundi 18 mai, les contours de son "plan Marshall des circuits courts" destiné à soutenir l’économie locale. 200 millions d’euros y seront consacrés pour faire face à l'impact de la crise du covid19.
 

Par Marie Coulon

"L’Alsace va rebondir !" Pour que cette affirmation ne reste pas un vœu pieux, le conseil départemental du Bas-Rhin a détaillé ce lundi 18 mai, les contours de son plan de soutien à l’économie locale, fortement impactée par la crise du coronavirus. La collectivité, "meurtrie par cette crise sanitaire, doit anticiper une potentielle crise économique et sociale" a déclaré Frédéric Bierry, son président, évoquant  un "plan Marshall des circuits courts" doté d’une enveloppe conséquente de 200 millions d’euros. "C’est une somme forte. On doit être un des seuls département à avoir un engagement aussi massif en pleine crise du Coronavirus", a-t-il précisé.

Un financement massif, constitué d’au moins 100 millions d’euros de fonds nouveaux, permis, fait valoir Frédéric Bierry, par les efforts consentis par la collectivité ces cinq dernières années pour réduire sa dette, en baisse de 300 millions d’euros, et ce, malgré des recettes en baisse de 70 millions annuels. "On savait qu’on avait re dégagé progressivement des marges de manœuvres".
 

Il n’empêche que le puits n’est pas sans fond et que pour garantir le financement, "un certain nombre de projets ont été mis en stand-by. On sait que des projets prévus cette année ne pourront pas voir le jour", a encore précisé l’élu.


Favoriser la souveraineté économique

Si aucun calendrier précis de concrétisation des aides n’est pour l’heure avancé, la priorité est donnée au redémarrage de l’activité des petites et moyennes entreprises, notamment, qui rencontrent des difficultés pour répondre aux mesures sanitaires et qui risquent d’être impactées dans la durée.

"Il y a toute une série d’investissements qui seront nécessaires pour faire face aux enjeux de sécurité. Or il y a des métiers qui vont être totalement bouleversés. Les restaurateurs, par exemple. On n’ira plus au restaurant comme avant. Il y aura un changement culturel ».

Le plan de sauvetage de l’économie passera aussi, selon le conseil départemental, par la reconquête d’une "souveraineté économique" dans les filières de la vie courante. En ligne de mire, la filière alimentation, le bâtiment et les travaux publics, les transports ou encore le domaine de la santé. 

"Tout ce qui est fondamental pour faire face à une crise comme celle que nous vivons doit être garanti sur notre territoire et on voit que ce n’est pas totalement le cas (…) J’ai longtemps cru que parce qu’on avait beaucoup d’entreprises du médicament localement, on avait toute la capacité en production nécessaire. Or je me suis rendue compte qu’une partie des molécules des médicaments sont produites ailleurs. Nous ne sommes pas souverains sur toute l’action sanitaire".

Et le président du Conseil départemental de positionner ses pions sur l’échiquier de la future CEA, collectivité européenne d’Alsace, censée voir le jour en 2021. "J’ai proposé au Premier ministre que l’ARS (Agence régionale de santé) nous délègue ses compétences et qu’à l’échelle de la CEA nous gérions, à l’avenir, toute la dynamique de la santé".

Reste à voir si le gouvernement donnera son feu vert à ce plan d’aide massif alors que depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, les régions sont désormais seules responsables des interventions économiques. "Quand une loi est mauvaise, il faut la changer. Aujourd’hui je considère que nécessité fait loi", renchérit Fréderic Bierry.


L’amélioration de la situation sanitaire se poursuit dans le Bas-Rhin

Interrogé sur une éventuelle sortie de l’Alsace de la zone rouge de la carte du déconfinement, le président du Bas-Rhin s’est montré prudent mais rassurant. "Il faut attendre la fin du mois pour voir si on n’a pas de nouveaux phénomènes de cluster. Si d’ici une quinzaine de jours, les signes restent positifs, on pourra probablement évoluer dans le zonage".  
 

Concernant la reprise des cours des élèves de collège, tant redoutée par l’élu bas-rhinois, qui invitait les parents à garder leurs enfants à la maison deux semaines supplémentaires après le 11 mai, là encore le bilan semble positif. "Je n’ai pas eu de lever de bouclier de la part de maires. A priori ça se passe plutôt bien. Nous avons d’ailleurs élargit les capacités d’accueil  dans les collèges. C’est aussi une aide à la reprise économique que d'offrir une solution de garde aux personnes qui n'en ont pas".

Au 17 mai, la région Grand Est compte 2.806 malades hospitalisés et 234 en réanimation. 9.738 patients ont pu sortir de l'hôpital. 
 

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