Coronavirus : par territoire ou par commune, comment le déconfinement pourrait être organisé en Alsace

© PATRICK HERTZOG / AFP
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Emmanuel Macron l’a annoncé : le déconfinement se fera par territoire et non par région. Dans le Grand Est, le bilan sanitaire est très différent selon les départements. Le déconfinement sera plus lent et plus tardif selon les endroits, en particulier en Alsace.

Par Claire Peyrot

956 personnes malades du coronavirus étaient hospitalisées dans le Haut-Rhin le 23 avril. A la même date, elles n'étaient "que" 60 dans les Ardennes. C'est 15 fois moins. Pourtant les deux départements font tout deux partie de la même région du Grand Est. Chaque jour, le bilan réactualisé du site Santé publique France montre des situations très disparates. Et tous les indicateurs vont dans le même sens : toujours au 23 avril, dans le Bas-Rhin, 186 patients étaient traités en soins intensifs. Ils n’étaient "que" 15 dans la Meuse, 23 dans les Vosges.

Le bilan macabre est tristement révélateur des disparités dans le Grand Est : le 23 avril, on dénombre 649 décès dans le Haut-Rhin, 602 en Moselle, 472 dans le Bas-Rhin (hors décès dans les Ehpad). A l'autre extrêmité géographique de la région, les Ardennes, avec 42 décès, et la Haute-Marne, 52 décès, sont les départements les moins touchés.
 

Les élus ont une conscience aigüe de ces disparités géographiques. C’est pourquoi ils ont demandé au président de la République que l’intensité du déconfinement varie selon ses territoires. Demande entendue par Emmanuel Macron : il a écarté toute régionalisation du déconfinement.
 

Le déconfinement doit être plus lent et plus tardif là où la situation sanitaire est mauvaise s'accordent à dire les élus. A l'est du Grand Est, c'est le cas de l'Alsace, où s'est rendu le Premier ministre le jeudi 23 avril, pour sa première visite en région depuis le début du confinement. Edouard Philippe est venu se rendre compte de la situation dans les hôpitaux de la Ville. Il a prêté une oreille attentive aux élus locaux, premiers observateurs de la situation.  Le maire de Strasbourg Roland Ries a insisté auprès du chef du gouvernement : "J'ai plaidé en faveur d'une différenciation [du déconfinement, ndlr]. Nous avons été très durement touchés et il faut se fixer comme objectif de ne pas avoir un nouveau pic comme celui qu'on a connu voire plus important car aujourd'hui on a des malades qui arrivent avec d'autres pathologies."
 
 

La vraie rentrée sera à l'automne
-Roland Ries, maire de Strasbourg


Le maire de Strasbourg a détaillé à notre micro certaines mesures déjà envisagées : "Nous avons prévu des classes différenciées, des emplois du temps spécifiques, des demi-classes pour éviter la promiscuité et respecter les règles de distanciation sociale. Pour cela, il faut moins d'élèves. Pédagogiquement, ce sera moins efficace, mais il est important que dans les quartiers, nos jeunes aient un contact avec les enseignants. La vraie rentrée sera à l'automne, je pense que tout le monde en a conscience" a conclu le premier édile.
 
 

Emmanuel Macron en visio avec les maires

Autre signe que la réflexion se mène à l’échelle la plus fine possible : le chef de l’Etat s’est entretenu jeudi 23 avril avec des élus locaux et des représentants des maires de France, et notamment Michèle Lutz, la maire de Mulhouse, ville particulièrement touchée par l’épidémie.
 

Une quinzaine d'élus étaient conviés à cette audience avec le chef de l'Etat. Le maire de Voivres dans les Vosges en faisait partie. Michel Fournier a exprimé la nécessité d'un déconfinement au cas par cas, en affinant encore plus à l'échelle des communes, et à l'intérieur même de celles-ci : "pour moi, en tant que représentant du monde rural, il faut du cousu main et beaucoup de souplesse. Les choses ne peuvent pas se pratiquer de la même façon d'une école à l'autre et d'une commune à l'autre."
 

Pour l’heure, la date du 11 mai est maintenue pour le déconfinement. Mais son rythme, sa progressivité et son contenu seront donc différents selon les territoires. Autrement dit : toutes les écoles ne rouvriront pas en même temps, ni avec la même organisation. Elles accueilleront d’abord les enfants pour qui la situation est la plus difficile. Le président du conseil départemental du Bas-Rhin Frédéric Bierry a même proposé un décalage au 25 mai pour ouvrir les écoles d’Alsace. Quelle que soit l'hypothèse, il faudra organiser cantine et transport scolaire au cas par cas, en un temps record. 

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