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Décès du dernier membre de la Main noire, groupe de jeunes résistants strasbourgeois pendant la Seconde Guerre mondiale

Jean-Jacques Bastian devant le monument aux morts de Strasbourg, le 8 mai 2015. / © © Claude Truong-Ngoc
Jean-Jacques Bastian devant le monument aux morts de Strasbourg, le 8 mai 2015. / © © Claude Truong-Ngoc

Jean-Jacques Bastian s’est éteint le 4 novembre à l’âge de 95 ans à Montpellier. Il était le dernier survivant de la Main noire, ce groupe de jeunes résistants strasbourgeois qui avait lutté contre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
 

Par Caroline Moreau

Septembre 1940. Alors que l’Alsace est annexée par l’Allemagne hitlérienne, une dizaine de jeunes de la chorale et de la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame décident d’entrer en résistance. Ces jeunes garçons, dont Jean-Jacques Bastian, ont entre 14 et 18 ans et sont principalement issus du milieu ouvrier. Ensemble, ils créent l’organisation la Main noire, à l’initiative de Marcel Weinum. Pendant deux ans, sans l’aide d’aucun adulte et à l’insu de leurs parents, ils vont mener des actions de sabotage et de renseignement contre les nazis.
 
Portrait de Marcel Weinum / © BNU Strasbourg
Portrait de Marcel Weinum / © BNU Strasbourg

Dès la fin de l’année 1940, ils s’en prennent aux installations ferroviaires et aux moyens de transmission de l’armée allemande. Dans les rues de Strasbourg, ils s’attaquent aux commerces dont les vitrines arborent le portrait du Führer et pillent dès qu’ils le peuvent munitions, armes, bons d’essence et papiers pour rédiger des tracts qu’ils diffusent dans la capitale alsacienne.


Le "Gauleiter" leur échappe de peu

L’un des principaux faits d’armes de la Main noire remonte au 8 mai 1941 : deux membres du groupe, Marcel Weinum et Lucien Entzmann, mènent une action terroriste contre le véhicule officiel du Gauleiter Wagner, le gouverneur représentant alors le parti nazi en Alsace. Ils lancent une grenade qui détruit la voiture, sauf que le Gauleiter n’était alors pas à bord du véhicule. Il en réchappe de peu.


Arrêtés à la frontière suisse

Quelques jours après la tentative d’attentat ratée contre le gouverneur Wagner, le meneur de la Main noire, Marcel Weinum et un autre de ses membres, Ceslav Sieradzki, ont été arrêtés par les douaniers à la frontière suisse alors qu’ils tentaient de rallier Bâle pour trouver des fonds en vue de poursuivre leurs actions. Les autres membres de l’organisation résistante ont été arrêtés quelques mois plus tard. La plupart d’entre eux ont été internés au camp de Schirmeck. Ceslav Sieradzki y a été exécuté à l'âge de 16 ans, sous les yeux de son camarade Bastian. Le fondateur du mouvement, Marcel Weinum, a été condamné à mort et décapité à Stuttgart le 14 avril 1942. Il était alors âgé de 18 ans.
 
La plaque commémorative apposée devant le collège Saint-Etienne à Strasbourg. / © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons
La plaque commémorative apposée devant le collège Saint-Etienne à Strasbourg. / © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Les obsèques de Jean-Jacques Bastian se sont déroulées le 7 novembre à Montpellier. Après son internement à Schirmeck, il avait été incorporé de force dans l'armée allemande. En 1945, il était défiguré lors d'un incendie. Il a été fait chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 2009. Un livre a été écrit en 2009 sur ce mouvement de résistance: Marcel Weinum et la Main Noire de Gérard Pfister, coll. Les Carnets Spirituels, éd. Arfuyen.
 

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