La sève de bouleau pour se redonner du tonus, la récolte débute en Alsace

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Écrit par Vincent Lemiesle
Un bouleau dans la pépinière exploitée par Audrey Ferbach à Plobsheim dans le Bas-Rhin.
Un bouleau dans la pépinière exploitée par Audrey Ferbach à Plobsheim dans le Bas-Rhin. © Audrey Ferbach

Toujours plus prisée d'année en année, la sève de bouleau est de retour avec le printemps qui s’annonce. Recommandée pour éliminer les toxines accumulées pendant l'hiver, Audrey Ferbach, exploitante à Plobsheim dans le Bas-Rhin, dévoile pour nous quelques-uns de ses secrets.

L'hiver touche à sa fin. Avec le retour des beaux jours, la récolte de sève de bouleau débute en Alsace comme un peu partout ailleurs. Avec des nuits encore bien fraiches et des gelées le matin, pour Audrey Ferbach, installée à Plobsheim, dans le Bas-Rhin, la saison démarre doucement. Elle nous explique ce qu’il faut savoir sur la fabrication et la consommation de la sève de bouleau, appelée aussi eau de bouleau, réputée pour ses vertus détoxifiantes. 

 

 

Trois semaines de récolte

Audrey exploite de façon artisanale sous mention Nature et Progrès, avec son mari, une parcelle d'une cinquantaine de bouleaux, la pépinière Grinner. Elle travaille aussi en contrat avec l'ONF sur des parcelles en zone protégée dans le massif vosgien et en plaine dans le secteur du ried. "Cette année la saison a commencé à la fin du mois de février et s'étalera jusqu'à la mi-mars", du moins en plaine précise Audrey. Ce qui laisse environ trois semaines pour récolter, le temps moyen d’une saison. D’où l’intérêt d’aller chercher la sève en montagne car "plus on monte en altitude plus les dates sont décalées". Sur les hauteurs vosgiennes, les récoltes peuvent s'étaler jusque fin avril. Mais un signe décisif donne le coup d’arrêt: "On arrête la récolte avec l'apparition des premières feuilles dans les arbres. A ce stade, la sève, consommée normalement sucrée, devient aigre".

Un prélèvement simple, au bon moment

Pour prélever la sève, il faut percer un ou plusieurs petits trous de deux ou trois centimètres de profondeur dans l'écorce de l'arbre. Dans chacun de ces petits trous est branché un tuyau relié à un bidon. La sève s'écoule naturellement par gravitation: "Il y a des gens qui aspirent les arbres, ce qui les affaiblit et finit par les tuer. Nous, on laisse l'arbre venir à son rythme", explique Audrey. De plus, avant chaque prélèvement, son mari "interroge" l'arbre: "Il ressent l'énergie vibratoire de l'arbre et décide en fonction de la réponse qu’il a si c'est le bon moment pour le percer ou pas".   

 

 

Une production artisanale

Un arbre adulte pompe dans la terre, en phase de montée de sève, de 200 à 400 litres d'eau, selon ses besoins. Durant cette période, Audrey dit ne prélever sur un arbre qu'une dizaine de litres par jour, au maximum, pour ne pas le dévitaliser: "Il ne faut pas trop prélever, un peu comme nous pour une prise de sang. En période de froid nocturne, comme en ce moment, c'est même plutôt autour de trois litres". Après le cycle de prélèvement, une dizaine de jours par arbre, les trous sont rebouchés avec un baume cicatrisant. 

Connue depuis le Moyen-Âge

Si la consommation de sève de bouleau connaît un certain essor depuis quelques années en France, son utilisation serait en fait très ancienne. Certains disent que cela remonte au Moyen-Âge. Par la suite, la tradition se serait un peu perdue dans nos contrées. Dans les pays du nord et de l'est, où le bouleau est très répandu, la pratique s’est maintenue jusqu’à nos jours. Audrey, elle, garde des souvenirs de son grand-père qui lui racontait, qu'enfant, il allait faire des saignées en forêt sur des arbres avec un petit seau. "Il buvait cette eau et s'en faisait des frictions. Il buvait cette sève très fermentée en la laissant une nuit à l'extérieur". La fermentation agirait comme un probiotique, les intestins étant « le deuxième cerveau du corps » précise Audrey.

Une eau aux multiples vertus

La sève de bouleau est consommée pour ses propriétés bienfaisantes, profitables au corps humain. En période transitoire, entre février et mars, elle est recommandée pour éliminer les toxines accumulées pendant l’hiver. Une sorte de nettoyage de printemps en quelque sorte, "une osterputz de l’intérieur", n’hésite pas à dire Audrey. 
Parmi ses multiples vertus reconnues ou supposées, la sève serait un anti-inflammatoire utile pour les douleurs articulaires. Pour Audrey, c’est sûr "ça ne guérit pas l’arthrose mais ça redonne un peu de confort aux personnes qui en souffrent". 
La sève de bouleau renforcerait aussi le système immunitaire, un paramètre à ne pas négliger en ces temps de crise sanitaire, ajoute Audrey. Dans le post Facebook ci-dessous, le personnel soignant du CHU Strasbourg remercie Audrey Forbach pour ses dons de sève de bouleau en avril 2020.

 

 
En cure de trois semaines


Pour que les effets de la sève de boulot soient efficaces, il est préconisé généralement une cure de trois semaines. Audrey Ferbach commercialise le précieux liquide dans des bag in box de trois litres, la quantité requise pour une vingtaine de jours de cure. "Avec ce mode de conditionnement, à la fin de la cure, tous les effets drainants, vous les sentez", assure Audrey. Le bag in box est vendu une trentaine d’euros, sur place à la pépinière de Plobsheim et dans divers points de distribution en circuit bio sur les secteurs de Strasbourg, Sélestat et Colmar.
 

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