Strasbourg : un nouveau tremblement de terre, les travaux de forage géothermique interrompus

La ville de Schiltigheim. / © Jean Marc Loos / MAXPPP
La ville de Schiltigheim. / © Jean Marc Loos / MAXPPP

Un séisme d'une magnitude de 2,6 s'est produit dans l'Eurométropole de Strasbourg à 23h42, dans la nuit du mercredi 13 novembre 2019, au lendemain d'une secousse un peu plus forte de 3,1. Les travaux de forage de la société Fonroche à proximité de Strasbourg sont interrompus.

Par Claude Lepiouff

La terre a tremblé à 5 km de Strasbourg. L'épicentre de ce nouveau séisme, intervenu dans la nuit de mercredi à jeudi à 23h42, est proche de celui du séisme de mardi, dans un périmétre situé entre Schiltigheim et le quartier de la Robertsau à Strasbourg. Le RéNaSS, le réseau national de surveillance sismique, qualifie sur son site ce phénomène d'"événement induit", donc lié à une activité humaine..

A la suite de ces deux événements sismiques, les travaux de géothermie (deux puits géothermiques profonds) de la société Fonroche à Vendenheim et Reichstett (dans la banlieue de Strasbourg) sont donc interrompus : il s'agit là d'une procédure classique explique la préfecture du Bas-Rhin. Un arrêté préfectoral (lire ci-dessous) prévoit que l'activité de forage est interrompue lorsque des secousses supérieures à une intensité de 2 sur l'échelle de Richter sont enregistrées.
 

Arrêté du 24 mars 2016 concernant l'activité de géothermie profonde à Vendenheim by Aymeric Robert on Scribd


De son côté, la société Fonroche a nié toute implication mardi en expliquant dans un communiqué que l'activité sur le site était de toute façon interrompue depuis le 8 novembre "conformément à la programmation normale des opérations en cours" et que le séisme ressenti mardi à Strasbourg comme "distant d’au moins 5 km au sud du site de forage".

Selon la préfecture du Bas-Rhin, une première réunion entre les opérateurs de géothermie (la société Fonroche et électricité de Strasbourg), le RéNaSS et la DREAL a eu lieu le 13 novembre. "Les échanges menés au cours de cette réunion confirment qu’à ce stade d’analyse aucune origine du séisme (naturelle ou induite) ne peut être avancée. Une deuxième réunion de travail est prévue la semaine prochaine", précise la préfecture. 
 

Mardi, un chercheur du RéNaSS avait estimé tout à fait possible que le séisme ait été provoqué par des activités de géothermie conduites au nord de Strasbourg, à Reichstett, par l'entreprise Fonroche. Fonroche a, pour sa part, contesté tout lien avec son activité de forage. La secousse de mardi survenait elle-même au lendemain de celle, beaucoup plus puissante, qui a frappé l'Ardèche lundi, faisant quatre blessés.

Le premier adjoint de la Ville de Strasbourg, Alain Fontanelle a déclaré sur Twitter "avoir hâte de comprendre les origines de ce double épisode". Conformément à l'arrêté du 24 mars 2016, la reprise des opérations de test sur les puits géothermiques (injection) ne pourra reprendre qu’après analyse de l’événement par un comité d’expert et accord du préfet.
 

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