Réforme des retraites : l'université de Strasbourg évacuée après des blocages, la CGT dénonce "une inadmissible répression policière"

Lors des manifestations qui ont éclaté dans la soirée du 20 mars 2023, les forces de l'ordre ont évacué le bâtiment Escarpe situé sur le campus de l'université de Strasbourg après des blocages. La CGT dénonce une "répression inadmissible" et exige des explications.

Après le rejet des deux motions de censure par l'Assemblée nationale et l'adoption définitive de la réforme des retraites, près de 2.000 personnes se sont rassemblées le lundi 20 mars dès 18h30. Les manifestants ont défilé jusqu'au quartier de la Krutenau à Strasbourg, en passant par le quai de l'Ill. Plusieurs d'entre eux se sont dirigés, aux alentours de 20h, vers le campus universitaire et ont bloqué le bâtiment Escarpe, qui est utilisé pour organiser des assemblées générales . 

Des tables, tableaux, échelles et meubles ont été utilisés pour bloquer les deux entrées situées de part et d'autre de la faculté. "Nous avons fait attention à ne pas dégrader le matériel et le bâtiment", assure Simon, président du syndicat Alternative Etudiante Strasbourg (AES). 

Une "dizaine de CRS" sont arrivés sur les lieux aux alentours de 20h40 pour tenter d'évacuer les nombreux manifestants qui occupaient l'enceinte du bâtiment. "Ils ont été rappelés à cause de la manifestation en cours à quelques rues du campus. Donc nous avons continué l'opération", indique l'étudiant. 

Selon le syndicat AES, une "cinquantaine de camionnettes des forces de l'ordre" sont arrivés à 22h30 pour procéder à l'évacuation des personnes présentes à l'Escarpe. "Ils ont mis sept minutes à pénétrer dans le bâtiment et ont brisé plusieurs vitres pour mettre fin à l'occupation. Ce sont eux qui dégradent", ajoute Simon. 

La CGT vent debout face à l'évacuation

Une partie des manifestants a ensuite été "encerclée pendant de longues minutes avant d'être sortie du bâtiment". Les personnes présentes qui voulaient filmer l'évacuation auraient "été tenues à l'écart par plusieurs policiers".

Faire pénétrer des forces de l'ordre sur le campus, c'est réprimer toute expression politique

Simon, président de l'AES

Alors qu'aucun manifestant n'a été blessé physiquement, le président du syndicat étudiant dénonce l'intrusion et l'encerclement du campus universitaire par les forces de l'ordre. "Faire pénétrer des forces de l'ordre sur le campus, c'est réprimer toute expression politique", déplore Simon. En janvier 2023 déjà, l'évacuation d'une assemblée générale par des CRS avait provoqué un tollé. 

La CGT du Bas-Rhin a, de son côté, exprimé son inquiétude face à la "brutalité qui s'est abattue sur les étudiants à l'université de Strasbourg". Le syndicat demande des explications au président de l'université sur le recours "à l'inadmissible répression policière" sur le campus. "Le seul moyen d’arrêter la spirale, c’est que le gouvernement retire la réforme", indique-t-il via un communiqué. 

Le bâtiment Escarpe a rouvert ce mardi 21 mars en fin de matinée. Alternative Etudiante Strasbourg n'exclut pas de nouveaux blocages ces prochains jours, notamment lors de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme qui aura lieu le jeudi 23 mars. 

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