Strasbourg : un camping-car pour dépister le VIH, maladie "cachée" qui ne se résorbe pas

La semaine de dépistage du VIH a lieu du 25 novembre au 1er décembre. Un car va proposer des tests rapides en des lieux stratégiques de Strasbourg. La Ville et l'association AIDES veulent agir contre le Sida, l'épidémie continue de se propager en passant par ceux qui ignorent leur séroposivité.
Un test rapide d'orientation et de dépistage du VIH
Un test rapide d'orientation et de dépistage du VIH © Grégory YETCHMENIZA/MaxPPP
Du 25 novembre au 1er décembre 2019, pour la semaine de dépistage du VIH, des hépatites et IST, un camping-car aux couleurs de l’association AIDES, de la ville de Strasbourg et du COREVIH (Comité de coordination régional de lutte contre l’infection due au Virus de l’Immunodéficience Humaine) Grand Est, va s'installer devant différents lieux de la métropole et réaliser pour ceux qui le souhaitent, des tests de dépistage du VIH anonymes et gratuits par TROD (Test rapide d’orientation et de diagnostic). L'opération ne coûte qu'une petite goutte de sang. Le résultat est disponible en 30 minutes maximum.

Le car va camper sur le parvis du centre administratif le lundi 25 novembre de 13h30 à 16h pour proposer le test aux agents de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg. Il sera sur le parvis de la gare le jeudi 28 novembre de 10h à 19h et place de la République, devant la Bibliothèque Nationale Universitaire, vendredi 29 novembre de 10h à 18h pour le dépistage des étudiants. L'association AIDES Strasbourg poursuivra les tests une deuxième semaine, jusqu'au 6 décembre.
 
 


Le VIH une maladie chronique comme les autres

Philippe Malfrait est le responsable de AIDES Grand Est, il fait partie de la dizaine d'adhérents qui va animer la caravane et réaliser les tests. "On vous pose au chaud dans le camping-car, on vous offre un café, on explique un peu l'importance du dépistage, si vous voulez évoquer votre cas, il y a moyen d'en discuter", explique-t-il. "On prélève et on place une petite goutte de sang dans une coupelle qui contient des réactifs chimiques, si au bout d'un certain temps un petit point bleu apparaît vous êtes positif." Les personnes qui se trouvent dans ce cas sont accompagnées, s'il le faut, jusqu'au NHC (Nouvel Hôpital Civil) et mises sous soins. Trois mois plus tard, elles ne sont plus contagieuses.

Le docteur Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg et médecin généraliste, a travaillé pendant dix ans au centre de dépistage du VIH au NHC.Il participera à la semaine parce qu'il est important pour lui de ne pas relâcher la lutte contre cette épidémie : "Le VIH est devenu une maladie chronique au même titre que le diabète. Grâce à des soins et des médicaments on peut continuer de vivre avec son virus. L'espérance de vie est d'ailleurs la même que celle d'une personne en bonne santé, sauf si on ignore que l'on est séropositifs. 30% des personnes détectées le sont à un stade tardif. "
 

L'épidémie cachée

Pourtant les moyens de dépistage ont progressé ces deux dernières années, notamment avec le test TROD vendu sans prescription qui donne un résultat instantané et qui est disponible sur Internet ou en pharmacie à un prix inférieur à 30 euros (variable selon l’officine). Le praticien s'interroge : "Aujourd'hui ce qui est étonant, c'est que l'on découvre autant de séropositifs, les traitements sont efficaces, le nombre de nouvelles contaminations devrait régresser. Certains ne se sentent pas concernés, ils ne font pas de test et continuent de propager le VIH."

En Alsace, pour les diagnostics séropositifs, on compte 50 nouveaux cas par an dans le Bas-Rhin et 50 dans le Haut-Rhin. Philippe Malfrait estime d'après des statistiques et des modèles mathématiques à 300 personnes les nouveaux cas qui ne sont pas détectés : " Le problème c'est l'épidémie cachée, celle non diagnostiquée. Une personne contagieuse qui ignore son statut sérologique peut contaminer pendant cinq ans, dix ans. Elle ne se souvient pas des risques pris dans un passé lointain. Le dépistage, c'est le moyen technique et humain qui va faire diminuer l'épidémie cachée."

En France en 2018, 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH et on estime à environ 25 000 celles qui l'ignorent.
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