À Strasbourg, le confinement est un coup dur pour les propriétaires d'Airbnb

Depuis le début du confinement le 30 octobre, les propriétaires d'Airbnb à Strasbourg font face à des annulations en cascade. Trois d'entre eux nous racontent comment ils vivent cette situation très singulière.
 
Un vaste salon que l'hôte Fanny partage avec les voyageurs qui louent une chambre dans son appartement
Un vaste salon que l'hôte Fanny partage avec les voyageurs qui louent une chambre dans son appartement © Fanny Rosette Attia
Jonathan Felicelli possède deux logements Airbnb à Strasbourg depuis deux ans."Mon mois de décembre, ça fait plusieurs semaines que je sais que je l’ai perdu." regrette l’employé de banque. Aucune réservation pour les mois de novembre et décembre dans ses deux logements, Jonathan accuse le coup."Pour un seul logement, je dois avancer environ 2500 euros de frais sur trois mois. C’est possible grâce à un report de prêt et grâce à mes économies de côté mais sans trésorerie c’est impossible de survivre."

Pour éviter que la situation ne devienne intenable, Jonathan a trouvé une solution. "En passant par la plateforme LeBonCoin j’ai réussi à louer l’un de mes logements Airbnb pendant deux mois." Il espère en faire de même avec le second. 

Des revenus Airbnb pour payer le loyer

Pour Fanny Rosette Attia, même constat. La commerçante retraitée loue une chambre dans son appartement de la Krutenau, inoccupée depuis le départ d'une étudiante italienne suite au confinement. Alors Fanny Rosette Attia fait "une pause Airbnb". Au vu de la situation sanitaire "honnêtement, si j’ai des demandes en décembre, je ne sais pas si je vais les accepter."
 
Fanny accueille le plus souvent des étudiants étrangers dans cette chambre
Fanny accueille le plus souvent des étudiants étrangers dans cette chambre © Fanny Rosette Attia

La Strasbourgeoise explique que le revenu qu'elle tire d'Airbnb l'aide à payer son loyer. L’année dernière, à la même période, elle a gagné 500 euros. Cette année, elle ne tire aucun bénéfice. Les divers investissements qu’elle a fait alourdissent encore cette perte. "Quand mon étudiante italienne est arrivée, j’ai acheté un nouveau bureau et une plus grande armoire pour elle."

Pour d'autres, la situation n'est pas aussi dramatique. Le confinement n’a pas changé grand-chose pour Laura Minni, une enseignante qui accueille elle aussi des voyageurs chez elle depuis 2012. Elle a deux réservations en novembre "Il y en a un en ce moment qui est là pour raison professionnelle, il travaille dans le BTP et va revenir la semaine prochaine. L’autre réservation concerne une personne venue pour des raisons familiales." En décembre, elle enregistre trois réservations. "Mais je pense que les gens ne vont pas tarder à annuler." En attendant avec les voyageurs qui sont là, Laura "essaye de limiter le contact. On ne mange pas en même temps, on aère la pièce. En temps normal on prend le thé, on discute ensemble."
 
À 25 euros la nuit, pour Laura le but n'est pas de se faire de l'argent mais d'accueillir les voyageurs
À 25 euros la nuit, pour Laura le but n'est pas de se faire de l'argent mais d'accueillir les voyageurs © Laura Minni

Un frein à l’hospitalité

Fanny Rosette Attia et Laura Minni craignent la disparition de "l’esprit de rencontre". L’enseignante explique qu’elle loue une chambre "pour accueillir des gens, leur donner des conseils de visite. Le but ce n’est pas de faire de l’argent." 

Fanny se remémore avec nostalgie les mois de décembre passés depuis 2014 avec les voyageurs. "Une fois, on a ouvert une bouteille de champagne à Nouvel An avec une Finlandaise, pour marquer le coup. D’habitude je fais des bredele, j’offre du chocolat. J’avais même préparé un calendrier de l’Avent pour ma petite italienne mais elle est partie. C’est triste il n’y a plus d’animation, plus de vie. Je ne pense pas qu’en décembre Strasbourg va réussir à attirer autant de gens que les années précédentes."
 
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