Strasbourg : la mairie déclare la guerre aux voitures ventouses

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Écrit par Flavien Gagnepain
Même si aux yeux de la loi, un stationnement est caractérisé comme abusif au bout de quelques jours, certains véhicules végètent pendant de longs mois.
Même si aux yeux de la loi, un stationnement est caractérisé comme abusif au bout de quelques jours, certains véhicules végètent pendant de longs mois. © Flavien Gagnepain / France Télévisions

À Strasbourg, des voitures occupent des places de stationnement gratuites depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Le stationnement est considéré comme abusif à partir de trois jours d'immobilisation. Le 7 décembre, des véhicules qui dépérissaient depuis des années ont été enfin retirés.

Si le code de la route indique qu'un véhicule stationné depuis plus de sept jours constitue un stationnement abusif, la loi permet également aux communes de fixer leurs propres délais : à Strasbourg, il est de trois jours avant que le véhicule ne soit retiré.

Pourtant, dans les faits, plusieurs voitures occupent des places de parking de la capitale alsacienne depuis de nombreux mois. On les appelle les voitures ventouses. Reconnaissables à leurs capots noircis, à la présence de mousse ou encore à leurs pneus dégonflés, elles privent les automobilistes de places de stationnement.

L'adjoint à la mairie en charge des espaces publics partagés, Pierre Ozenne, le reconnaît : "Ce n'est pas parce qu'on reste plus de trois jours que son véhicule est enlevé. Mais ce délai permet d'indiquer que la route doit être libérée notamment avant une manifestation ou un événement."

Le mardi 7 décembre, plusieurs agents de la police nationale ont enlevé les voitures qui dépérissaient depuis très longtemps sur la place de Bordeaux, à Strasbourg : "On ne peut enlever que les plus vieilles, celles qui sont le plus marquées. Celle-ci, on voit bien qu'elle est là depuis beaucoup plus longtemps qu'une semaine, mais elle va rester encore un bout de temps", regrette un des policiers en montrant une voiture aux pneus dégonflés.

 

Une enquête nécessaire avant la fourrière

Pierre Ozenne explique pourquoi les délais peuvent être aussi longs : "Pour ces cas particuliers, nous recevons l'information comme quoi un véhicule est considéré comme une épave, si on constate par exemple que les pneus sont à plat. Ensuite, une enquête est menée pour savoir s'il ne s'agit pas d'une voiture volée, et si le propriétaire est toujours en vie."

Si l'enquête n'aboutit pas, le véhicule est emmené à la fourrière, située à la Plaine des Bouchers : "Comme le véhicule a fait l'objet d'une enquête, c'est la police nationale qui s'en occupe", ajoute l'adjoint.

"Nous consultons beaucoup de riverains, de commerces et d'associations, car le stationnement est souvent source de conflits."

Pierre Ozenne

Adjoint à la mairie de Strasbourg, en charge des espaces publics partagés

La problématique des voitures ventouses s'inscrit dans celle plus globale du stationnement dans la ville de Strasbourg. En septembre, deux délibérations ont été prises à ce sujet lors du conseil municipal.

La première consiste à lancer des discussions pour réfléchir largement aux règles de stationnement : "Nous consultons beaucoup de riverains, de commerces et d'associations, car le stationnement est souvent source de conflits. Et il devient rapidement gênant s'il empêche des livraisons, si un véhicule chevauche un passage piéton ou une piste cyclable..."

 

Trois projets de parking dans trois quartiers de la ville

L'idée est ainsi de redéfinir les règles du jeu en matière de stationnement : "À Strasbourg, 40% des ménages n'ont pas d'automobile. Et ceux qui en ont une sont loin de tous les utiliser au quotidien. Résultat, les voitures restent dans la rue. La situation n'est pas satisfaisante, il faut tendre vers quelque chose de différent", glisse Pierre Ozenne. Les discussions sont toujours en cours, et les conclusions devraient être publiées au premier semestre 2022.

L'autre délibération a permis le lancement d'études, financées à hauteur de 200.000 €, qui doivent permettre la construction de trois parkings dans les quartiers de la Neustadt, de la Montagne Verte et du Neudorf. L'objectif ? Libérer de l'espace dans les rues, encombrées par des voitures qui bougent trop rarement : "Au lieu de ranger les voitures dans les rues, nous préférons qu'elles le soient dans des parkings. Le nombre de places de ces parkings n'est pas encore défini, ils seront différents en fonction des secteurs", annonce l'adjoint à la mairie.

S'il est encore trop tôt pour s'avancer sur la date des travaux, les études doivent être terminées à la fin de l'année 2022. Elles permettront de déterminer sur quels terrains les parkings, qui seront payants, verront le jour. 

En septembre, une hausse du prix du tarif résidentiel avait été également envisagée. À l'époque, un passage de 15 à 30€ était en discussion et avait fait beaucoup réagir. Rien de fait pour Pierre Ozenne, qui justifie toutefois cette potentielle hausse en incluant d'autres avantages comme des abonnements aux transports en commun ou encore à l'autopartage.

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