Strasbourg : plus de 500 élèves ont chanté en hébreu à la grande mosquée

Dépasser les clichés caricaturaux sur "la religion" en s'immergeant dans la musique "des religions". C'est l'expérience décoiffante qu'ont pu faire ce jeudi matin 30 janvier plus de 500 élèves de primaire et de collège de Strasbourg.
 

562 élèves à la mosquée pour écouter de la musique juive
562 élèves à la mosquée pour écouter de la musique juive © Philippe Ichter - Sacrées journées
La matinée que 562 élèves strasbourgeois ont vécue ce jeudi 30 janvier les a vraiment fait sortir des sentiers battus. Ils ont été accueillis dans la Grande mosquée de Strasbourg, mais c'était pour y assister à un concert de musique… juive, musulmane et chrétienne. Avant de pouvoir à leur tour donner de la voix.  
 
Plus de cinq cents jeunes ont chanté en hébreu avec le quatuor juif Boybershop de Londres
Plus de cinq cents jeunes ont chanté en hébreu avec le quatuor juif Boybershop de Londres © Philippe Ichter - Sacrées journées


"C'était génial que le public participe avec les artistes", estime Laureta, élève du collège Pasteur. "On a pu voir des chants des différentes religions avec beaucoup de similarités. C'était super," renchérit Raphaël, du Gymnase Jean Sturm.

Pari réussi, donc, pour les organisateurs de ce moment très particulier, qui s'est déroulé dans le cadre du festival des Sacrées journées de Strasbourg. Philippe Ichter, chargé de communication du festival, y a vu "des élèves très attentifs et respectueux du lieu et des artistes."
 

Une diversité qui rassemble

Le public, constitué d'une grande majorité de collégiens mais aussi de plusieurs classes de primaire (des écoles Ste-Aurélie, St-Thomas, Finkwiller et Notre Dame), a pu ainsi s'ouvrir à la diversité religieuse par le biais de la diversité musicale. Et constater que cette diversité n'est pas forcément clivante, bien au contraire.
 
La Tibétaine Drukmo Gyal, interprète de mantras
La Tibétaine Drukmo Gyal, interprète de mantras © Document remis


Brouiller les pistes, casser les codes et les préjugés en matière de religion(s) pour contribuer à une laïcité bien comprise, c'est d'ailleurs l'objectif de l'ensemble du festival des Sacrées journées de Strasbourg, qui en est à sa 8e édition.

Depuis samedi dernier, 26 janvier, et jusqu'à ce dimanche 2 février, le public est  invité à entendre de la musique juive dans une mosquée – et musulmane dans une synagogue -, de la musique chamane népalaise dans un musée vaudou, ou des derviches tourneurs dans une église. De quoi aider à dépasser les idées reçues, pour expérimenter le bien vivre ensemble.
 
Fernando Cellicion, Nouveau-Mexique - interprète de chants chamaniques amérindiens
Fernando Cellicion, Nouveau-Mexique - interprète de chants chamaniques amérindiens © Document remis


Même si les premiers concerts sont déjà achevés, il reste de quoi faire de belles découvertes. A titre d'exemple :
Ce jeudi soir 30 janvier à 20h, en l'église St-Thomas, les derviches tourneurs Samaa de Damas (qui invitent à la tolérance avec leur répertoire de musique soufie) se produiront avec Drukmo Gyal, interprète de mantras et de louanges traditionnelles du bouddhisme tibétain, ainsi qu'avec un chœur chrétien togolais.
Ce vendredi 31 janvier à 18h, à la Pagode vietnamienne PhôHien de Strasbourg-Robertsau, on pourra découvrir successivement des chants araméens et chrétiens byzantins, puis musulmans soufis
Et ce samedi 1er février au musée Vodou à 10h, le public voyagera de l'Arizona à l'Himalaya, en assistant à la rencontre inédite entre un chaman amérindien et un chaman népalais.
L'intégralité du programme de ces concerts, qui se déroulent en divers lieux - religieux ou non – de la ville, mais également à Saverne et à Kehl, en Allemagne, est à découvrir sur le site du festival.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
religion société festival événements sorties et loisirs insolite