Strasbourg : pourquoi la ville a refusé (pour l'instant) le label "capitale européenne de la démocratie"

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian a refusé le label  "capitale européenne de la démocratie" que voulait lui attribuer une organisation européenne. Elle souhaite notamment plus de transparence quant à la provenance des fonds mais ne ferme pas complètement la porte. 

Ce label ferait de Strasbourg la capitale européenne de la démocratie pour un an.
Ce label ferait de Strasbourg la capitale européenne de la démocratie pour un an. © Jean-Marc LOOS/MAXPPP
C'est une décision qui a suscité l'incompréhension. Jeanne Barseghian, maire EELV de Strasbourg a refusé temporairement le label de capitale européenne de la démocratie, que voulait lui attribuer l'oganisation européenne Innovation in Politics Institute (Institut d'innovation politique) pour 2021.

Ce label, porté par le maire de Vienne, Michael Ludwig, sous le patronnage de la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejcinovic Buric, et de la vice-présidente de la Commission européenne, Dubravka Šuica, est tout nouveau. Inspiré de la "capitale européenne de la culture", il doit se lancer cette année et vise à soutenir les villes qui portent des initiatives en faveur de la démocratie. La ville retenue doit recevoir une enveloppe de 10 millions d'euros qui servirait à organiser des événements et conférences sur le thème de la démocratie, auxquels participeraient personnalités politiques, experts, artistes, journalistes et membres de la société civile.

Jeanne Barseghian a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un "non" catégorique et définitif à ce label. La maire de Strasbourg souhaite prendre plus de temps pour évaluer cette initiative : "Ce n’est pas un prix que l'on nous proposait de recevoir, on nous a proposé d’être une ville pilote dans un processus qui n’existe pas encore aujourd’hui", a-t-elle rappelé ce lundi 21 septembre. L'élue souhaite notamment davantage de transparence quant à la provenance des fonds, en partie privés, de ce label. 

Incompréhension des élus de la ville

Plusieurs responsables politiques locaux ont tout de même exprimé leur incompréhension face à cette décision, dans un contexte d'annulation des sessions plénières du Parlement européen. A commencer par Alain Fontanel, conseiller municipal LREM de la ville de Strasbourg, qui a exprimé sa "consternation". "Je ne comprends pas comment la maire de Strasbourg a pu refuser ce label qui conforte le statut de siège du parlement européen", a-t-il déclaré. Quant à la provenance des fonds, il répond que "tout est transparent". L'élu avait participé au dossier avec l'ancienne municipalité : "Tout était prêt, a-t-il assuré. Les porteurs du projet ont été très surpris d'essuyer un refus de la part de Madame Barseghian"

L'ancienne maire de Strasbourg et conseillère municipale Catherine Trautmann déplore quant à elle une "occasion manquée qui sera très difficile à rattraper". Elle assure par ailleurs qu'elle n'a été ni associée à cette décision, ni consultée. 

La maire de Strasbourg a affirmé qu'elle avait proposé de revoir les porteurs du projet "capitale européenne de la démocratie" dans quelques mois. Elle a également martelé sa volonté d’aller plus loin dans la participation de la ville à des réseaux européens et de faire de Strasbourg un "hub européen", à condition que cela soit fait main dans la main avec les acteurs locaux et les membres de la société civile.

Si Strasbourg refuse finalement ce label, Paris et Athènes pourraient être envisagées. 
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