Strasbourg : des traces de radioactivité détectées dans un ancien bâtiment des Hôpitaux universitaires

La présence d'une contamination radioactive résiduelle a été relevée dans un ancien bâtiment d'oncologie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Les activités nucléaires dans ces locaux ont été arrêtées au milieu des années 1990 et le bâtiment définitivement fermé en novembre 2019.

Des traces de radioactivité ont été découvertes dans l'ancien bâtiment d’oncologie du site de l’Hôpital civil de Strasbourg.
Des traces de radioactivité ont été découvertes dans l'ancien bâtiment d’oncologie du site de l’Hôpital civil de Strasbourg. © Google street view
Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont annoncé le 12 octobre que des traces de radioactivité historique ont été découvertes le 6 août, dans le cadre de la réhabilitation d'un bâtiment d’oncologie. Ce bâtiment, situé sur son site de l’Hôpital civil au centre-ville, a "immédiatement été mis en sécurité et les autorités informées", précisent les HUS.  

Un bâtiment fermé en 2019

Des activités de curiethérapie, "une technique de radiothérapie qui consiste à traiter un cancer avec une source radioactive placée à l’intérieur ou à proximité immédiate de la zone à traiter", s’y sont notamment déroulées pendant des décennies. Elles ont été arrêtées dans ces locaux au milieu des années 1990 et le bâtiment a été définitivement fermé en novembre 2019, "à la suite du transfert de l’ensemble des activités de traitement du cancer vers le nouvel Institut de cancérologie Strasbourg-Europe (ICANS) à Hautepierre".
 
Les HUS ont alerté l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 10 août, puis ont mise à jour cette déclaration le 9 octobre "au regard des éléments nouveaux obtenus avec les travaux qui se sont poursuivis pour approfondir la recherche et la caractérisation de ces traces de radioactivité".  Dans un communiqué, l'ASN indique que "les principaux radionucléides identifiés correspondent à ceux qui ont été historiquement utilisés dans le cadre des techniques de traitement qui se sont succédé au XXe siècle, notamment le radium-226 et le césium-137".

Un événement classé au niveau 1 de l’échelle INES

"Outre les sources découvertes dans différents conditionnements anciens dans des zones peu accessibles du bâtiment, aujourd’hui condamnées, plusieurs anciens locaux de travail montrent une contamination résiduelle au niveau des surfaces de travail, des sols, et de certaines canalisations. Les HUS mènent actuellement des investigations pour évaluer si des personnes étant intervenues dans ces locaux dans le passé ont pu être exposées, en vue de les en informer." 

L’ASN a classé provisoirement cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité). Un incident de niveau 1 correspond ainsi à une "anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé" relève l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

Les HUS cherchent à évaluer l'impact éventuel de ces traces radiologiques résiduelles et préparent un plan d’actions détaillé "pour envisager la dépollution et la réhabilitation du site". En 2019, plus de 600 événements significatifs dans le domaine médical, dont 160 classés sur ASN-SFRO (société française de radiothérapie oncologique), ont été déclarés à l’ASN.

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