Un petit déjeuner en peignoir le long de l'avenue du Rhin à Strasbourg ce 19 septembre au petit matin, le collectif du même nom avait envie de rendre visible son message : trop de circulation et donc de pollution, il réclame le passage de cette avenue à deux fois une voie.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Rien de tel qu'un happening dès potron-minet pour faire parler de soi. Le collectif Ré_inventons l'Avenue_du_Rhin a organisé ce 19 septembre un petit déjeuner le long de la route qui longe la presqu'île Malraux de Strasbourg. Une table, des chaises, du café et de la bonne humeur malgré tout pour dénoncer une situation que ces riverains jugent inacceptable.

"Se réveiller avec ce doux parfum, nous raconte Olivier Laurent, membre du collectif avec un brin d'ironie, c'est ça notre quotidien, c'est chez nous, c'est pour cela qu'on est descendus en pyjama. Mon petit garçon traverse l'avenue du Rhin deux fois par jour. Or, ce n'est pas un milieu où l'être humain à sa place en fait, donc l'idée c'est de se rendre compte du décalage entre la vie au quotidien et cette masse de métal et de bruit qui nous entourent".

Même son de cloche pour Anne Staub, dont la chambre donne sur cette fameuse avenue. "J'habite ici depuis 2019 et mon quotidien, c'est le bruit alors même que je viens de Paris, des camions passent même la nuit. On est obligé de vivre les fenêtres fermées", déplore la néo-Strasbourgeoise.

Des mesures au dessus des seuils préconisés

Il faut dire que 45.000 véhicules empruntent chaque jour l'avenue du Rhin, dont 3.000 camions et un certain nombre en infraction puisque depuis 2012, un arrêté municipal interdit le trafic des poids lourds en transit sur cet axe. Un arrêté évidemment peu respecté parce que difficilement contrôlable.

Et ce trafic génère forcément de la pollution, du dioxyde d'azote notamment, mesuré bien au dessus du seuil annuel européen fixé à 40 microgrammes par m3 sans parler des recommandations de l'OMS, qui elle, avertit qu'au dessus de 10 microgrammes par m3, il y a des conséquences sur la santé.

Quant aux particules PM10 et PM2,5, générées par le trafic routier, mais aussi par le chauffage ou l'agriculture, les concentrations annuelles sont en dessous des valeur fixées par l'Europe, mais au dessus des seuils préconisés par l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS (qui a revu ses seuils à la baisse en septembre 2021).

Ramener l'avenue à deux fois une voie

Alors, le collectif réclame des changements sur cette route. "On aimerait que l'Etat et la ville puissent considérer que cette avenue est un problème et qu'on réaffirme les intentions montrées il y a des années. Nous voudrions ici une pacification, un passage à 30 km/h, et le passage de 2 fois 2 voies à 2 fois une voie, on aimerait que la vie reprenne ses droits, promener son chien, discuter sur le trottoir avec son voisin", égrène Olivier Laurent.

Depuis plusieurs années en effet, des préconisations concernant cette avenue et des engagements sont pris, mais les riverains ne voient rien venir. Espérons qu'ils n'aient pas besoin de recommencer à teinter leur petit déjeuner de dioxyde d'azote pour se faire entendre.