TÉMOIGNAGE - “Ç​​​​​​​a m'a semblé durer une éternité” : une étudiante agressée sexuellement par un chauffeur Uber

Le trajet Uber s'étendait de la place Gutenberg à la Robertsau. / © Léna Romanowicz / France Télévisions
Le trajet Uber s'étendait de la place Gutenberg à la Robertsau. / © Léna Romanowicz / France Télévisions

Sonia, une étudiante de 22 ans, a été victime d'une agression sexuelle par un chauffeur Uber dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 novembre, à Strasbourg. La victime a déposé plainte. Le chauffeur était déjà connu pour une agression en 2017.

Par Léna Romanowicz

Dans la nuit du 16 au 17 novembre, aux alentours de 4h, Sonia a été agressée sexuellement par un chauffeur Uber sur la route la menant du centre-ville de Strasbourg au quartier de la Robertsau. D'après un commentaire laissé sous le post Twitter dénonçant l'agression, c'est la seconde fois que ce chauffeur est signalé sur la plate-forme. L'étudiante de 22 ans témoigne.
 

Comment l'agression s'est-elle déroulée ? 

"J'étais avec des amis, deux filles et un garçon. Après avoir bu un verre dans un bar, on a décidé de commencer à rentrer à pied. On s'est arrêté à la place Gutenberg pour prendre un Uber, il était 4h09. Lorsque le chauffeur d'une cinquantaine d'années est arrivé, on est entré dans la voiture, je me suis mise devant et mes trois amis derrière. Il nous a tout de suite mis à l'aise, il a mis de la musique, on n'avait pas de quoi s'inquiéter. On a déposé mes trois amis rue du Landsberg, au Neudorf, et là je lui ai proposé de me mettre à l'arrière. Il m'a répondu qu'il n'y avait pas de souci, que je pouvais rester devant.

Dès que mes amis sont partis, il m'a posé des questions impersonnelles : quel âge as-tu, qu'est-ce que tu fais... j'ai dit que j'étais étudiante infirmière et il m'a répondu "ah, tu pourras me soigner". J'ai dit que non, je n'étais pas diplômée, que j'étais pas encore infirmière... J'ai mis des barrières. Puis il a commencé à me prendre la main, à entrelacer ma main dans la sienne, à me la serrer. J'étais tétanisée. J'ai ouvert les doigts pour lui faire comprendre de me lâcher. Il a posé sa main sur ma cuisse, il faisait ce qu'il voulait avec mon bras. Il tenait nos mains entrelacées. Il essayait de poser ma main sur sa cuisse et en même temps il me caressait la main avec le pouce. Il me disait que j'étais belle, que j'avais un beau visage. Ça m'a semblé durer une éternité, d'habitude je rentre en dix minutes. Il roulait très lentement, il s'est même fait doubler. Une fois arrivée devant chez moi, il a tendu la bouche et m'a dit "bisou". Je suis vite partie et je me suis enfermée chez moi. J'ai directement prévenu une copine, il était 4h22".
 
 

As-tu contacté Uber ? 

"J'ai tout de suite contacté Uber sur l'application. J'ai signalé le comportement du chauffeur, j'ai dû raconter ce qu'il s'est passé. J'ai aussi déposé plainte contre lui à l'hôtel de police, j'ai donné le numéro de sa plaque d'immatriculation avec son nom. J'en ai parlé à mes parents le lendemain matin, ils étaient dans tous leurs états. J'ai pris contact avec la personne qui a été agressée par le même chauffeur en 2017, elle va sûrement porter plainte. Depuis, le profil du chauffeur est encore disponible sur l'application Uber. Après avoir envoyé un second message, Uber m'a remboursée ma course. Je n'ai eu aucun délais concernant la suite et la suspension du chauffeur".

Après le signalement, Uber a répondu à Sonia : "Nous vous remercions pour les informations partagées, Sonia. Uber est profondément attaché à la sécurité de tous les utilisateurs de l'application, et nous prenons votre retour très au sérieux. Ce type de commentaires nous aide à constamment améliorer l'expérience Uber".
  
La victime a contacté Uber après son agression. / © Sonia (document remis)
La victime a contacté Uber après son agression. / © Sonia (document remis)
 

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