Zone à faibles émissions à Strasbourg : le point sur le calendrier et les aides pour changer de véhicule

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Écrit par Gregory Fraize

Les véhicules les plus polluants seront interdits dès 2023 dans l'Eurométropole de Strasbourg, avec une phase pédagogique à partir du 1er janvier 2022. Le montant des aides s'élèvera à 50 millions d'euros annonce le 1er octobre 2021, la présidente de la collectivité, Pia Imbs.

La création d’une Zone à Faibles Emissions (ZFE) n’est pas une option. C’est une obligation. Question de santé publique, il faut faire baisser la pollution de l’air. Question d’injonction européenne aussi, la France a été condamnée pour son inaction. Elle impose donc à ses 11 métropoles les plus peuplées, dont l'Eurométropole de Strasbourg, de faire disparaître de leur paysage les véhicules les plus anciens, et donc les plus polluants.

Le calendrier

  • 2023 : les véhicules sans vignette Crit’Air (immatriculés avant le 1er janvier 1997) ou Crit’Air 5 (diesel entre 1997 et 2000)
  • 2024 : les Crit’Air 4
  • 2025 : les Crit’Air 3 

La fin du diesel en 2028 ?

L’Eurométropole de Strasbourg veut aller plus loin en éradiquant aussi de ses routes les Crit’Air 2. De facto, l’ensemble des véhicules diesel.  Après des mois de réflexion, d’échanges, et de polémiques, la collectivité envisage cette interdiction à compter du 1er janvier 2028. En précisant que la décision sera prise sous réserve d’évaluations de la pollution de l’air menées en 2024 et 2026. « Si on constate une amélioration on pourrait revoir le calendrier, mais nous sommes dans une période de contraintes de plus en plus importantes » indique Françoise Schaetzel, vice-présidente de l’Eurométropole en charge de la qualité de l’air. En clair, la majorité ne croit pas à un sursis supplémentaire pour le diesel.

Elle ne le souhaite d’ailleurs pas. La présidente Pia Imbs l’affirme : « l’interdiction des Crit’Air 2 reste un objectif et une ambition ». Un calendrier qui s’imposera à l’ensemble de l’agglomération. Un maire ne pourra pas s’y opposer, la loi ayant transféré le pouvoir de décision aux intercommunalités. "Nous sommes dans une démarche de concertation mais il reviendra à l’Eurométropole de prendre les décisions qui s’imposeront" indique Pia Imbs, soulignant - peut-être pour apaiser les craintes – que "ce sera dans 7 ans !" Il peut se passer des choses en 7 ans. C’est à cela que se raccroche Thibaud Philipps, maire LR d’Illkirch-Graffenstaden et opposant à l’interdiction des Crit’Air 2. "Pour moi le juge de paix ce sera l’opinion publique en 2026. Il y aura des élections municipales, et peut-être des cartes rebattues du côté de l’Eurométropole". 

D’ici-là quoi qu’il en soit, la ZFE sera une réalité et concernera donc de la même façon les 33 communes de l’Eurométropole et ses 220.000 habitants.  Chaque interdiction sera précédée d’une phase pédagogique. Dès 2022 pour les premiers véhicules concernés. Des contrôles assurés par la police, mais pas de sanctions. Puis viendra le temps des amendes avec, dans un second temps, le déploiement de contrôles automatisés par lecture des plaques d’immatriculation. La collectivité en appelle à l’Etat pour qu’il mette des moyens à sa disposition dans ce sens.

Les aides de l'Eurométropole

Reste la question de l’accompagnement des particuliers et des entreprises dans cette transition. La collectivité mise sur le développement des transports publics, des pistes cyclables, ou des achats subventionnés de vélo électriques. C’est l’ambition première : changer les habitudes. Et pour ceux qui n’ont vraiment pas le choix, il faudra leur donner un coup de pouce pour leur permettre de changer de voiture. 

50 millions d’euros seront donc alloués aux aides. 

D’après les estimations, les deux-tiers devraient revenir aux particuliers pour des aides à la mobilité alternative (abonnement CTS, autopartage, location de vélos...) et des primes à la conversion (achat ou location d’un nouveau véhicule ou retrofit, c’est-à-dire la conversion électrique des véhicules existants). Le tiers restant ira aux professionnels sous forme de prime à la reconversion ou d’aide à l’innovation.. Les aides de l’Eurométropole (que vous retrouvez ci-dessous) peuvent être cumulées avec celles de l’Etat.

 

 

Par exemple, un couple avec trois enfants qui souhaite se séparer de son véhicule non classé pour une familiale électrique neuve à 31.200 € pourra bénéficier de :

La prime à la conversion – 2.500€

Le bonus écologique – 6.000€

Une surprime ZFE – 1.000€

L’aide de l’Eurométropole – 2.500€

Reste à charge : 19.200€

 

 

Par exemple, un artisan qui souhaite se séparer de son véhicule non classé pour un utilitaire électrique neuf à 33.650€ pourra bénéficier de :

La prime à la conversion – 6.000€

Le bonus écologique – 5.000€

L’aide de l’Eurométropole – 2500€

Reste à charge : 18.650€

Toutes ces propositions seront débattues lors du conseil de l'Eurometropole le 15 octobre 2021.