VIDEO. Alsace : une entreprise cultive des fleurs sauvages pour favoriser la biodiversité

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Écrit par Nicolas Meyer

L’entreprise familiale Nungesser à Erstein dans le Bas-Rhin produit des semences de fleurs et graminées sauvages depuis plus de quinze ans. Les paysagistes, les viticulteurs ou les collectivités achètent leurs mélanges de graines afin d’implanter des prairies sauvages. Le but est d’apporter de la biodiversité là où elle a disparu.

Bernard Heitz fut l’un des premier en France à cultiver des fleurs sauvages pour en extraire des semences et les revendre. Aujourd’hui c’est sa fille Lucie qui prend les rênes de l’entreprise à Erstein. Nungasser Semence est devenue une référence nationale dans la production de graines de fleurs et de graminées sauvages.

La clientèle est très variée. Les paysagistes commandent des mélanges floraux pour satisfaire la demande grandissante de particuliers qui souhaitent un espace naturel dans leur jardin plutôt qu’une pelouse coupée à ras ou un jardin à l’anglaise. De nombreux viticulteurs végétalisent leurs parcelles entre les rangs de vigne pour un meilleur équilibre du sol. Certains agriculteurs réalisent des plantations en bordure de parcelles pour favoriser la présence d’insectes pollinisateurs. Les collectivités implantent des prairies naturelles pour renaturer des terrains en friche à la suite de chantiers.

Pour répondre à la demande, l’entreprise Nungesser est à la recherche de nouveaux champs. Elle exploite à ce jour 40 hectares de champs et cultive plus d’une quarantaine d’espèces de fleurs et graminées sauvages. Elle propose à la vente des mélanges de semences adaptées à tous types de biotopes.

Chaque année, de nouvelles variétés viennent enrichir le catalogue. Au départ, un échantillon de quelques grammes de graines est prélevé dans la nature par des botanistes ou des conservateurs de sites protégés. Les plantes obtenues après germination sont cultivées pendant trois ans sous serre pour donner une quantité suffisante de graines afin d'ensemencer de grandes parcelles d’un hectare minimum. Un contrat est signé avec l’agriculteur qui devra intervenir mécaniquement et manuellement pour éviter le développement de plantes indésirables.

De nombreux avantages

Cette culture demande plus d’attention que celle du blé ou du maïs mais rapporte bien plus à l’hectare. Les avantages à cultiver des plantes sauvages sont nombreux : nul besoin d’irriguer, la parcelle recouvre le sol durant plusieurs années ne laissant pas la terre à nu pendant l’hiver pour éviter le lessivage.

Elle favorise également l’arrivée d’insectes pollinisateurs sauvages. En s’approchant d’une parcelle de knautie des champs, de bleuet sauvage de coquelicot ou de sainfoin par exemple, c’est flagrant, ça butine, ça bouillonne de vie. Saviez vous qu’il existe plus de 1000 abeilles sauvages ? Certaines d’entre elles ne se nourrissent que du nectar d’une fleur et cette même plante ne se reproduit que grâce à cet insecte.

Un bon nombre de papillons, coléoptères et diptères connaissent un destin similaire. Quand il y a beaucoup d’insectes et de graines, les oiseaux aussi s’épanouissent. Il suffit à Lucie Heitz de montrer les cultures pour convaincre ses clients : "La biodiversité, c’est cette interdépendance entre les espèces, notre rôle est de rétablir un écosystème là ou il est déficient."