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La Wantzenau : Ils collectent les documents anciens pour retracer l'histoire de la ville

Pour constituer un fonds documentaire et retracer l'histoire de la ville, les photos de classes sont très précieuses.
Pour constituer un fonds documentaire et retracer l'histoire de la ville, les photos de classes sont très précieuses.

Route 67 vous emmène à la Wantzenau, à la rencontre de retraités passionnés qui constituent bénévolement, depuis 10 ans, un fonds d'archives municipales. L’objectif : retracer l’histoire la ville et de ses habitants et ainsi faire perdurer sa mémoire.

Par Valentin Pasquier

Pour évoquer l'histoire de la Wantzenau, Richard Stroh nous emmène au moulin de la commune. Un lieu emblématique dont on trouve la trace au moins depuis le XVIIIe siècle. « Le moulin a été bombardé en 1940 par un canon qui était situé à Oberkirch en Allemagne (soit à 30 kilomètres de portée, NDLR), signale cet historien amateur, amoureux de sa ville natale. Et pour régler la hausse du canon, ils ont pris le moulin pour cible pour bombarder Strasbourg ».

Ancien responsable dans le textile, l'homme s'est passionné pour l'histoire locale sur le tard, en commençant à écrire dans le bulletin municipal. Depuis qu'il est à la retraite, il se consacre à plein temps à cette passion. On lui doit des ouvrages, illustrés notamment avec des documents collectés au fil des années.

« De voir toute cette histoire étalée sur le papier, ça rappelle aux jeunes générations tout le patrimoine [de la ville] et ça permet de ne pas oublier », observe Andrée Dametti, gérante de l'hôtel du moulin de la Wantzenau.


Faire perdurer la mémoire de la ville

Richard Stroh récupère des documents chez les habitants, mais il en crée aussi. Au cimetière, il rejoint Rita Diebold, une jeune retraitée qui lui donne un petit coup de pouce depuis un an. Ensemble, ils consacrent leur journée à photographier toutes les tombes. Une par une.

« Pour moi, c’est une histoire de mémoire qu’il faut garder pour les générations futures, assure-t-elle. Est-ce-que ça les intéresse, je n’en sais rien… Beaucoup de jeunes partent du village. Mais je me dis qu’il subsiste toujours des traces de notre village. C’est en tout cas l’un des plus beaux. »

« Toute l’année, des gens qui viennent du sud de la France, voire d’Amérique, pour retrouver ou pour connaître les tombes de leurs parents, raconte Richard Stroh. C’est très intéressant de leur montrer où celles-ci se trouvent. C’est ce travail de repérage que nous sommes en train de faire ».

Pour ses recherches, le septuagénaire dispose même d'un local mis à disposition par la mairie. Une fois par semaine depuis dix ans, il y retrouve ses trois drôles de dames, bénévoles et retraitées comme lui. Coupures de journaux, affiches, photos, rien ne leur échappe. Tout ce qui concerne la commune est  scrupuleusement classé et archivé.

Un travail de collecte gigantesque

Marie-Louise Steimetz était institutrice à La Wantzenau pendant 33 ans. Elle a fortement contribué à donner vie à un véritable trésor de guerre : 600 photos de classe. Tous les élèves passés par l’établissement ont ainsi été identifiés.

« Je montrais une photo à certaines que je connais bien et je leur demandais de rechercher des noms, raconte-t-elle. Il y a même une dame que je connais qui m’a dit qu’elle avait passé une superbe après-midi entre copines de classe pour essayer de retrouver tous les noms ».

Richard Stroh et ses collègues dans leur quartier général, mis à disposition par la mairie.
Richard Stroh et ses collègues dans leur quartier général, mis à disposition par la mairie.

Quelqu'un prendra-t-il la suite où ce travail titanesque tombera-t-il dans l'oubli, Richard Stroh n'en sais rien. En attendant, il continue inlassablement.

« Si on dit qu’on voit le bout, c’est qu’on est vraiment essoré. Et là, ce n’est pas le cas, assure-t-il. J’ai toutes les délibérations du conseil municipal depuis la Révolution. Alors s’il n’y a rien à tirer là-dedans, sur je-ne-sais-combien de sessions de conseil municipal, c’est que l’on trouvera plus rien ».

Il ajoute, souriant : « Il faut au moins 250 ans pour terminer tout ça ».

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