Yannick est un inconditionnel  des anciens modèles de Volkswagen mais aussi des Seventies qui représentent pour lui une belle période de liberté. C'est donc tout naturellement qu'il apprécie le concept du buggy. Par chance, il en a trouvé un près de chez lui abandonné dans une grange. Acheté dans un état très moyen, il a eu à cœur de le rénover pour réaliser son rêve de gosse. 

Power Flower

Yannick est le plus Californien des habitants de Rimogne dans les Ardennes. Le premier adjoint de la commune, avec sa barbe de hipster et ses Converse rouges, adopte volontiers un look "cool". 

Cet Ardennais est un féru de glisse. Surfs, skateboards et trottinette sont accrochés sur le mur du garage juste devant le combi camping-car Volkswagen de 1968 avec lequel il part en vacances. Mais ce qui attire encore davantage l'œil se trouve à côté : un beau  Buggy orange vif aussi sympathique que peu discret. Un véhicule mythique né en Californie qui nous emmène directement sur les plages ensoleillées de l'océan pacifique, bien loin des ardoisières ardennaises. Une invitation à revivre les années "Power Flower", époque bénie où Yannick voyait le jour.

Mais au-delà du goût pour l'Amérique des années 70, le désir de notre Ardennais remonte à l'enfance quand son père lui offre un circuit Darda de voitures à rétro friction. "Sur le circuit à looping, le petit Buggy orange était le véhicule le plus rapide, c'était mon préféré. D'ailleurs, je l'ai toujours et j'en collectionne d'autres. Depuis j'ai toujours voulu en avoir un "vrai" et de la même couleur s'il vous plaît"  Son vœu s'exauce un jour de 2007 quand il trouve à quelques kilomètres de chez lui, un Buggy presque abandonné de couleur "vert Kawasaki". 
Yannick possède toujours le Buggy Darda de son enfance  / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne
Yannick possède toujours le Buggy Darda de son enfance / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne

Pour découvrir l’intérieur du Buggy faites tourner l'image 360°

Le Meyers Manx, l'original

Le buggy est né en Californie, près de Los Angeles dans le pur esprit de la contre-culture américaine. Véhicule anti bourgeois par excellence, il est simple, fun et suggère un esprit de liberté. 

Son origine, on la doit à Bruce F. Meyers. Ce fabricant de bateau, surfeur à ses heures, imagine un véhicule léger capable de franchir les dunes et de transporter une planche de surf. Sa coque en polyester résiste aux embruns marins.
Ce petit bolide aux airs d'insecte (bug signifie en anglais bestiole ou insecte) est accessible aux jeunes grâce à son prix relativement modeste.

Il est vendu sous la forme d'un kit que l'on monte sur un châssis d'une Coccinelle Volkswagen d'occasion. L'opération est assez simple à réaliser. La carrosserie de la Coccinelle est démontée, son châssis raccourci de quelques centimètres afin d'accueillir la nouvelle coque en polyester. Le moteur et les transmissions sont conservés. Les nouvelles pièces, capot, pare-brise, arceaux, phares sont assemblées et le tour est joué.

Le Buggy original s'appelle le Meyers Manx. Mais il est copié dans beaucoup de pays, de petits constructeurs proposent des kits très proches de l'original. C'est le cas en France avec la société SOVRA qui commercialise jusqu'en 1998 un Buggy en kit ou même complet, prêt à rouler. C'est le modèle LM1, celui que possède Yannick.
 

Le Buggy en photos

Pur plaisir

Aux beaux jours, quand il ne joue pas au biker avec sa Harley, Yannick aime "cruiser" l'esprit libre sur les petites routes départementales avec son Buggy.  "C'est un vrai moyen de détente".

Quand le soleil des Ardennes brille, le Rimognat aime rouler cheveux au vent, tourner subitement à droite ou à gauche pour emprunter un sentier forestier ou un chemin agricole cabossé. "Le Buggy est un excellent franchisseur. Si tu t'embourbes, tu le pousses, c'est tellement léger". Le poids plume de l'engin permet aussi de belles et bruyantes accélérations, les sensations au volant sont bonnes, c'est du pur plaisir.

L'image du véhicule le plus cool du monde a largement été renforcée par deux film cultes dont les scènes avec des Meyers Manx orange sont gravées à jamais dans la tête de Yannick. D'une part, L'affaire Thomas Crown avec Steeve Mac Queen et Le Grand Frisson avec Elvis Presley dont le générique de début est une véritable ode au Buggy.
 

Facile à bricoler

Quand Yannick achète son Buggy à Vivier-au-Court (Ardennes), il est en mauvais état. Le moteur est cassé, il faut le remplacer. Pour le reste, tout est repris. Pour le passionné la restauration n'a pas été trop difficile," Il suffit juste d'être un amateur éclairé. 

Quand on était petit on bricolait des mobylettes, aujourd'hui on s'amuse avec des moteurs Volkswagen, c'est la même philosophie.
-Yannick, fan de buggy

Avec Internet, on a accès aux forums où les passionnés répondent aux questions et donnent des conseils. Il ne faut pas une demi-heure pour démonter une coque de Buggy. Une cinquantaine de boulons de 13 maintiennent la coque au châssis, quatre boulons de 17 tiennent le moteur à la boîte".

La restauration a tout de même pris un an et demi et l'aide d'un copain bricoleur n'a pas été superflue. 
Le plus compliqué pour Yannick a été la peinture. Celle-ci est confiée à un ami carrossier qui change la teinte de la coque "vert Kawasaki" au profit d'une superbe couleur orange vif comme l'Ardennais l'a toujours rêvée. Un Buggy orange comme l'original made in California mais surtout comme le jouet à retro friction Darda de son enfance. Le bonheur ! 
Le Buggy avant la restauration / © Yannick Rossato
Le Buggy avant la restauration / © Yannick Rossato

"Jésus is my airbag"

D'après Yannick, dénicher un Buggy d'occasion est encore possible : "On peut encore en trouver en France, sans doute un peu plus facilement dans le sud que dans nos régions". Mais Yannick avertit : "le plus dur est de repérer un Buggy homologué. Il est nécessaire que le véhicule ait une carte grise en bonne et due forme pour pouvoir se déplacer sur la route et être assuré".

A l'époque, après la transformation à partir du kit, il fallait faire une réception à titre individuel auprès du service des mines pour obtenir le fameux sésame. Le document indique alors que le véhicule a été modifié  en tant que "Buggy", à contrario la mention "Coccinelle" indiquerait  que le kit n'a pas été homologué. 

Aujourd'hui, le Buggy n'est plus au standard des normes de sécurité en vigueur dans l'automobile comme l'atteste par exemple l'absence de ceintures de sécurité dans un véhicule complètement ouvert. Même si le Buggy incite plutôt à la balade tranquille et ne dépasse pas les 120 km/h, il s'agit de faire très attention. Un accident peut être fatal. Yannick, avec humour, a inscrit sur le tableau de bord  "Jésus is my airbag". Une citation qui appelle à la prudence tandis que se balance, accroché au rétro, une figurine à l'effigie d'Elvis Presley en "patte d'eph". Le buggy c'est avant tout fun et rock 'n roll ! 
© Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne
© Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne