Parc national Champagne-Bourgogne : la commission d'enquête publique rend un avis favorable, mais avec des réserves

Parc national de forêts en Champagne et Bourgogne est le nom du futur parc national à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d'Or / © Maxime Meyer / France 3 Champagne-Ardenne
Parc national de forêts en Champagne et Bourgogne est le nom du futur parc national à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d'Or / © Maxime Meyer / France 3 Champagne-Ardenne

Une enquête publique a été organisée du 12 novembre au 12 décembre 2018 concernant la création du Parc National Champagne-Bourgogne. Si dans son rapport, la commission d'enquête rend un avis favorable à la création du parc, elle émet tout de même un certain nombre de réserves. 

Par Céline Lang

Dans un rapport publié ce jeudi 31 janvier, la commission de l'enquête publique portant sur le projet de Parc national Champagne-Bourgogne, à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d'or, s'est prononcée en faveur de la création d'un parc national des forêts en Champagne et Bourgogne. Cependant, la commission émet un certain nombre de réserves à la création du parc et s'interroge dans ce rapport de 170 pages sur certains points lors du processus de création du parc. 

La commission d'enquête conditionne donc son avis favorable à cinq points essentiels. Concernant la pousuite des activités humaines sur le site, et notamment les activités d'exploitation du bois, la commission précise qu'il faudra "adapter le rythme d'évolution vers plus de naturalité en cohérence avec le maintien d'un niveau et d'une qualité de production forestière répondant aux besoins des entreprises locales". Autrement dit, permettre la poursuite de l'exploitation de la forêt, sans perte d'activité pour les entreprises locales, tout en augmentant la préservation des élements naturels de cette forêt. 
 

Une réglementation trop permissive pour la chasse

 


Deuxième point, la limitation de la chasse sur le parc. La commission parle de limiter la chasse dans le coeur du parc à la régulation des espèces, d'instaurer des zones de tranquillité de la faune ainsi que deux jours sans chasse. Plus haut dans son rapport, la commission s'étonnait même d'une réglementation "peu commune" pour un parc national, car plus "permissive". Elle autorise par exemple la chasse à courre "perçue par de nombreux défenseurs de la nature comme une pratique héritée de la royauté, engendrant des souffrances inutiles pour les animaux". 

Dans un troisième point, la commission pense donc qu'il faut interdire la chasse dans la réserve naturelle et autoriser uniquement et ponctuellement la régulation des grands ongulés après avoir approfondi la connaissance de leur situation. 

Enfin, la commission d'enquête explique qu'il ne faudra pas introduire la truite Arc-en-Ciel dans les cours d'eau et ne pas inclure la Chartreuse et la tuilerie de Lugny dans le coeur du Parc. 
 

Un manque de communication ? 

 


Au delà de ces réserves, trois autres points sont soulevés par la commission d'enquête sous forme de recommandations : 

  • l'amélioration de la qualité des cours d'eau et des eaux souterraines
  • l'organisation par le groupement d'intérêt public en charge de la création du parc de réunions d'informations auprès des communes "afin de leur faire connaître plus précisément les engagements qu'elles doivent prendre et les bénéfices qu'elles peuvent attendre de leur adhésion"
  • la proposition de conventions aux communes avant leur demande d'adhésion afin qu'elles aient toutes les informations nécéssaires pour prendre leurs délibérations. 
Lors de l'enquête publique, les 127 communes concernées ont été consultées. Au total, 56 communes se sont déclarées favorables au projet, 46 défavorables et 28 ne se sont pas prononcées dans un sens ou dans l'autre. 

Par ailleurs, la commission regrette dans son rapport que le GIP ne se soit pas plus tourné vers "le grand public" lors de ces phases d'études et de concertation. Elle écrit : "Au cours de ces périodes, le GIP a conduit de nombreuses opérations de communication essentiellement tournées vers les personnes publiques, les collectivités et les acteurs locaux socio-économiques mais rarement avec le grand public pourtant tout aussi concerné [...] Les conflits ne seront que reportés". 
 

Un long processus de création 
 

L'idée de créer un parc national dédié aux forêts de feuillus de plaine date du "Grenelle de l'environnement". En 2008, 17 sites potentiels ont été étudiés, et après études, trois zones forestières ont été privilégiées, dont celle qui concerne la Champagne et la Bourgogne. C'est en 2009 que cette dernière a été retenue et un Groupement d'interêt public (GIP) a été chargé de la préfiguration du parc. 

De nombreuses études ont été menées par ce GIP qui a fini par établir un périmètre s'étendant sur 127 communes, sur une surface globale de plus de 241 000 hectares. Durant tout ce processus d'études, de nombreuses voix se sont élevées contre la création de ce parc. De 2016 à 2018, le GIP a élaboré le dossier de création du parc et le projet de charte. C'est donc sur ces documents qu'une enquête publique a été menée du 12 novembre au 12 décembre 2018.



 

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