Colère et inquiétude à Lorraine Airport : Air France abandonnera ses liaisons vers Lyon et Nice en octobre

C'est un coup dur pour l'aéroport régional lorrain déjà fortement touché par la crise du coronavirus : Air France va se désengager sur les lignes Hop Nice et Hop Lyon d'ici fin octobre. La compagnie aérienne en proie à d'importantes difficultés a décidé de réduire ses lignes intérieures.
L'information a été confirmée par le directeur par intérim de Lorraine Airport ce mardi 21 juillet 2020. Air France mettra fin à sa ligne entre la Lorraine et Nice d'ici fin octobre de cette année. De plus la liaison aérienne entre la Lorraine et Lyon qui avait été suspendue en mars dernier avec la crise sanitaire ne reprendra jamais.

Pourtant en 2019 les deux lignes ont été fréquentées par plus de 55 000 passagers pour Lyon et plus de 18 000 pour Nice.

"Ces liaisons représentent environ 30% du trafic de l'aéroport régional", explique Yves Loubet. Joint ce matin par téléphone le directeur par intérim de la structure nous a expliqué par ailleurs qu'Air France travaillait depuis 20 ans avec Lorraine Aiport.

"Nous avons été surpris par l’ampleur du retrait. On se doutait bien qu’il y aurait de la restructuration vu tout ce qu’on entendait mais on pensait garder au moins une connexion sur le hub de Lyon avec deux rotations par jour voire même une au lieu des trois habituelles".

Double coup dur

Habituellement Lorraine Airport voit passer chaque année 250.000 passagers. Mais avec la crise du coronavirus l'aéroport régional est resté fermé trois mois. Selon les estimations la fréquentation atteindra moins 70% d'ici la fin de l'année. Le désengagement d'Air France est comme une double peine infligée à Lorraine Airport. Les liaisons Hop Lyon et Hop Nice disparaîtront fin octobre. La direction travaille sur un "plan B" pour tenter de trouver une issue à ce coup de massue qui s'abat sur l'aéroport. Une réunion est prévue vendredi 24 juillet. 

Inquiétudes et incompréhensions

Joint par SMS le secrétaire général du syndicat CGT de l'aéroport Frédéric Perrot s'interroge sur la stratégie de la compagnie aérienne : "7 milliards d'aide de l'Etat; comment Air France les utilisent-ils?". Pour lui la communication d'Air France est absente : "Air France Hop utilise le prétexte COVID pour mettre en oeuvre leurs plans de restructuration !!!"

Sur un plan plus local Frédéric Perrot se fait le relais des inquiétudes des salariés sur un éventuel plan économique et social. "Nous nous associons aux élus locaux et régionaux pour sauvegarder cet outil public au service des usagers; les lignes Hop fonctionnent bien à Lorraine Airport, Lyon, Nice et les vols vacances pour la Corse. L'outil aéroport a démontré son utilité publique tant pour les évacuations sanitaires que pour les livraisons de masques, les transferts d'équipes médicales ou les dons d'organe (...)".

Rendez-vous avec la directrice générale d'Air France

A la mi-journée ce mardi, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, a exprimé son étonnement alors que la compagnie aérienne a bénéficié d'une aide de l'Etat de 7 milliards d'euros. Mais le constat est là : "il y a une crise mondiale au niveau du transport aérien et la France est touchée comme les autres pays, et la répercussion se retrouve aujourd'hui sur nos plateformes aéroportuaires". 
 

Dans ce pays les décisions il faut arrêter de les prendre à Paris, loin des décideurs locaux. Avant ce genre d'annonces, j'aurais bien aimé pouvoir en discuter avec celles et ceux qui les prennent.

Jean Rottner, président de la région Grand Est


Le président Rottner s'est agacé que cette décisions ait été prise sans concertation. "Dans ce pays les décisions il faut arrêter de les prendre à Paris, loin des décideurs locaux. Avant ce genre d'annonces j'aurais bien aimé pouvoir en discuter avec celles et ceux qui les prennent."

Un rendez vous est prévu entre Jean Rottner et la directrice générale d'Air France. Le président espère pouvoir évoquer, lors de cette entrevue, les lignes vers Lyon et Nice qui, à son sens, sont importantes pour la région. 

 
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