Coronavirus : le Bade-Wurtemberg veut limiter le trafic frontalier

Impossible de passer la frontière franco-allemande sans motif valable depuis ce mercredi 23 décembre sans se soumettre à une quarantaine de dix jours. Les autorités du Bade-Wurtemberg ont dû ajuster les règles après un week-end où de nombreux Allemands sont venus profiter des commerces alsaciens.

La frontière se ferme un peu plus entre la France et l'Allemagne après les mesures de restrictions prises par les autorités du Bade Wurtemberg, ce mercredi 23 décembre.
La frontière se ferme un peu plus entre la France et l'Allemagne après les mesures de restrictions prises par les autorités du Bade Wurtemberg, ce mercredi 23 décembre. © Florence Grandon, France Télévisions

Il n’est plus possible de passer le Rhin pour aller faire ses courses ou simplement aller se promener, à moins d’observer une période de quarantaine de dix jours et de faire, à l’issue de cette quarantaine, un test PCR. Ce sont les nouvelles règles en vigueur depuis ce matin 23 décembre dans le Bade-Wurtemberg.

 

Des raisons impérieuses pour traverser la frontière

Les seules dérogations à ces nouvelles règles ne peuvent être fondées que sur des raisons impérieuses. Les Allemands dans le Bade-Wurtemberg, ainsi que les Français en Alsace, ne peuvent passer la frontière que pour des raisons très précises : pour aller travailler, aller à l’école, pour un rendez-vous médical ou pour des visites familiales. Tout cela reste possible dans la limite de 24 heures,  excepté pour les visites familiales dont la limite est fixée à 72 heures.

Allemands et Français dans le même bateau

Une équipe de France 3 Alsace a rencontré des Strasbourgeois et des habitants de Kehl, en Allemagne, pour voir ce qu'en pensent les premiers concernés de chaque côté de la frontière. Les réactions sont plutôt mitigées.

"Kehl et Strasbourg sont vraiment liés, donc je ne trouve pas que ce soit une bonne chose, ça restreint les liens et puis le virus ne va pas s’arrêter à la frontière", témoigne une passante à Kehl. 

"Qu’est-ce que vos voulez que je fasse, à partir du moment où vous êtes au courant vous agissez en conséquence", confie, résigné, un Strasbourgeois de passage dans la ville allemande à deux minutes de Strasbourg.

"Je vis seul. Pour l’alimentaire je trouve tout ce dont j’ai besoin ici et pour les vêtements je n’en ai pas besoin en moment", réagit pour sa part un habitant de Kehl. 

 

Dans le Bade-Wurtemberg, les rues de Kehl sont quasi désertes. Seuls les commerces essentiels sont autorisés à rester ouverts.
Dans le Bade-Wurtemberg, les rues de Kehl sont quasi désertes. Seuls les commerces essentiels sont autorisés à rester ouverts. © Florence Grandon, France Télévisions

 

Situation sanitaire tendue en Allemagne

Depuis l’augmentation des cas positifs Outre-Rhin et la saturation de certains hôpitaux, l’Allemagne a décidé de reconfiner sa population. Depuis le 12 décembre, c’est le cas dans le Bade Wutemberg, ce qui n'interdisait pas aux habitants des zones frontalières de traverser le Rhin pour faire leurs courses. Ce n’est aujourd’hui plus possible, la frontière entre la France et l’Allemagne se ferme un petit peu plus.

"Compte tenu de la situation pandémique extrêmement tendue, les passages frontaliers doivent être temporairement réduits", a déclaré le mardi 22 décembre à Stuttgart le ministre de la Santé du Bade-Wurtemberg, Manne Lucha. Dans le communiqué il est précisé, pour dissuader les Alsaciens de venir en Allemagne, qu"il en va de même pour les habitants des régions frontalières qui ne se rendent dans le Bade-Wurtemberg que pour faire des achats". Règles jugées absurdes et vivement critiquées par le syndicat de la police allemande du sud-ouest. Il parait en effet compliqué d'imposer une quarantaine à un Alsacien qui serait venu faire ses courses dans le Bade-Wurtemberg. 

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