Déconfinement : en Alsace, pour la réouverture des terrasses, pas sûr d'avoir une place

Météo capricieuse, capacité d'accueil limitée : pas facile de s'organiser pour les restaurateurs et les gérants de bars alsaciens à l'aube de la réouverture des terrasses ce mercredi 19 mai. Faut-il accepter les réservations? A chacun sa philosophie, mais tous débordent d'enthousiasme.

Au NoMad, situé dans le quartier de la Fonderie à Mulhouse, 50% des places pourront être réservées, les tables restantes seront dédiées aux clients qui viennent spontanément.
Au NoMad, situé dans le quartier de la Fonderie à Mulhouse, 50% des places pourront être réservées, les tables restantes seront dédiées aux clients qui viennent spontanément. © Nadine Ly/ France télévisions.

Le moment tant attendu approche, celui d'un retour à une vie plus "normale". C'est pour ce mercredi 19 mai, avec la réouverture des terrasses en France, et par voie de conséquence la reprise de l'activité des cafés, des bars et des restaurants. Un symbole parmi les symboles, tous ces établissements étant fermés depuis l'entrée en vigueur du deuxième confinement, le 29 octobre 2020.

Reste que, accueillir du monde requiert un minimum d'organisation. C'est d'autant plus vrai que des contraintes demeurent: une capacité d'accueil qui reste limitée, un couvre-feu à 21h et... une météo instable et pluvieuse qui sévit depuis début mai en Alsace.

Le casse-tête des réservations et de la météo

Des paramètres pris en compte par les professionnels au moment de répondre à cette question fatidique: faut-il ou non prendre des réservations en terrasse? "Lorsqu'on décide de le faire, il faut pouvoir les honorer. Or, s'il pleut, on ne peut pas placer les gens à l'intérieur de notre établissement. On a donc fait le choix d'accepter des réservations du jour pour le lendemain, explique Jérôme Fricker, propriétaire de la Corde à linge à Strasbourg, dans le quartier de la Petite France. 

"On s'adapte au vu du contexte, mais les réservations c'est une coutume chez nous. Les clients apprécient ce service qui leur garantit d'avoir une place", précise-t-il.

Manger ou boire un verre, pas la même limonade

Couper la poire en deux, c'est la méthode choisie par Laurent Mathieu, patron NoMad à Mulhouse: "50% des places en terrasse pourront être réservées, confie-t-il. Cependant, j'ai envie que les gens puissent venir spontanément, donc on fonctionnera également en partie selon la règle du 'premier arrivé, premier servi'."

Au Dubliners, bar strasbourgeois du centre-ville, on choisi de fonctionner exclusivement selon cet adage: "On a eu plus de 200 demandes de réservation et on a décidé de tout couper par peur de ne plus pouvoir gérer, raconte Mohamed Siaaliti. On verra au jour le jour, en essayant de privilégier les clients qui commandent à manger. Après une si longue période de fermeture, ce n'est pas rentable de rester assis deux heures en buvant un café."

La vision est différente du côté de l'Escale, localisé Grand Rue à Colmar, où le réservoir potentiel de consommateurs est moindre que dans la capitale alsacienne. "Si les clients pensent à nous, je trouve ça bien de leur répondre favorablement en acceptant les réservations, estime Hocine Kissa le gérant. Pour ma part, si la météo s'y prête, je suis déjà complet pour ce mercredi. Pour cette première étape de réouverture, on mise plutôt sur notre carnet d'adresses, nos fidèles."

Des clients et des professionnels qui piaffent d'impatience

Une chose est sûre: la réouverture des terrasses est suspendue aux humeurs de dame météo. Après un début mai où le parapluie était de rigueur, tout le monde rêve de soleil. L'enthousiasme est palpable tant du côté des clients que des professionnels: "Je reçois au moins dix textos de réservations par jour, juste en comptant les connaissances et les copains", témoigne Jérôme Fricker, à la tête de sept établissements à Strasbourg.

Des clients nous écrivent qu'ils viendront même en cas de pluie

Laurent Mathieu, patron du NoMad à Mulhouse

Des clients nous écrivent qu'ils viendront même en cas de pluie, sourit Laurent Mathieu à Mulhouse. On verra s'ils tiennent parole mais c'est évident qu'on a tous hâte de pouvoir se retrouver. Ça fait tellement longtemps." 

Six mois et demi, très exactement. Une petite éternité sans tintement de verres, sans ce bruit de fond des conversations mêlées, sans déguster un plat du jour entre amis ou entre collègues. Pour en profiter à nouveau, il faudra avoir du flair, ou un peu de chance. Ou les deux. Car réservation ou pas, les places seront chères.

Jusqu'au 9 juin minimum, les professionnels devront toutefois respecter une jauge de 50% de leur capacité habituelle. Pour les terrasses de moins de dix tables en revanche, aucune limite n'est fixée, mais des séparations, en plexiglas par exemple, devront être installées entre chaque groupe. 

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