Affaire Anaïs Guillaume : "Seule une autopsie aurait pu déterminer les causes du décès" de Céline Gillet

Deux pompiers qui sont intervenus le jour de la mort de Céline Gillet, le 3 janvier 2012, ont témoigné à la barre ce mercredi.

Philippe Gillet, dans le box des accusés des assises de la Marne le 8 avril 2021, lors du visionnage de la vidéo des fouilles sauvages entreprises sur son exploitation en octobre 2019.
Philippe Gillet, dans le box des accusés des assises de la Marne le 8 avril 2021, lors du visionnage de la vidéo des fouilles sauvages entreprises sur son exploitation en octobre 2019. © Thierry Doudoux / FTV

Des contusions sur le visage, mais aucune lésion thoraciques. Ce sont ces constatations qui attirent l'attention de la cour d'assises de la Reims, ce mercredi 14 avril dans l'après-midi. Après un début de procès exclusivement consacré à l'affaire Anaïs Guillaume, les jurés s'intéressent désormais aux circonstances troubles du décès de Céline Gillet, l'épouse de Philippe Gillet, accusé de "violences ayant entraîné la mort" de sa femme, écrasée par une vache le 3 janvier 2012. Sauf que cette version est remise en question. Le premier pompier appelé à témoigner se souvient de Céline Gillet "en arrêt cardio respiratoire" et de "monsieur Gillet" qui "était… en situation… très énervé. En situation d'angoisse. On l'avait pris en charge et emmené chez sa mère, pour s'assurer qu'il s'était calmé." Mais surtout, c'est l'absence de lésion sur le thorax de la victime qui interroge. "La cage thoracique n'était pas endommagée ?", demande la présidente. "Non, pas de traumatisme", tranche le sapeur-pompier. "Il n'y a que le visage qui est tuméfié ?", reprend Hélène Langlois. "Oui." Même interrogation de la seconde pompière qui est intervenue ce jour-là. Elle ne constate aucune lésion traumatique. "C'est pour ça que ça m'a un peu contrariée. Une femme était partie et je me disais que ce n'était pas normal. Si une vache l'avait écrasée, il y aurait des traces." 

Enfin, le docteur Spitakis exprime également ses doutes quant aux circonstances de la mort de Céline Gillet. "Quelles sont les causes de la mort de Céline Gillet ?", s'enquiert la présidente. "Je vais vous dire une chose : pour moi, il y aurait dû y avoir une autopsie. Il n'y en a pas eu et je le regrette fortement. Seule une autopsie aurait pu déterminer les causes du décès. A l'hôpital, ils ont considéré que c'était un accident. Personnellement, à leur place, j'aurais dit : 'je vous demande une autopsie, sinon je ne serai en mesure de répondre à aucune question'". "Vous n'êtes donc pas en mesure de répondre à cette question ?", rebondit Hélène Langlois. "Non", conclut le spécialiste. Voici ce qu'il fallait retenir de cette septième journée d'audience.

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