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Du Luxembourg à la Belgique, notre “road-trip” à la frontière chez nos voisins européens

La place de l'Europe à Schengen, entre Luxembourg, France et Allemagne. / © Matthieu Mercier. France 3 Lorraine
La place de l'Europe à Schengen, entre Luxembourg, France et Allemagne. / © Matthieu Mercier. France 3 Lorraine

Pendant quatre jours, l’équipe de l’émission Complètement à l’Est diffusée chaque matin sur France 3 Grand Est est partie à la rencontre des frontaliers, du Luxembourg à la Belgique de Schengen à Momignies. Une autre vision de l'Europe. 
 

Par Aurélie Renard et Matthieu Mercier

Comment parler de la frontière avec les pays européens de manière différente ? Est-ce-que le fait de vivre dans une zone géographique où trois pays sont voisins change le quotidien des habitants ? L’Europe tient-elle une place dans leur vie ? Nous avons choisi de rencontrer des habitants qui vivent à la frontière pour mieux les comprendre, avec l’équipe de l'émission Complètement à l’Est. Le point de départ naturel de ce périple a été fixé à Schengen au Luxembourg. Le lieu des accords de libre-échange, entrés en vigueur en 1995.
 

Dans ce village paisible de 500 âmes, situé au bord de la Moselle, nous avons rencontré des habitants qui ont fait le choix de s’y installer par conviction. Parce que ce lieu fait figure de symbole. Entre la France, le Luxembourg et l’Allemagne. Pour certains Français qui travaillent au Luxembourg, cette situation géographique représente avant tout un bénéfice économique.
 

Sur le plan fiscal ou simplement pour faire ses courses, l’Allemagne est plus attirante, le Luxembourg faisant figure d’eldorado pour l’essence, l’alcool ou le tabac moins cher qu’en France. Ils ont aussi évoqué la barrière de la langue. Souligné le fait que certains Français ne pratiquent pas le luxembourgeois, ce qui n’aide pas à l’intégration. 
 
 


Quelques kilomètres plus à l’ouest de Schengen, nous avons fait étape à Rodange, sur la N5. Cette portion de route de moins d’un kilomètre, sur laquelle sont installées 14 stations services ouvertes de 6h à 22h. Les riverains en souffrent, entre le bruit et la pollution, les camionneurs en profitent, même si il leur est théoriquement interdit d’y faire le plein. La différence est telle sur la facture d’un plein que la question d’acheter de l’essence en France leur est impossible.
 


A Luxembourg ville, dans le quartier d’affaires du Kirschberg, nous avons rencontré des travailleurs frontaliers. Ils sont plus de 90 000 Lorrains à venir travailler chaque jour dans ce pays de 600 000 habitants. Flexibilité, salaires supérieurs à la France ou encore tout simplement plus d’emploi. Malgré la contrainte du transport - certains font près de trois heures de trajet chaque jour- ils ne renonceraient à ce choix pour rien au monde. Le salaire minimum est de 2000 euros au Luxembourg, 500 de plus qu’en France. Sans parler des allocations familiales attractives. Un choix assumé par de nombreux jeunes salariés du nord de la Lorraine. 
 


La suite de ce périple aux frontières du Grand Est nous a conduit à Givet dans les Ardennes. Dans cette commune qui borde la Meuse, à la frontière avec la Belgique, Ivan, 45 ans,  élève des chèvres depuis quatre ans. Ancien employé chez Electrolux à Charleville-Mézières, il a trouvé son bonheur professionnel, même s’il a encore du mal à se dégager un salaire. Avec son troupeau de chères qui paissent près de la Citadelle, il fabrique du fromage qu’il vend sur les marchés. Lui non plus ne compte pas ses heures. Le bonheur n’a pas de prix. 
 


Pour Micheline, 69 ans, qui tient une auberge à Forges-Philippe à la frontière belge depuis 42 ans, c’est aussi la passion qui l’anime. Elle reçoit des clients de toute la région. Avec ses plats issus de produits locaux, généreux et cuisinés au beurre, sa collection de 1600 grenouilles et son sens de l’accueil, elle symbolise à elle seule une population ouverte sur le monde. Ses huit chambres à l’étage permettent aux touristes de passage de profiter de l’environnement. Le tout sans wifi ni télévision. Chez elle le temps semble s’être arrêté. Dans la salle de restaurant, le dialogue est permanent. Des liens se tissent par la fidélité au lieu et à sa patronne. 
 

Dernière étape de cette série dans un no man’s land que Dany Boon est venu réveiller en 2010. A Macquenoise, près de Momignies en Belgique, le comédien réalisateur a tourné "Rien à déclarer" avec Benoît Poelvoorde. Depuis, la commune a conservé des objets du tournage et transformé l’ancien poste-frontière en musée du film. André, un ancien figurant, accueille les touristes et propose aussi depuis peu des salles d’escape game autour du scénario de ce film. Une chance pour cet endroit reculé qui ne vivait que par la présence de la douane aujourd’hui disparue. 
 

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