C'est l'information essentielle du conseil social et économique central d'ArcelorMittal qui s'est tenu lundi 6 avril à Paris : la cokerie de Sérémange sera définitivement arrêtée début mai. Les modalités seront présentées aux représentants du personnel mardi 7 avril.

La formule est laconique, comme souvent : "dès que les conditions sanitaires permettront le retour à des réunions présentielles, la Direction ouvrira donc une négociation avec les organisations syndicales représentatives d'ArcelorMittal France pour définir les modalités d'une procédure d'information consultation sur le projet d'arrêt définitif de la cokerie de l'établissement de Florange ainsi que les mesures sociales d'accompagnement". En clair : la cokerie est condamnée, et ses 170 emplois directs également.

D'après le document que nous avons pu consulter, pour justifier la fermeture de la cokerie, ArcelorMittal évoque le projet de décarbonation de ses installations européennes (réduction de ses émissions de CO2), mais également le fait que la cokerie de Sérémange nécessiterait d'importants investissements afin de se plier "aux exigences environnentales". Le groupe sidérurgique reconnait donc implicitement ce que les élus de la vallée et la CGT dénonçaient depuis des années, à savoir que la cokerie ne respectait pas ces normes en matière de rejets dans l'air et l'eau.

Calendrier

"C'est pas une surprise, mais le moment est bizarrement choisi". C'est en ces termes que l'annonce de la fermeture prochaine de la cokerie de Sérémange a été accueillie par les organisations syndicales de Florange. Le numéro 1 mondial de l'acier avait dans le viseur l'arrêt définitif de cet outil qui servait initialement à fabriquer du coke pour les hauts fourneaux d'Hayange mais qui, depuis l'arrêt de ces derniers, produisait essentiellement pour ceux de Dunkerque.

Cette logique industrielle, qui consistait à transporter du charbon jusque Florange pour le transformer en coke à destination ensuite du nord, faisait du produit "le coke le plus cher d'Europe" selon le document que nous avons pu consulter. Auto-suffisant en coke, notamment dans le contexte d'une marche au ralenti de ses intallations à cause du covid-19, le site de Dunkerque pourra donc se passer de celui de la vallée de la Fensch, d'autant "qu'il dispose d'un an de stock au moins" selon la CFDT de Florange (majoritaire).

Seule incertitude : la date exacte de l'arrêt de la cokerie de Sérémange, mais selon nos informations début mai elle devrait être définitivement arrêtée.

Reclassement

Les 170 salariés de la cokerie devraient se voir proposer des postes ailleurs, soit dans leur propre métier à Dunkerque où une trentainre de postes sont ouverts, soit dans les lignes à froid de Florange. "C'est désormais notre priorité", explique Jérôme Baron pour la CFDT de Florange, "car il faut que la direction propose des solutions à chaque salarié. C'est pas une bonne nouvelle, même si on s'y attendait. Maintenant on doit se mettre au boulot pour que personne ne soit oublié". Pour Lionel Burriello, secrétaire général de la CGT Florange, "cela fait des mois et des années que nous demandions des investissements à la fois pour rendre cet outil compétitif, et qu'il respecte l'environnement. C'est un énorme gâchis, un de plus après la fermeture de la filière liquide".
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