Grippe aviaire : risque "élevé" dans la Marne et la Haute-Marne

Le ministère de l'agriculture a annoncé ce jeudi qu'il avait décidé de placer 46 départements en risque élevé concernant la grippe aviaire. La  Marne et la Haute-Marne se trouve dans la liste, publiée au journal officiel.
Les éleveurs vont devoir mettre en place des filets pour protéger les volailles.
Les éleveurs vont devoir mettre en place des filets pour protéger les volailles. © Rémy Perrin - Maxppp
C'est encore une mauvaise nouvelle. L'Autorité européenne de sécurité des aliments alerte toute l'Union européenne. Une nouvelle épidémie se profile. Des foyers ont été identifiés en Russie, au Pays-Bas et en Allemagne. "Une dynamique d'infection s'est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Le 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le nord-ouest de l'Angleterre", précise le ministère.

L'influenza aviaire se déclare chez les volailles et les oiseaux aquatiques sauvages mais elle peut se transmettre à l'homme. C'est une maladie virale qui peut être extrêmement contagieuse. Les autorités françaises ont passé ce jeudi 5 novembre 2020, 45 départements en risque "élevé". La Haute-Marne et la Marne font partie de la liste, publiée au journal officiel. Le lac du Der, à cheval sur les deux départements, est sur le passage des oiseaux migrateurs, et ils sont plusieurs milliers à s'y arrêter.
 
De nombreux oiseaux migrateurs se posent aux abords du lac du Der. (Marne et Haute-Marne)
De nombreux oiseaux migrateurs se posent aux abords du lac du Der. (Marne et Haute-Marne) © Charlotte Meunier - FTV


Des mesures de restriction dans 2 départements de Champagne-Ardenne

Le placement en zone à risque "élevé" contraint les éleveurs des départements concernés à isoler leurs volailles afin d'empêcher leur contamination par des oiseaux sauvages. Et selon l'arrêté publié au Journal officiel, les éleveurs sont contraints de confiner les volailles ou à poser des filets de protection. "Ces mesures de restriction sont justifiées par "la nécessité de prendre des mesures de prévention urgentes et immédiates pour protéger les élevages de volailles français d'une potentielle contamination par le virus influenza aviaire par les oiseaux sauvages en particulier dans les zones à risque particulier ou les départements traversés par des couloirs de migration", selon cet arrêté.

Dans ces zones humides, cela entraîne des mesures obligatoires qui ne sont pas appliquées dans le reste du pays. C’est donc le cas de la Marne et de la Haute-Marne où la claustration ou la protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux est obligatoire. Autre mesure : sont interdits les concours ou expositions autour des oiseaux mais aussi le transport ou les lâchers de gibiers à plumes ou encore l’utilisation d’appelants pour la chasse.

"Mais je pressens qu'on va encore vivre des moments difficiles," explique Monique Morlot, déléguée Haute-Marne d'Aviornis, une association qui regroupe des milliers d'éleveurs amateurs partout en France. Elle élève pour son plaisir près de 70 canards d'ornement, des mandarins, des sarcelles ou encore des carolins. "Mais depuis février à cause du Covid-19, on ne peut plus organiser d'expositions, ni de ventes sur les marchés. Les sorties, c'est fini ! Alors avec la grippe aviaire qui vient se rajouter, c'est vraiment pas marrant," regrette-t-elle. "De toute façon, cela fait de très nombreuses années que je protège mon élevage. J'ai installé des filets avant même la grippe aviaire car il y avait des corbeaux, d'autres oiseaux et aussi des renards."  

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société grippe aviaire agriculture économie