Haut-Rhin : un réseau de chasseurs vigilants pour quoi faire?

Afin de lutter contre les dégradations et les incivilités, une quarantaine de chasseurs vigilants vont suivre une formation dispensée conjointement par la fédération de chasse du Haut-Rhin et la gendarmerie. Le but est de faire remonter les informations relevées sur le terrain par les chasseurs.

Ces dernières années, les chasseurs du Haut-Rhin ont connu un certain nombre d'actes de malveillance: destructions de miradors de chasse, voitures de chasseurs dont on crève les pneus, chalets vandalisés et autres joyeusetés. Pour Gilles Kaszuk, le président de la fédération départementale des chasseurs du Haut-Rhin, il s'agit là des manifestations du climat anti-chasse qui régnerait sur le pays et particulièrement dans le département.
 
L'idée, pour essayer de lutter contre ces dégradations "anti-chasse", mais aussi contre les incivilités comme les dépôts d'ordures sauvages, est de constituer un réseau de "chasseurs vigilants", un peu comme sur le modèle des voisins vigilants. Une première dans le Grand Est, mais pas en France puisqu'une expérience du même genre a été inaugurée dans l'Oise, il y a quelques années. 
 
"C'est une quarantaine de chasseurs dispatchés sur tout le Haut-Rhin, qui ont fait acte de candidature et sélectionnés par la fédération de chasse, sous le contrôle de la gendarmerie. Ces chasseurs référents vont recevoir les appels des chasseurs lambda ayant constaté une incivilité ou un acte de malveillance. Le chasseur lambda note les renseignements qu’il peut relever sur le terrain et les transmet au chasseur référent de son secteur. Celui-ci, en fonction de la gravité des faits, téléphone à la brigade de  gendarmerie qui décidera de la suite à donner", explique Gilles Kaszuk.
 

Nous sommes les premiers dans le Grand Est
- Gilles Kaszuk, président fédération chasseurs du Haut-Rhin -


Un protocole a été signé en bonne et due forme ce mercredi 5 juin par Gilles Kaszuk, le préfet Laurent Touvet et le colonel Guillaume Leblond, commandant du groupement départemental de gendarmerie. Il y est notamment stipulé que "les rôles de chacun sont clairement établis dans la convention. En aucun cas, il n'est demandé aux chasseurs d'intervenir, sauf si c'est pour porter secours à une personne".
 
Les chasseurs vigilants vont recevoir une formation conjointe gendarmerie/fédération de chasseurs. Des réunions d'échanges rassemblant chasseurs référents, gendarmes, agents de l'ONF et des Brigades Vertes se tiendront régulièrement. La première du genre aura lieu ce mardi 11 juin.
La chasse dans le Haut-Rhin
Le Haut-Rhin compte 5.500 porteurs d'un permis de chasse. 6.500 autres détenteurs de permis en provenance d'autres départements ou des pays limitrophes, dont principalement la Suisse, sont également susceptibles de pratiquer la chasse dans le département.