Colmar : les chalets du marché de Pâques réquisitionnés pour dépister le covid19

Des chalets en bois ont été déployés à proximité de six laboratoires d’analyse de Colmar mardi 7 avril 2020 pour prendre en charge les patients présentant les symptômes du covid19 de manière plus efficace et plus sécurisée.
 
La ville de Colmar déploie des chalets pour effectuer des tests de dépistage du Covid-19.
La ville de Colmar déploie des chalets pour effectuer des tests de dépistage du Covid-19. © Ville de Colmar
Le système D n’a jamais aussi bien fonctionné qu'en ces temps de crise sanitaire. Le dernier exemple en date vient des laboratoires d’analyses médicales de Colmar. Confrontés à une demande de tests de dépistage de covid19 de plus en plus importante, tous doivent s’organiser pour accueillir les patients "hautement suspects", en limitant au maximum les risques de contamination.

"Nous avons des patients dits "classiques" qui continuent de venir dans nos laboratoires, pour des contrôles de chimiothérapie par exemple. Mais il y a aussi des patients qui présentent des symptômes du Covid19 et qui ont besoin de prises de sang. On ne peut pas les mélanger", explique Pascal Matter, pharmacien biologiste, président du groupement Biogroup CAB.

Une "séparation des flux" pas toujours évidente à réaliser, notamment dans les petites structures. C’est ainsi qu’après la mise en place de "drives" pour faciliter et sécuriser les tests, six d’entre elles ont eu l’idée de convertir les chalets, normalement utilisés pour le marché de Pâques de Colmar, en "labos de campagne" dédiés à la prise en charge des personnes à risque. Une initiative déjà éprouvée à Sélestat où un cabanon de Noël est entré en service il y a plusieurs jours.

"Il faut faciliter la tâche des professionnels qui veulent se rendre utiles. Je n’ai eu aucune retenue quand ils m’ont sollicité", précise le maire de la ville, Gilbert Meyer.
 
D'autant que la semaine dernière, le ministre de la Santé Olivier Véran avait encore largement encouragé les laboratoires volontaires à "participer à l'effort national de dépistage" du covid19.
 
Equipés du strict minimum, les chalets colmariens, qui devraient être mis en service dans les prochaines heures, permettront aux laboratoires de doubler leur capacité de dépistage, alors que la demande explose. "On en fait 400 sur le groupement par jour et on a énormément de demandes. Pour l’instant, on ne peut faire que les personnels de santé, les personnels de prison, d’EPHAD", indique Elodie Etienne, biologiste.
 

Il ne s'agit pas de faire du dépistage de masse
- Pascal Matter, pharmacien biologiste -


"Si on ne s’organise pas, le risque, c’est que les gens ne viennent plus dans les labos de peur d’être contaminés et ça, ce n’est pas acceptable", avance Pascal Matter. "Les prélèvements naso-pharyngés se font déjà à 98% en drive. Mais il y en a qui viennent à pied, d’autres qui ont besoin d’une prise de sang", précise-t-il encore.

C’est précisément à ces personnes que ces chalets s’adressent. Impossible pour le moment de savoir combien de malades potentiels pourraient y être accueillis. Toujours est-il que le professionnel prévient, un brin amer: "Il n’est pas question d’y faire un dépistage de masse. Nous n’avons pas les moyens matériels pour ça pour le moment".

Reste que le gouvernement entend déployer à grande échelle les tests sérologiques, essentiels pour mesurer à quel point la population a été contaminée par le nouveau coronavirus. Ils pourraient arriver "à la fin du mois", selon Pascal Matter. Dans ce cas, les chalets qui ont reçu l'agrément de l'ARS (agence régional de santé), seront inévitablement mis à contribution.
 
 

La liste des laboratoires concernés 

 
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