Haut-Rhin : mardi 8 mars, deux cars partiront de Sigolsheim pour ramener 90 mamans et enfants ukrainiens en Alsace

Deux autocars d'une agence de voyages de Sigolsheim se rendront en Pologne mardi prochain, 8 mars, pour chercher près d'une centaine de mamans et d'enfants ukrainiens. Un projet privé, monté dans l'urgence, pour lequel il manque encore deux chauffeurs et une infirmière.

Tous les détails ne sont pas encore réglés, et il manque encore trois bénévoles. Mais pour Thierry Speitel-Gotz, manager de l'agence de voyages TS Loisirs et ancien maire de Sigolsheim, une chose est sûre : ce mardi 8 mars, à 5 heures du matin, deux autocars quitteront Sigolsheim pour la Pologne.  

Le but : revenir vendredi prochain avec, à bord, quatre-vingt-dix Ukrainiens. Exclusivement des jeunes mamans avec leurs enfants, ainsi que des orphelins, originaires d'une ville qui vient d'être bombardée.  

L'opération a été montée en deux jours à peine. "J'avais envie d'être utile" explique son initiateur. "Je ne peux pas me contenter de regarder".  

Une initiative personnelle pour sauver des enfants

Thierry Speitel-Gotz est seul à l'origine de ce projet un peu fou, lancé dans l'urgence. Mais dans certaines situations, l'indignation donne des ailes et ouvre toutes les portes : "On est tous des petits bourgeois installés dans nos fauteuils, alors que d'autres sont en grande souffrance" lance-t-il. "Et je ne voulais pas rester là à attendre."  

Parmi toutes les informations terribles sur la guerre en Ukraine, c'est le sort des enfants qui le bouleverse le plus. Peut-être parce que lui-même n'a jamais pu assouvir sa soif de paternité.

"J'ai toujours été très sensible aux enfants" reconnaît-il. "Toucher à un gosse qui n'a rien demandé, c'est juste abominable."

Mais que faire ? et comment ? En cherchant tous azimuts et faisant "marcher tous les réseaux", il est tombé sur Alexandre Kobryn, un Ukrainien, danseur au Royal Palace de Kirrwiller.  

Celui-ci a immédiatement adhéré au projet, et "a tout fait pour trouver le bon interlocuteur sur place, afin de déterminer les personnes les plus vulnérables" à sortir d'urgence des zones de combats.  

On est tous des petits bourgeois installés dans nos fauteuils, alors que d'autres sont en grande souffrance.

thierry Speitel-Gotz, initiateur du projet

Alexandre Kobryn a réussi à contacter un élu ukrainien, "adjoint au maire d'une ville bombardée", qui est en train d'établir une liste de mamans et de jeunes enfants, dont des orphelins.  

Thierry Speitel-Gotz ne dispose pas encore de tous les éléments, mais ces personnes "sont probablement déjà en route vers la Pologne", d'où il pourrait les récupérer dès qu'un point de ralliement sera déterminé.  

"A côté de ça" il prévoit aussi de "ramener deux mamans et deux gamins" ukrainiens à la demande de leur famille, qui vit dans le Jura. Il est aussi question de "deux jumeaux d'Odessa" attendus par une autre famille jurassienne.      

D'abord un car, puis deux 

Les choses se bousculent, l'opération continue d'évoluer d'heure en heure. Initialement, il y a deux jours, l'idée était de partir avec un seul bus.   

"Mais ce matin, j'ai décidé d'en affréter un deuxième" explique Thierry Speitel-Gotz. Car la liste des personnes à ramener en Alsace a plus que doublé, passant à quatre-vingt-dix. Et pour lui, "pas question de séparer les fratries."  

Pour l'accompagner dans cette incroyable aventure humaine, plusieurs amis et connaissances ont immédiatement répondu présent : deux chauffeurs bénévoles, deux médecins urgentistes, une infirmière qui parle le polonais, une collaboratrice de son entreprise "qui parle le polonais et le russe." Et, bien sûr, Alexandre Kobryn qui assurera les traductions en ukrainien.  

Sur le chemin du retour, très long pour des enfants en bas âge, Thierry Speitel-Gotz sait qu'il peut aussi compter sur "des amis tchèques" qui pourraient "nous accueillir pour passer la nuit si nécessaire." Et des contacts "au niveau consulaire", également aptes à "donner des coups de main."  

Le temps que nous, on se bouge, ils ont le temps de mourir.

Thierry Speitel-Gotz, initiateur du projet

L'hébergement de ces mamans - et enfants isolés - une fois arrivés en Alsace, n'est pas encore entièrement déterminé. Thierry Speitel-Gotz attend la liste définitive, avec l'âge de tous les enfants, pour "la transmettre aux services de la préfecture."  

Mais au vu de la situation dramatique en Ukraine, ces incertitudes ne le perturbent pas. Pour lui, pas d'hésitation, c'est maintenant qu'il faut agir : "Le temps que nous, on se bouge, ils ont le temps de mourir" estime-t-il. "Cette action, c'est peut-être une goutte d'eau, mais c'est déjà ça."  

Un dernier appel à dons, et à bénévoles

Comme les bus sont quasiment vides à l'aller, il s'est aussi enquis des produits essentiels à emmener aux réfugiés ukrainiens en Pologne.  

Un contact au conseil de l'Europe à Bruxelles lui a fourni une petite liste : "sirop pour la toux, sparadrap, bandages, sérum physiologique, lait maternel en poudre" mais également "couvertures, sacs de couchage et chaussettes."  

Ces produits, dons de particuliers "ou de pharmacies" peuvent être déposés jusqu'à lundi 7 mars dans la soirée à l'agence de voyages TS Loisirs, 10 rue de la Première armée, à Sigolsheim.   

Par ailleurs, Thierry Speitel-Gotz recherche encore une seconde infirmière prête à partir avec eux, ainsi que deux autres chauffeurs, qui pourraient se relayer au volant du second bus. Avis aux amateurs.

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