Les lacs de moyenne montagne sont les plus touchés par le changement climatique, avec notamment la multiplication des cyanobactéries et le réchauffement des eaux. Face à ce constat, la fédération de pêche du Haut-Rhin a choisi quatre lacs du massif des Vosges pour mener une étude scientifique pendant plus d'un an. Objectif : évaluer leur état.
Ils sont quatre à faire partie de l'expérience, quatre lacs de moyenne montagne du Haut-Rhin à bénéficier d'une surveillance accrue : le lac Vert, ainsi que ceux du Forlet, du Schiessrothried et de l'Altenweiler. La fédération de pêche du Haut-Rhin les étudie de près afin de mieux cerner les conséquences du changement climatique sur les eaux.
Une fois par mois, l’eau du lac Vert est prélevée et sondée à dix-huit mètres de profondeur afin de mesurer différents facteurs : la température, le taux d'oxygène, ainsi que le pH, soit l'acidité de l'eau. "Nous sommes sur ce que l'on appelle des zones blanches, explique Tristan Briand, chargé de projet à la fédération de pêche du Haut-Rhin. Ce sont des endroits très fréquentés par les pêcheurs, mais finalement très peu étudiés. Ce que nous voulons, c'est recueillir des données pour remettre en cause certaines pratiques d'empoissonnement, et les adapter le mieux possible au milieu."
Gestionnaire des lacs, la fédération de pêche du Haut-Rhin travaille avec d'autres associations, notamment le GEPMA, le groupe d'étude et de protection des mammifères d'Alsace, qui se penche sur les oiseaux, les batraciens et... les mammifères. Grâce à la génétique, via des pièges à poils pour récupérer l'ADN, de nouvelles espèces sont découvertes, comme la musaraigne d'eau, une cousine de la taupe.
"Le fait de pouvoir utiliser une technique non invasive pour l'espèce, c'est essentiel pour nous, insiste Aurélie Bisch, chargée de mission au sein du GEPMA. Cela limite évidemment l'impact de l'homme sur les différents milieux... et donc sur les variétés rencontrées."
Un inventaire complet de la faune et de la flore
Après les prélèvements, place à l'analyse en laboratoire : l'étude menée permet de faire un inventaire complet de la faune et de la flore, et de dresser un diagnostic. Ce dernier aboutira à des actions de protection et de sensibilisation. "Lorsque cela est vraiment nécessaire, indique Ywen Nanokel, responsable technique de la fédération de pêche du Haut-Rhin, on peut mettre en place des travaux de restauration écologique : créer des roselières, des banquettes de plantes, ou encore des calendriers de gestions différenciées des niveaux d'eau."
L'étude va durer un an. Pour connaître l'état de la biodiversité des quatre lacs, il faudra attendre la fin de l'été 2025.