Le popillia japonica, ou scarabée japonais, aux portes de la France : vigilance à la frontière suisse

Le scarabée japonais, de son vrai nom popillia japonica, est présent en Suisse depuis 2017, et à Bâle, tout près de la frontière avec la France, depuis 2021. Ce nuisible, qui s'attaque à 300 espèces végétales, dont la vigne, les arbres fruitiers et le maïs, est l'objet d'une étroite surveillance jusqu'en Alsace. Surveillance renforcée en ce début d'été.

C'est un petit insecte qui peut être confondu avec d'autres coléoptères, comme le hanneton des jardins ou horticole. Mais il ne doit pas vous tromper : la présence de touffes de soie blanche sur le pourtour de son abdomen ne laisse pas place au doute, il ne peut s'agir que d'un scarabée japonais, surtout si vous habitez près de la frontière suisse.

Il vous faut alors aussitôt réagir, en prévenant le service concerné, auprès de la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt du Grand Est, à l'adresse suivante : sral.draaf-grandest@agriculture.gouv.fr

Car la bestiole prolifère rapidement et se déplace vite, y compris sur de grandes distances, grâce aux transports : les larves peuvent être transportées par la terre, notamment autour des racines de végétaux destinés à être replantés.

300 espèces végétales menacées

Si l'insecte, de son nom scientifique popillia japonica, n'est pas dangereux pour l'homme, il est classé comme "nuisible au titre de la réglementation relative à la protection des végétaux en raison de sa nuisibilité importante pour les plantes hôtes et ses impacts économiques potentiels", précise la préfecture du Grand-Est, qui prend l'affaire très au sérieux, car ce scarabée s'attaque à plus de 300 espèces de plantes alimentaires, forestières ou ornementales, comme la vigne, les arbres fruitiers, le maïs, le soja...

Présente en Italie depuis 2014 et en Suisse depuis 2017, l'espèce fait l'objet d'une surveillance étroite, grâce à un système de pièges installés en particulier le long des principales voies de communication routières, ferroviaires et aéroportuaires, et à proximité des sites à risque d'introduction, telles les zones douanières, les gares de frêt, les aéroports, les aires d'autouroutes ou les marchés gares.

Deux foyers détectés à Bâle en juin

En 2021, après détection de sa présence à Bâle, cette vigilance a été étendue à la zone des Trois frontières, autour de Saint-Louis (Haut-Rhin), et jusque dans la plaine d'Alsace. Le 20 juin 2024, une population de scarabées japonais a été détectée à la limite des cantons de Bâle-Campagne et Bâle-Ville. Un second foyer a été découvert dans les jours qui ont suivi, cette fois à 3,5 km de la frontière. 

Il a donc été décidé de renforcer le réseau de surveillance : 39 pièges avaient déjà été installés depuis début juin, il y en aura de nouveaux mis en place à raison d'un piège par kilomètre sur un carré de 10 kilomètres de côté sur toute la zone de la frontière entre la Suisse et la France, sur la commune de Saint-Louis notamment, et tous les 200 mètres sur les sites les plus sensibles.

De nouveaux pièges installés

Les méthodes de lutte - biologique ou chimique - contre ce ravageur restant peu efficaces, la préfecture en appelle donc à la vigilance des populations pour détecter au plus tôt la présence de foyers. Pour limiter la progression de l'insecte, il pourra alors être interdit de transporter de la terre, des végétaux et des déchets végétaux à partir de la zone où il s'est établi.

Le scarabée japonais n'a pour le moment jamais été détecté en France, et les autorités espèrent bien qu'il ne passera jamais la frontière.

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