Agression sexuelle : les faits imputés à l’ancien vicaire général de l’archevêché de Strasbourg sont prescrits, l’enquête se poursuit cependant

Ce mercredi 10 mai, la procureure de Mulhouse a annoncé la prescription des faits d'agression sexuelle visant l’ancien vicaire général de l’archevêché de Strasbourg, Hubert Schmitt. Le dossier n'est pas clos pour autant. La justice recherche maintenant d’éventuelles autres victimes.

Les faits imputés au chanoine Hubert Schmitt sont prescrits. Confirmation de la procureure de la république de Mulhouse, Edwige Roux-Morizot, à l’occasion d’une conférence de presse donnée ce mercredi 10 mai.

Mis en cause pour des gestes déplacés à l'égard d'un jeune paroissien de 13 ans, il y a une trentaine d'années, l’ancien vicaire général chargé des solidarités Hubert Schmitt avait été écarté du conseil épiscopal en avril dernier, par Monseigneur Ravel.

L’archevêque de Strasbourg, qui a fait de la lutte contre les abus sexuels dans l’Eglise, le fer de lance de sa mandature ecclésiastique,  avait lui-même émis un signalement au parquet le 27 octobre 2021 après avoir reçu le témoignage spontané d’un homme, à l’époque servant de messe dans le presbytère de Winkel, dans le Haut-Rhin. Ce dernier déclarait avoir été victime d’agression sexuelle de la part d’Hubert Schmitt au cours de l’été 93.

Des dires jugés crédibles

Des déclarations et un signalement qui ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête menée par la brigade de recherche d’Altkirch, ainsi qu’à une expertise psychiatrique de la victime présumée,  "qui crédibilise vraiment ses déclarations concernant ce qui lui est arrivé", assure Edwige Roux-Morizot. L’homme auditionné présente cependant des trous de mémoire. "On pense qu’il occulte peut-être des faits plus graves, ce qui ne change rien en ce qui concerne l’enquête puisque les faits sont prescrits", précise encore la procureure.

Un appel à témoignages lancé

La justice cherche maintenant à savoir si d’autres personnes pourraient avoir subi des agressions de la part d’Hubert Schmitt. Âgé de 69 ans, ce dernier a longtemps écumé le Sud Alsace dans le cadre de ses fonctions. Curé dans le Sundgau de 1981 à 2007, il aurait été en contact avec de nombreux jeunes paroissiens, travaillant avec des catéchistes des collèges de Ferrette, Dannemarie, Illfurth ou encore Thann, organisant aussi des camps d’été en France et à l’étranger.

La brigade de recherche d’Altkirch poursuit donc l’enquête à la recherche d’éventuelles victimes. Le parquet de Mulhouse lance également un appel à témoignages. "Il nous paraissait indispensable de rechercher s’il existe des témoins ou des victimes potentielles qui puissent témoigner d’un certain nombre d’actes, si ces actes ont existé, qui auraient pu être commis par ce prêtre".

L’enjeu est important. À l’époque des faits dénoncés, la prescription était de 3 ans concernant le délit d’agressions sexuelles. Mais depuis 2021, une loi a mis en place le principe de prescription glissante. Si la justice ou les services de police ont connaissance d’autres faits non prescrits qui concernent le même auteur présumé, la prescription de ces premiers faits pourrait alors être levée.

Hubert Schmitt conteste les faits

Le chanoine, "qui avait à l’époque une aura importante, apportant un peu de dynamisme et de jeunesse aux différentes paroisses dans lesquelles il a évolué", n’a pas encore été entendu par les services de gendarmerie. Il s’est cependant exprimé sur l’affaire par voie de presse, contestant les faits qui lui étaient reprochés. Expliquant qu’il avait simplement séché dans son presbytère un jeune servant de messe surpris par la pluie.

"Ça me paraissait important de communiquer par rapport à ce qui a été dit dans la presse. De rappeler qu’il y a une personne qui se dit victime, qui a été entendue par les services de gendarmerie et que l’enquête se poursuit", insiste Edwige Roux-Mourizot. "S’il existe des témoins, des jeunes hommes ou des jeunes filles qui ont pu être victimes d’attouchements, évidemment il faut le dire, évidemment il faut briser le silence", conclut-elle.

Deux numéros d’appel ont été mis en place à cette fin. Le 03.89.40.96.39 ou le 03.89.08.31.81.

 

 

 

 

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