Colère des agriculteurs : le blocage sur l'autoroute A36 a été levé

Les 300 agriculteurs haut-rhinois qui bloquaient l'autoroute A36 au niveau d'Ottmarsheim sont repartis chez eux. Avant 17 heures, ce vendredi 2 février, la circulation a pu être rétablie dans les deux sens.

Après une nuit sur l'autoroute, et un dernier repas partagé, les 300 agriculteurs du Haut-Rhin ont levé le camp comme prévu en début d'après-midi, ce vendredi 2 février 2024.

Les tracteurs se sont remis en route aux alentours de 15 heures, après plus d'une journée de blocage de l'A36 entre Ottmarsheim et Hombourg, à proximité de la frontière franco-allemande, à l'appel de la FDSEA 68. 

Il leur a fallu environ 45 minutes pour évacuer la zone. Malgré l'exceptionnelle concentration de ces poids lourds, la chaussée n'a subi aucune détérioration, et la circulation a pu être rétablie dans les deux sens avant 17 heures.

Jeudi 1er février, malgré de nouvelles annonces du gouvernement, et l'appel de la FNSEA à lever les barrages, ces manifestants haut-rhinois avaient décidé de maintenir le blocage, coûte que coûte. Mais ce vendredi, ils l'ont levé avant 16h, l'horaire initialement prévu. 

La semaine dernière, la FDSEA 68 avait déjà appelé au blocage, cette fois sur l'autoroute A35 au sud de Colmar, pour protester contre la hausse des charges, l'augmentation des coûts liés à l'énergie et les accords internationaux qui permettent à des produits du monde entier, n'appliquant pas les normes européennes, d'être vendus sur le marché européen. 

"Défendre les agriculteurs français"

En réaction à la colère des agriculteurs, Gabriel Attal a fait de nouvelles annonces jeudi. Il a notamment promis une enveloppe de 150 millions d'euros en soutien aux éleveurs, le renforcement des lois Egalim et la mise "sur pause" du plan Ecophyto.

Les syndicats majoritaires FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont appelé dans la foulée à suspendre les blocages en France. Mais sur place, à Ottmarsheim, les participants à la manifestation avaient besoin de temps pour calmer leur colère.

"On attend du Président qu'il défende les agriculteurs français avant tout et qu'il se rende compte que ce n'est pas à coups d'importation qu'on pourra nourrir notre pays et qu'on pourra continuer à vivre", a lancé jeudi Nicolas Dietrich, secrétaire général des JA 68. 

L'évacuation, très organisée, s'est effectuée groupe par groupe, afin de pouvoir repartir en convois vers leurs secteurs géographiques respectifs. Ainsi, les Sundgauviens sont partis les premiers, car une longue route les attendait.

Sur l'ancienne plateforme douanière d'Ottmarsheim, où bon nombre d'agriculteurs avaient passé la nuit, les sacs-poubelles ont circulé, et les déchets ont été ramassés. Certains agriculteurs estimaient d'ailleurs "avoir rendu l'aire d'Ottmarsheim plus propre qu'ils ne l'avaient trouvée."

Tous les tracteurs sont repartis dans le calme… exceptés quelques bons coups de klaxons de carnavals, plutôt sonores, pour ponctuer leur démarrage. Histoire de conclure cette action rondement menée avec une touche d'humour. Et une volonté manifeste de rester vigilants quant à la suite.